ZONGA TWIGHLIGHT
Quand il s’agit de présenter un nouveau groupe,
aux sonorités difficiles à définir, la tâche
n’est pas simple et laisse le champ libre à l’imagination,
que Zonga dirige volontairement vers des contrées sombres
mais fleuries. On évoquera en passant les noms de scène
des quatre artistes franciliens, aussi ambigus que leur compositions.
A la batterie Jack Strapp, gardien de la clé de la mauvaise
foi, la colère étant l’apanage du guitariste Napoléon
Blum. La mélancolie est réservée à l’autre
guitariste, Gabriel-Gee, qui est aussi le compositeur d’une majorité
des titres et la déperdition au bassiste Eric Marie-Louise.
On trouve ainsi le joyeux, nageant dans un océan de noirceur….ou
bien est-ce plutôt l’inverse ? Albert Camus y verrait
certainement une création volontairement absurde, dans un
univers vague et terne, pour toucher avec plus de force et de précision
le monde du sensé..
Bref… de l’expérimental aux inspirations très variées,
qui pour donner un aperçu de la couleur sonore mêle
saturation des guitares, brisures rythmiques, chant planant, le
tout lié à une clarté d’interprétation
et une grande envie de produire quelque chose de non commun.
Il faut dire que les mentors de ces messieurs (mentors si nombreux
que je n’en citerai que quelques un ) ont eux-même œuvré
à l’explosion, à la libération de nos maintenant
« modernes oreilles ». Rock des années 70-80
et alternatif, jazz, free jazz, contemporain, on pourrait citer
en exemple Sonic Youth, Zappa, Miles Davis… du beau monde !
A partir de 1998, après environ deux ans de travail, Zonga
Twighlight monte sur les planches pour confronter ses premières
créations au jury impitoyable qu’est le public. Ils
suscitent l’intérêt par leur patte très personnelle,
et sans perdre son souffle, le groupe sort son premier album, Death
& The Mambo, auto-produit en 2000.
Les tirages sont limités en nombre, mais le groupe continue
son petit bonhomme de chemin, et compose entre ses concerts, pour
créer un second album, En Cas, partagé avec le groupe
Sid Maya, (les deux formations font partie du collectif Solimane),
disque paru début 2001 et de nouveau auto-produit.
Les 6 morceaux présentés par Zonga sont courts mais
intenses, sans pourtant être suffocants. Et c’est un art difficile
que d’avoir un son « plein » et propre avec une formation
réduite, tout en restant cohérent.
Zonga Twighlight s’est « trouvé », et la belle
machine tourne avec des mécanismes huilés.
Leur répertoire atteint actuellement les 25 titres, et le
groupe va sortir un troisième album,
Double Happiness, avec l’ intention d’être plus largement
diffusé que ses prédécesseurs (ils cherchent
actuellement des partenaires).
Zonga Twighlight est définitivement difficile à
classer, se situant plus dans le cadre d’un concept appliqué
à des envies hétéroclites, qu’un style musical
catalogué dans un type d’harmonie précis. Et c’est
d’ailleurs leur force, car les barrières des genres musicaux
ne sont là que pour leur donner matière à briser
les « acquis ».
Bonne chance Zonga Twighlight…
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