Têtes Raides : Qu’est ce qu’on se fait
chier !
(Tôt ou Tard / Warner)
Plus de quinze ans que ça dure ! Mais aujourd’hui
« Qu’est ce qu’on se fait chier » ! Entre rock et musette,
les Têtes Raides reviennent avec leur
nouvel album. Trompettes, trombones et accordéons reprennent
du service !
L’esprit et le style du groupe ont bien évolué
au cours des années. Le côté un peu plus punk
des débuts s’est peut-être assagi mais les textes et
les concerts auxquels ils prennent part montrent encore l’engagement
du groupe (pour la lutte des Sans-Papiers ou contre Le Pen). Malgré
ces variations (sur le style ou la composition du groupe), à
priori le public ne cesse de grandir. Leurs concerts attirent de
plus en plus d’admirateurs qui ne semblent plus vouloir lâcher
l’affaire.
A l’origine, Christian Olivier. Il est né en 1964
et passe une partie de son enfance en Afrique. En 1984, il fait
parti d’un collectif de graphistes : Les Chats Pelés
(qui continuent d’ailleurs à assurer la conception graphique
des albums aujourd’hui). Avec deux autres musiciens, Pascal Olivier
et Grégoire Simon, il fonde les Red Ted. C’est
avec essentiellement des reprises des Rolling Stones et des
Clash qu’ils écument les bars et les fêtes de
quartiers.
En 1987, c’est la naissance du groupe en tant que Têtes
Raides. Christian Olivier se met à l’écriture
et de nouveaux membres viennent étoffer le groupe. Un 45
tours sort en 1988 : « C’est Quoi ». Peu
de monde se posera la question mais la route continue. Le premier
album sort en 1989 : « Not dead but bien raides ».
La pochette est déjà très originale et
le groupe commence à faire parler de lui. D'autres albums
suivront au cours des années : « Mange tes morts
» en 1990, « Les Oiseaux » en
1992, « Fleur des Yeux » en 1993 et «
Le Bout du Toit » en 1996.
La composition du groupe évoluera aussi, s’enrichissant
de nouveaux membres qui vont amener des voix féminines ou
des musiciens de talent. Le groupe semble préférer
les petites salles depuis ses débuts. Et le public suit en
masse. Car c’est en public que le groupe se sublime avec lumières
et instruments, avec lesquels ils jouent dans les deux sens du terme.
Toujours en 1996, le groupe se produira à l’Olympia. Ils
invitent même pour une date l’accordéoniste de Jacques
Brel : Jean Corti. Les concerts se poursuivent et un
live sort en 1997 : « Viens ». Cette fois
l’appel trouve de nombreuses réponses, car les concerts ne
désemplissent pas et les ventes ne font que grimper au fur
et à mesure des années. Il faut croire qu’après
la découverte sur scène, les admirateurs suivent les
albums studios puisque « Chamboultou » sorti
en 1998 va enclencher un coup de booster qui va doper les ventes.
Des textes plus engagés et de nouveaux changements dans le
groupe marquent ce nouvel opus. Le succès est tel que les
anciens albums sont réédités et se vendent
aussi en grande quantité. Un best-of, « Ginette,
10 ans de Têtes Raides » et un nouvel album, «
Grattepoil » font leur apparition en 2000. Les scènes
s’enchaînent et le public en réclame encore et toujours.
Et aujourd’hui le groupe déclare d’une seule voix «
Qu’est ce qu’on se fait chier ». Un nouvel album qui
semble se vouloir peut-être un peu plus grand public et plus
médiatisé. L’objet en lui-même est magnifique.
On retrouve les talents de graphistes des Chats Pelés
pour la création des illustrations qui accompagnent chaque
chanson. C’est à mon avis grâce à de telles
initiatives que l’on ne peut se passer de l’album original et non
piraté !
Pour ma part c’est la première fois que j’écoute
un album des Têtes Raides dans son intégralité.
Et il est clair que comme ils le déclarent eux-mêmes
le titre est complètement à l’opposé de l’état
d’esprit de l’album. On retrouve un vrai côté festif
avec des textes intelligents et engagés.
On trouve toute l’originalité du groupe déjà
dans la musique. Ils utilisent trompettes, trombones, accordéons
et violons pour le plus grand plaisir des oreilles. Yann Tiersen
vient même accompagner (comme à d’autres occasions…)
le groupe. Les morceaux se baladent entre différents styles
: fanfare (« Go Away ») ou enfantin. On pourrait
même comparer certains chants aux chants traditionnels indiens
(« Qu’est ce qu’on se fait chier »).
L’album s’écoute dans son ensemble avec plaisir, mais
j’ai une préférence pour les morceaux où trompettes
et trombones s’emballent pour tendre vers une musique vraiment chaleureuse.
Je ne peux d’ailleurs plus me sortir « Go away »
de la tête. Mais les textes engagés de «
Black is beautiful » ou de « Civili »
m’ont beaucoup séduit. Un nouvel album qui fait vraiment
plaisir à écouter, au final très optimiste.
En bref, un très bon moment.
Certains puristes qui suivent les Têtes Raides depuis longtemps
regretteront peut-être que le groupe semble se tourner vers
une médiatisation plus importante. Mais tout le monde tombera
d’accord en disant la même chose quand l’album s’arrête
: « Qu’est ce qu’on se fait chier » (en attendant
la suite…).
Retrouvez les Têtes Raides en concert au Bataclan du
2 au 28 février 2004 et en tournée partout en France.
Têtes Raides : Qu’est ce qu’on se fait chier ! (Tôt
ou Tard / Warner)
1 Civili.
2 Les Radis.
3 Qu’est ce qu’on se fait chier.
4 Patipata.
5 Go away.
6 Black is beautiful.
7 La fin.
8 Pitance.
9 Vaille que vaille.
10 Soupault.
11 Les souris.
12 Aïe.
13 Les dents.
14 En silence.
15 Coda.
Site officiel : http://www.tetes-raides.tm.fr
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