Grégory Bernard, PDG de Canal Cast
Canal Cast est une société
spécialisée dans la conception et l’hébergement
de sites pour les professionnels du son, de l’image et du spectacle.
Des artistes aux techniciens en passant par les réalisateurs,
toutes les professions de ces secteurs ont la possibilité
de mettre en ligne non seulement des descriptifs leurs compétences
et de leur expérience mais aussi et surtout le produit de
leur travaux respectifs : textes, images, sons/musiques ou vidéos…
Nous avons rencontré le PDG de Canal Cast Communication,
Grégory Bernard, qui a accepté de répondre
à nos questions…
Comment est né Canal Cast ?
Comment est né Canal Cast : c’est né il y a… disons
un an et demi au niveau de l’idée. Moi j’étais aux
Etats-Unis à ce moment-là : je travaillais pour l’Ambassade
de France à Washington, et je travaillais beaucoup sur les
technologies Internet… (nous sommes interrompus par l’arrivée
d’un autre membre de l’équipe) une seconde… On va peut-être
se mettre
dans une pièce un peu plus isolée, parce que…
(Une fois installés dans le labo-photo/salle
de montage de la société : )
Alors
comment est né Canal Cast, donc… Moi, je suis le Président
de la société : c’est une idée qui vient de
moi en fait, qui s’est beaucoup développée depuis.
L’idée de base, c’était de dire… bon à l’époque
où Internet était encore très peu implanté
en France, et où je vivais déjà depuis deux
ans aux Etats-Unis, je faisais de la veille technologique sur Internet
: mais vraiment, c’était du domaine scientifique, et les
scientifiques ont été les premiers à utiliser
la vidéo sur Internet pour communiquer, pour faire des communications
scientifiques… Ce qui est devenu aujourd’hui un produit commercial
servait à ce moment-là lors de séminaires où
on synchronisait des vidéos avec des graphiques, etc., et
je me suis dit que ça pouvait être extrêmement
puissant pour le monde de l’image ; et que bientôt tout se
passerait là-dessus.
J’suis rentré
à Paris avec l’envie, l’ambition de monter un site qui permettrait
aux talents, aux compétences, aux gens qui travaillent dans
ce secteur-là d’avoir un espace à eux sur Internet,
bien assisté, et de réunir tout ça au sein
d’un portail. C’est parti de cette idée-là, et puis
j’ai rencontré le PDG de Canalweb, Jacques Rosselin, qui
commençait tout juste son affaire - c’était une petite
affaire encore à l’époque, c’est devenu quelque chose
d’énome - et je lui ai proposé - c’était il
y a un peu plus d’un an, un an et demi - j’lui ai proposé
de monter un système qui soit un petit peu fondé sur
la casting, sur la promotion de talents sur Internet. Il était
intéressé, on a commencé à discuter,
ça a pris beaucoup plus de temps que prévu ; et puis
finalement je suis allé voir un ami qui est un ami de prépa,
qui s’appelle Vincent Ertog, et je lui ai proposé de monter
cette affaire. On a tous les deux démissionné de nos
boulots respectifs - je travaillais pour Canal Plus à l’époque,
lui travaillait dans l’ingénierie - et on a lancé
l’affaire, on a monté la société en mai.
Et puis on a trouvé un investisseur pour nous
aider, nous accompagner et édifier un petit peu les choses…
Vous étiez donc deux au départ : aujourd’hui,
comment est « structuré » Canal Cast ?
Alors c’est pas exactement vrai : moi j’ai monté le projet
en gros pendant l’été 1999, je crois… Ouais été
99 : en septembre, je travaillais encore pour Canal Plus - je travallais
pour "Nulle Part Ailleurs" - et j’ai mis un petit peu
d’argent de ma poche pour embaucher un jeune stagiaire - qui maintenant
est notre développeur - qui était encore dans son
école, et qui a développé la première
maquette de site, durant septembre, octobre, novembre, décembre…
On travaillait le soir en fait pour fabriquer ce site, et ce qui
nous a permis aussi de convaincre les investisseurs. Donc au début
on a monté la société avec notre argent, on
a emprunté pour avoir la mise de départ, et donc on
peut dire qu’on était trois. On était trois au tout
début, et dès qu’on a eu un peu d’argent on a commencé
à embaucher des gens, des personnes sont entrées,
sorties, on a appris à se structurer et on est arrivé
à une équipe de dix-onze personnes à partir
du moment où on avait les moyens de les salarier.
Alors
aujourd’hui comment on est structuré : on a une partie entre
guillemets « direction », Vincent, Sébastien
- qui s’occupe de tout ce qui est Busyness/Développement/Rapports
avec les investisseurs, qui vient d’HEC, et qui nous a rejoints
quasiment après la sortie de l’école, après
une petite année d’expérience - et puis hummm…. On
a rencontré quelqu’un qui travaillait à l’ANPE du
Spectacle et qui a développé une partie commerciale,
ce qui n’a pas été un gros succès, on ne travaille
plus trop avec lui. On a essayé d’enrichir l’équipe
technique : on a embauché un graphiste, qui est toujours
chez nous et qui a donné toute cette charte graphique assez
particulière, qui nous permet aussi de faire des création
de sites de bonne qualité graphique pour d’autres gens ;
on a embauché une webmistress-intégratrice, et puis
un juriste pour s’occuper de tout ce qui est augmentation de capital,
partenariats, etc. Donc ça a constitué le noyau dur
; on avait aussi quelqu’un qui s’occupait de tout ce qui était
photo, vidéo, réalisation-production - parce qu’on
avait une partie aussi où on produisait des œuvres…
Et
puis voilà, l’équipe s’est constituée de cette
manière-là, donc de temps en temps y’a des stagiaires
qui rentrent et qui sortent, et aujourd’hui on est plutôt
à un équilibre autour de six-sept personnes euh….
Compte tenu du contexte qui est un peu difficile, on a pas trop
les moyens d’entretenir plus que ce monde-là, et on se concentre
sur des gens qui sont vraiment productifs, c’est-à-dire des
gens qui peuvent vraiment nous rapporter du chiffre d’affaire aujourd’hui…
Mais on paie tout le monde ! Ce qui est rare dans les start-up’s
! (Rires) Quand il y en a qui ne sont pas payés, ce sont
nous…
Aujourd’hui quelles sont les activités auxquelles s’attache
Canal Cast ?
C’est principalement de la création de sites standards
au sein d’un portail fédérateur des métiers
de l’audiovisuel, du spectacle et de la culture. Donc ça
veut dire que l’on est un spécialiste de la représentation
de talents sur Internet ; d’outils de travail aussi : c’est-à-dire
que les gens qui viennent chez nous n’ont pas seulement une vitrine,
mais ils ont vraiment un outil de travail. Un outil de travail ça
peut partir d’une chose très simple qui est le mail, le mail
professionnel, avec de la sécurité, avec des grosses
capacités, avec une interface en ligne qui soit agréable,
et puis des outils de représentation simples comme la carte
de visite avec un lien direct vers leur site, comme le moyen d’archiver
en externe leurs photos, leurs extraits vidéos, de les montrer
de les transmettre, de communiquer, d’avoir un book de photos, de
pouvoir les changer dynamiquement, de pouvoir échanger des
commentaires… La possibilité de déposer les œuvres,
les projets, les scénarios, les vidéos, de les protéger
électroniquement par signature, de tatouer les photos, enfin
: tout ce qui est relié à l’image et relié
de près ou de loin à l’internet sont des prestations
que l’on essaie de leur fournir.
Et ça peut
aller jusqu’au site extrêmement élaboré que
l’on va faire pour une agence artistique, pour un festival, pour
une institution. Nous notre objectif c’est de réduire au
maximum le prix de ces services, donc on s’est beaucoup concentré,
la majorité de notre argent on l’a dépensée
pour créer des produits un petit peu standards qui vont permettre
aux gens d’avoir très rapidement un site élaboré
mais standard dans ses modules. Ce site sera donc une vitrine de
représentation mais aussi un outil de travail et un outil
- à terme - de transaction voire de vente de leurs œuvres
ou de leur(s) talent(s) en ligne ; donc aussi une interface qui
va leur permettre de favoriser leur recrutement et leur recherche
de travail. Voilà en gros toutes les prestations que l’on
fournit ; et notre produit de base, c’est ce qu’on a appelé
le "Micro-Site Professionnel", que l’on peut voir sur
Canal Cast. Là, aujourd’hui, il y a 1200 micro-site qui ont
été créés, on a déjà 2000
commandes, et notre objectif est de toucher 30 ou 40 000 personnes
pour avoir une base qui soit valable et intéressante pour
les employeurs et pour les gens qui travaillent dans ces métiers-là.
Statistiquement, comment est réparti entre les différentes
familles de professions le pool de personnes qui font appel à
vous ?
Alors : aujourd’hui, nous nous adressons à toutes spécialités.
On fait notamment le site de l’ANPE du Spectacle pour Cannes, qui
sera un site de démonstration : une des raisons, je pense,
pour lesquelles ils ont travaillé avec nous c’est justement
que nous nous adressons à tous les métiers qui sont
répertoriés par l’ANPE du Spectacle, sans exception.
Maintenant, évidemment, vous avez une répartition
qui est différente, soit c’est concentré sur tel secteur,
soit les gens plutôt de tel secteur sont venus nous voir,
et aujourd’hui on a beaucoup de réalisateurs, de jeunes réalisateurs,
des réalisateurs confirmés, en général
qui ont vraiment des choses à montrer, qui ont déjà
plusieurs films à leur actif, et qui mettent des extrait
pour monter leurs œuvres, pour euh… vraiment pour se servir de nous
comme un espace non pas de diffusion mais vraiment de… pour montrer
leur talent, pour montrer leur positionnement, pour présenter
leur projet, etc. donc on a je dirais 30% de réalisateurs,
pas mal de comédiens et de mannequins, 30% aussi, et puis
le reste se répartit entre bien sûr la musique, je
dirais peut-être un peu moins, 15 ou 20%, et puis tous les
métiers de techniciens, qui sont rentrés un peu plus
tardivement sur le site mais qui représentent une grosse
partie de notre cible : tout ce qui est technicien-son, technicien-image,
maquilleur, coiffeur, tous les gens qui interviennent sur une production…
Le micro-site est un outil extrêmement utile pour eux, et
donc ils commencent à venir nous voir.
Voilà
: une répartition majoritairement réalisateurs/comédiens-mannequins/musiciens
; et le reste un petit peu réparti.
Comment le site standard, le « Micro-Site Pro »,
est-il élaboré en général ?
Le micro-site, on l’a conçut pour que n’importe qui qui
connaisse un tout petit peu Internet puisse se fabriquer lui-même
son micro-site en ligne ; ça veut dire que vous allez avoir
des questionnaires, des menus-déroulants, un système
complètement dynamique et en ligne pour vous permettre d’élaborer
votre micro-site : pour envoyer vos photos, pour envoyer vos vidéos
qui seront encodées, pour demander de faire protéger
vos œuvres - soit vous êtes capable de le faire vous même,
c’est pas compliqué, soit on peut le faire pour vous - ;
votre e-mail est créé, vous pouvez commander vos cartes
de visite, vous pouvez commander vos retirages photos sur le site…
Le but, c’est vraiment d’inciter les gens à se servir d’Internet
et à faire les choses eux-mêmes. Maintenant dans les
faits ça se passe un petit peu autrement, parce que ce sont
des gens qui mettent un peu de temps à adopter les techniques
liées à Internet, donc souvent on les reçoit,
on leur explique, on leur apprend, on leur fait leur site… mais
ce sont quand même des modules relativement standards où
ils n’ont plus qu’à saisir un certain nombre d’informations
et à donner un certain nombre d’éléments pour
pouvoir construire ce site.
Après, vous
avez des sites qui des sites qu’on a appelé des sites «
coquilles » qui contiennent plusieurs talents, qui sont un
peu plus élaborés, où on fait intervenir des
graphistes supplémentaires, où on va créer
une page… Ça peut aller de deux comiques qui veulent avoir
leur site à eux et leur page de présentation - on
vient d’en faire un pour un groupe de comiques qui s’appellent «
Ça n’amuse que nous », qui sont très marrants,
et à qui on a construit un site un peu plus élaboré
- jusqu’à une petite agence artistique qui présente
dix comédiens. Ces sites coquilles regroupent deux, trois,
dix, quinze micro-sites. Ce qu’il faut savoir c’est que nous, on
a privilégié l’ergonomie, la facilité d’utilisation
: c’est très facile de créer son micro-site. En ligne,
ou chez nous : tout est possible.
Et est-ce que les personnes qui font appel à vous utilisent
toutes les technologies, profitent de toutes les possibilités
que vous leur offrez, ou bien ont-elles tendance à se limiter
?
Elles ont tendance à se limiter, parce qu’elles ont tendance
à penser que c’est juste une fiche comme ça qu’elles
mettent sur Internet, et puis ça reste tel quel, c’est comme
un bouquin : y’a une photo, un CV… Nous, on essaie de leur faire
comprendre que c’est pas du tout ça, que c’est vraiment un
site, et qu’au-delà d’un site c’est vraiment un outil ; c’est
quasiment un logiciel qu’ils vont utiliser et qui va leur servir.
Donc nous, on n’est pas un annuaire, on est plutôt au service
des annuaires, on a des produits qui peuvent servir les annuaires,
et on essaie de travailler avec eux pour leur apporter notre technologie,
notre savoir faire, notre vision du secteur. Bien sûr les
gens viennent nous consulter comme ils consulteraient un annuaire,
mais on est vraiment un fournisseur de solutions technologiques,
un fournisseur de conseil, de stratégie pour la représentation
sur Internet, et on essaie d’inciter les gens à se servir
de toutes les fonctionnalités qui leur sont proposées.
On est pour l’instant encore loin du compte, parce que
par exemple un réalisateur doit être vraiment "poussé"
pour venir déposer ses projets, pour venir présenter
un extrait de chacune des œuvres qu’il a faites, de sorte que son
site devienne son bureau virtuel sur Internet. Il faut savoir qu’aujourd’hui
on est capable de leur fournir une prestation de bureau virtuel,
de leur permettre d’archiver leurs éléments, de voyager
dans le monde entier sans avoir à prendre leurs cassettes
sous le bras, etc. . Alors ça prend du temps, c’est normal,
mais ce sont des technologies qui sont disponibles dès à
présent.
Quel est le profil-type de l’internaute qui vient visiter
le site de Canal Cast, en terme d’âge, de profession, mais
aussi de connexion ?
Je pense que globalement, le visiteur-type, c’est quelqu’un qui
a entendu parler de nous soit par les gens qui sont chez nous, soit
auprès de nos partenaires : le profil-type c’est bien sûr
quelqu’un qui appartient au monde de l’audiovisuel, du spectacle
ou de la culture. Ça peut être un producteur, ça
peut être un agent, ça peut être un artiste qui
vient voir d’autres artistes ou qui vient consulter son site, ça
peut être de temps en temps quelqu’un qui n’a pas grand chose
à voir avec le secteur mais qui vient regarder ça
de façon ludique… Mais globalement, le visiteur est professionnel,
il est ciblé, il est dans le secteur, il travail, il vient
regarder des talent ou s’inscrire comme talent, ou en tant que compétence
du secteur il vient obtenir des informations ou des services.
Est-ce que Canal Cast connaît des limites liées
aux infrastructures Internet et informatique (problèmes de
débit/bande passante, formats…) ?
Nous n’avons pas voulu nous marier avec un format donné,
une technologie d’affichage Internet particulière : on s’est
concentré sur les bases de données - les plus complètes,
les plus dynamiques, les plus modulables possibles - permettant
de générer très rapidement des sites Internet
de qualité. Donc on s’est vraiment concentré sur les
couches un petit peu "inférieures", sur les fondations
de notre site de notre technologie. C’est une partie très
évolutive.
Pour la partie "supérieure",
on s’est adapté à ce que les gens ont dans la majorité
des cas. Par exemple pour les vidéos, on a un transfert adapté
aux bas débits : nos vidéos sont adaptées aux
modems 56 K, l’image vaut ce qu’elle vaut, elle permet de se faire
une idée… On a fait nos interview en noir et blanc,
en gros plan, parce que n’importe qui peut quand même voir
une expression de visage alors qu’il a une liaison bas débit.
Mais on garde évidemment toutes les bandes pour
que, dès qu’un saut est fait dans les capacités de
réception des professionnels et du public, nous puissions
upgrader très rapidement la qualité…
Est-ce que vous désirez dire quelque chose aux musiciens
qui peuvent jouer en ce moment au Jeu Amb - Canal Cast et gagner
des micro-sites pros ?
Ben, je suis très content d’avoir des musiciens chez Canal
Cast : ce sont des gens qui sont assez dynamiques, ils ont été
les plus rapides à migrer sur Internet, beaucoup plus vite
que les réalisateurs ou les comédiens ; ils vont chercher
leurs extraits sonores à droite à gauche, ils vont
sampler, ils sont hyper à l’aise avec les ordinateurs…
Donc, vraiment, plus on a de musiciens, mieux c’est
: ce sont ceux qui communiquent le mieux sur notre produit, et qui
surtout le jugent le mieux. C’est-à-dire que quand y’a un
truc moins bien, ils nous le disent… enfin la communauté
des musiciens et des techniciens de la musique c’est vraiment des
gens qu’on aime bien à Canal Cast, parce qu’ils sont en avance…
en avance sur les autres, et ils sont sympas… Et en plus ils interviennent
dans tous les domaines : il y a de plus en plus de musiciens qui
bossent dans la pub, qui font des musiques de films, pour des courts-métrages
- souvent gratuitement d’ailleurs, parce que ça les intéresse…
Ce sont des gens souvent désintéressés parce
qu’ils sont passionnés ; curieusement, dans le monde de l’image,
c’est un pivot assez important.
On leur dit bienvenue,
et on est ravi de leur faire gagner des micros-sites ; on espère
que ça les aidera…
Merci à vous !
Mais de rien, c’est avec plaisir !
CC.Communication
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92600 Asnières-sur-Seine
Tél : 01 47 93 00 61
Fax : 01 47 93 01 53
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