De La Soul, la Old School ne meurt jamais
Des voix qui bouleversent et bousculent
les pâles semblants de vibrations actuelles, des voix que
l’on reconnaît ou pas, des voix qui jouent entre elles et
provoquent l’harmonie, une excellente diction pour des mots
qui mordent parfois, le Message passe, des voix qui se font écho.
« All Good » lorsque De La Soul délie sa langue
qui se multiplie dans leur dernier album « Art Official Intelligence
». En effet, on y retrouve en featuring des fidèles
du hip-hop tels que Mike D des Beasties Boys, Busta Rhymes ou encore
Shaka Khan. Alors voilà, des titres qui sèment le
trouble, sans d’autre garde fou que celui d’empêcher de sombrer
dans la vulgarité, une cité US qui ressemble à
celle que l’on chante en français, du freestyle tellement
presque parfait qu’on s’y croirait. « Trouble » paraît
comme une longue marche, tandis que les actions se déroulent
sous nos yeux qui écoutent et qui voient.
De la Soul ne se réclament pas du réalisme
mais touchent un genre qui s’en approche : leur musique. Leur musique
est riche, sans bruits indélicats ni agression onomatopéenne
; elle n’est jamais répétitive, ni saturée
à outrance : elle se laisse venir et aller, se laisse prendre.
Et puis le rythme nous démange…
L’intro fait entendre des voix d’enfants, enchaîne
sur un premier titre optimiste « U can Do » : la vie
que l’on se choisit, les libertés qu’on se donne. Sans transition,
« My writes relance l’intonation qui se veut plus marquée:
ils ne revendiquent pas, même si le « Hollywood burns
» des Public Enemy et le rire inspiré de Flavor Flav
résonnent, ils exposent le côté obscur. «
Squat » reste mon préféré, peut-être
aussi parce que le ton de Mike D sied à merveille pour ce
pur moment de Hip Hop.
Un écrin de musiques urbaines : « Art
Official Intelligence » apparaît comme le lien messianique
qui nous fait espérer qu’il existe autre chose que du break
de récup’. Queen Latifah, rassures-toi, ils sont tes dignes
représentants !
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