Dave Matthews Band - Stand Up
On pensait que le groupe n'était plus capable de composer des morceaux originaux. Les fans attendaient patiemment la suite de Busted Stuff sorti en 2002. Rien ne venait vraiment. Des albums live, des albums live, des albums live… Comment ça, on se répète ? Et bien oui, c'est bien le cas. DMB doit être l'un des groupes qui sortent le plus de disques enregistrés en direct entre deux albums studio. Le groupe compte même plus de live que de véritables albums. On marche sur la tête.
En tout cas, il aura fallu attendre trois longues années avant de pouvoir retomber sur les jambes pour écouter Stand Up dans de bonnes conditions. Avant de plonger dans les entrailles de ce nouvel opus, revenons un peu en arrière. Everyday sort en 2001. Une grosse déception si on considère que le groupe peut mieux faire qu'une suite de titres pop sans grand intérêt. On apprend par la suite que les titres choisis à l'origine par le groupe ont été abandonnés en route. Devant l'insistance de certains, ces morceaux ont été réenregistrés, ce qui donna Busted Stuff. Pour résumer, le groupe n'a pas vraiment composé de nouveaux titres depuis 2001. D'où l'impatience d'écouter ce nouvel album.
Première constatation et premier souffle de soulagement, Dave Matthews a repris sa guitare acoustique. Ce qui donne forcément une couleur particulière aux compositions. L'électrification de M. Matthews avait été subie en 2001. Le chemin inverse est apprécié quatre ans plus tard. Ce qui ne veut pas forcément dire que tout va bien dans le meilleur des mondes. On se rapproche de l'esprit qui a fait la renommée du groupe (qui remplit des stades aux Etats-Unis, faut-il encore le rappeler), mais… Car il y a un "mais". Sans majuscule. "mais"…
Les harmonies manquent un peu de relief, les titres sont plus directs, un peu trop même. Il faut dire que l'on a mal été habitué. DMB est un des rares groupes
à avoir su conquérir le public tout en étant crédible aux yeux des musiciens. Le fait d'avoir des amis comme Carlos Santana, Béla Fleck, le Kronos Quartet ou encore Victor Wooten, instrumentistes de haute voltige, y est peut-être pour quelque chose. Toujours est-il qu'on s'attend sans cesse à être surpris par un changement soudain de rythme, d'harmonie, voire des deux à la fois. Mais quand ça ne vient pas, forcément, on reste calé dans son siège, au cas où quelque chose d'inattendu se passe subitement. Rien de tout cela.
Ce virage en douceur ne se fait pas sans compromis. Il y a du bon (« Stand Up »), du très bon (« Out Of My Hands ») et du banal (« American Baby »). Rien de réellement mauvais, mais terriblement banal. La particularité de cet album est en même temps sa principale faiblesse. Hormis quelques titres à forte personnalité, l'ensemble participe à créer une ambiance. Before These Crowded Streets était à la limite de l'album conceptuel, avec ses miniatures venant ponctuer les différents titres. Ce dernier opus ne sait pas trop où il doit aller, oscillant entre des perles (parfois durant seulement quelques mesures dans une chanson) et des galets, les premières étant rares et précieuses, les seconds ne servant qu'à remplir le vide.
Le choix du producteur annonçait déjà l'orientation musicale du groupe : Mark Batson. Si son nom n'évoque peut-être rien au commun des mortels, il n'en est pas de même pour 50 Cents, Eminem ou encore Seal. La production est donc très léchée. Les titres le sont moins. DMB avait besoin d'un coup de pouce musical. Ils n'ont été conseillés que sur la couleur de l'album. Steve Lillywhite, le producteur des meilleurs opus du groupe, fait cruellement défaut. Il semble que Dave Matthews Band ne soit plus qu'un grand groupe de scène. C'est déjà ça. On espère juste qu'ils redeviennent également un grand groupe de studio.
Site officiel : http://www.dmbnewstudioalbum.com/
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