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Nick Cave And The Bad Seeds
par Stéphane I.     

Nick Cave And The Bad Seeds : Nocturama (Mute/Labels)

Lorsque dès le premier titre de son album Nick Cave nous déclare « it’s a wonderful life ». On se demande alors ce qu’il peut bien arriver au légendaire punk australien aux accents gothiques. Mais connaissant le personnage et découvrant un peu le texte, on se rend compte qu’il n’a rien perdu de son ironie et de son désespoir.

Nicholas Edward Cave a commencé sa carrière en fondant le groupe de punk-rock The Birthday Party en 1979; et c’est lors d’une tournée qui les emmène à Berlin qu’il rencontre Blixa Bargeld du groupe Einstürzende Neubauten. C’est entre autre avec lui qu’il crée en 1983 The Bad Seeds.

Son seul véritable succès commercial viendra en 1996, lorsqu’il chante en duo Where the wild roses grow avec sa compatriote Kylie Minogue, ce qui donnera l’opportunité à la porteuse de mini-short d’obtenir une reconnaissance critique. Duo improbable, c’est une superbe réussite. Ce titre est tiré de l’album Murder Ballads où il chante également avec PJ Harvey (qui sera sa compagne quelque temps) ou Shane MacGowan des Pogues.

Mais si la rage et la colère du punk gothique des débuts ont aujourd’hui disparu, Nick Cave continue de nous livrer régulièrement des disques qui sont autant de merveilles. Il enfile les morceaux comme un joaillier enfilerait des perles. Le résultat est malgré tout identique: on se retrouve avec de véritables bijoux.

En même temps, comment peut-on définir Nick Cave? Un punk, un rocker, un crooner, un bluesman? Ce douzième opus répond à cette question : il est tout à la fois. Les puristes trouveront sans doute cet album faiblard, du moins mineur au milieu de sa discographie, ce qui est normal vue la constante qualité de sa production.

Enregistré en une semaine, Nocturama fait donc place à une certaine spontanéité. S’y côtoient autant de ballades que de chansons enragées, le piano étant toujours aussi présent depuis les années 90, le violon soulignant avec force le désespoir.

Nostalgie, mélancolie, flamme colérique, les démons sont toujours là. Il les exploite, les travaille, les modèle. S’ils mènent sa vie, lui les maîtrise dans son art.

Bring it on, le quatrième morceau, est la première révolte musicale de l’album; en compagnie de Chris Bailey du groupe australien The Saints, c’est un titre qui laisse s’envoler la voix du chanteur vers de lointains rivages obscurs.

Dead man in my bed est un rock teinté de blues comme pourrait le chanter le Jon Spencer Blues Explosion. Ce « dead man » n’est rien d’autre que le regard d’une femme sur son mari inutile; un regard ironique mais sombre sur le mariage.

Mais la surprise de cet album, il faut attendre le dixième et dernier morceau pour l’écouter. Babe, I’m on fire : 43 couplets, 14 minutes 46. On entre dans ce morceau et l’on rencontre différents personnages hauts en couleurs, de Bill Gates à Garcia Lorca. C’est long, ça peut même paraître fastidieux, mais l’enthousiasme avec lequel le groupe nous interprète ce titre arrive jusqu’à nous.

Je n’aurais donc qu’un conseil : procurez-vous cet album. Pour les fans, vous découvrirez quelques titres absolument merveilleux ; pour les novices, c’est un album qui regroupe la substantifique moelle de Nick Cave. C’est donc une belle occasion de découvrir l’artiste.

A écouter seul ou entre amis, mais en tout cas, à savourer dans la pénombre.

Site officiel : www.nickcaveandthebadseeds.com

 
Article publié le 17.03.2003

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