
Towersound : du hard mélodique sincère mais sans le sou
Towersound, nouveau venu sur la scène française heavy-rock mélodique-progressif, est l'exemple même du jeune groupe non dénué de talent mais qui risque de connaître longtemps les joies de l'underground.
Les influences du trio proviennent essentiellement des années 1980, voire de la décennie précédente. Sûr que ses enceintes ont bouffé du Iron Maiden (période Paul Di'anno) et du Yngwie Malmsteen (cf. Final march, last war) jusqu'à satiété, avec descentes de manche de guitare par pack de douze, chant burné mais aux refrains travaillés et rythmique qui multiplie les crochets quand elle ne galope pas.
Deep Purple et Rainbow ne sont pas loin non plus. Le côté emphatique laisse également entrevoir l'influence du métal à la Manowar (frappant sur l'intro chantée-déclamée de My wild rose). Et dans la lignée de ces formations, Towersound tente parfois l'alliance avec des schémas ou des sonorités issus de la musique classique. Enchanted alloy m'a ainsi fait penser à Sed Lex, collègue d'écurie de Towersound chez le label Brennus (et dont j'attends le deuxième album avec impatience).
Towersound n'est d'ailleurs pas un groupe violent, loin s'en faut. La saturation bruitiste n'est pas le genre de la maison. Enfin, du château-fort. Enfin, de la tour. Le groupe répète en effet dans une tour, d'où son nom, qui colle d'ailleurs bien à sa musique et à la thématique des paroles. Composé de trois frères (Jon, chant ; Lonn, guitare ; Flo, batterie), Towersound souffre de défauts de jeunesse. Certains s'expliquent aisément. Sans doute faute de budget, le son de ce premier album semble écrasé. La guitare manque terriblement de tranchant. Et la basse ? C'est simple : il n'y en a pas !!! D'autres aspects demanderont plus de professionnalisme pour être corrigés, comme un relent d'accent français ou la banalité de la pochette. D'où l'impression, parfois, d'écouter la démo d'un groupe prometteur plutôt qu'un véritable album.
Après une douce intro instrumentale, qui évoque une ambiance folk-prog-médiévale, les ménestrels passent la main aux chevaliers. Le premier titre, Towersound, donne dans la métaphore (« Respect and serve Towersound with power/Three united souls will do it forever…/We're the keepers of the voice of a tower/We sealed rocks and sounds together, my brothers »), peu originale mais qui a le mérite de la clarté. La musique, une fois que l'on s'est habitué au son (et au vide laissé par l'absence de basse), s'avère beaucoup plus intéressante. Renforcé à l'occasion par un orgue, un piano ou des choeurs, ce hard fin et mélodique révèle une formation qui a décidé de se botter le cul (et ça fait du bruit, avec une armure). Les refrains sont accrocheurs mais pas simplistes. On pourra tout de même reprocher au chanteur une voix un peu monocorde.
Hélas ! La production faiblarde n'aide pas à distinguer les différents titres, alors que la plupart ont du caractère. Towersound semble chercher en permanence à trouver le juste milieu entre ce qui viendra flatter votre oreille et ce qui la surprendra. Les parties chantées alternent avec des passages instrumentaux agréables sans être trop envahissants. Sur ce plan, Towersound a su trouver un équilibre convaincant. De même, le trio fait preuve de capacités de composition plutôt encourageantes pour un combo dont la moyenne d'âge ne dépasse pas de beaucoup celle de Jordy (je sais, ce n'est pas bien de se foutre d'un gosse que ses parents ont transformé en animal de cirque).
Si ce disque reste réservé aux amateurs du genre (au risque de nous répéter : la production et le mix en rebuteront plus d'un), il prouve que la flamme d'un rock-hard classieux (éculé pour certains), gant de fer et main de velours, trouve toujours, pour la raviver, des frères d'arme qui n'ont pas à rougir de leur sincérité. Après ce début sympathique, Towersound devra cependant se montrer plus perfectionniste pour survivre dans un business aussi implacable qu'une bataille moyennâgeuse.
Site officiel : www.towersound.net (quatre titres de l'album en écoute)
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