Diana Krall – The Gril In The Other Room

La sortie d’un nouvel album de la nouvelle diva du jazz
est toujours un ÈvÈnement, mÍme si l’intÈrÍt
dÈcroÓt quelque peu depuis son prÈcÈdent
opus, ´†
The Look Of Love†ª. Trop mielleux, ce
disque n’a pas supportÈ la concurrence des nouvelles Ètoiles
montantes, pas plus que celle de ses prÈcÈdents albums.
AnnoncÈ comme un retour aux sources, ce ´†
Girl In
The Other Room†ª rassure plus q’il ne surprend.
La vie de Diana Krall semblait rÈglÈe comme du
papier ‡ musique. Les dÈbuts prometteurs ont laissÈ
la place ‡ une reconnaissance unanime et internationale mÈritÈe.
Verve a vu en elle une star potentielle. Le jazz ne suffit pas,
il faut arriver ‡ sÈduire. On relooke, on accentue un cÙtÈ
glamour qui ne demandait qu’‡ sortir, on prend des photos dans une
voiture un jour de pluie,… Bref, on finit par plus se prÈoccuper
de l’emballage que du contenu. Ce dernier, rendu fade et convenu,
a laissÈ plus d’un fan de jazz sur sa faim. Le papier ‡ musique
s’est transformÈ en prospectus. Et puis…
Et puis Diana a rencontrÈ l’amour. Tant mieux pour elle.
Ce dÈtail anodin ne l’est plus du tout si on sait qui est
l’heureux Èlu. Un certain Elvis Costello, camÈlÈon
qui change en or tout ce qui bouge. Inutile de trop se forcer en
ce qui concerne Miss krall. Il suffit de lui rappeler qui elle est.
Le rÈsultat parle de lui-mÍme. Un nouvel album en
partie co-Ècrit, des reprises de Joni Mitchell, Tom Waits,…
On est loin de Burt Bacarach. Tant mieux.
La chanteuse retrouve ses premiËres amours avec un jazz
bluesy, qui swingue pour de bon, laissant de cÙtÈ
les mÈlopÈes sirupeuses qui collent au palais. Elle
n’abandonne toutefois pas les ballades. Elle les compose, les interprËte
avec une sincÈritÈ qui commenÁait ‡ lui manquer.
On recommence ‡ y croire. DÈbarrassÈe de son orchestre
symphonique, elle joue avec une libertÈ et un plaisir qui
en deviendraient presque communicatifs. En tÈmoigne ´†Almost
Blue†ª qui, s’il n’est pas le titre le plus marquant de l’album,
prouve bien qu’un virage est en train de s’opÈrer dans la
carriËre de la belle canadienne.
Du jazz, du jazz et encore du jazz. Adieu les penchants pour
la pop tendance musique d’ascenseur. On espËre que cette nouvelle
orientation (ou rÈorientation) se confirme dans les annÈes
‡ venir. Nul doute que ce sera le cas. Tout le monde semble ravi
par cette
Girl, et c’est tant mieux. On attend que ce sursaut
se confirme sur scËne. La Belle a pris la mauvaise habitude
de jouer son rÈpertoire comme on expÈdie un colis†:
pas de rÈel contact avec le public, un rappel parce qu’il
le faut, et, il faut le faire, des coups d’œil rÈpÈtÈs
vers sa montre. Peut mieux faire…
Diana Krall a su retourner ‡ l’essentiel avec cet album. EspÈrons
qu’il en soit de mÍme pour ses futures prestations scÈniques.
Site Officiel†:
http://www.dianakrall.com