The Cinematic Orchestra - Every Day
Beaucoup de musiciens de la scène
électronique se réclament des compositeurs de musique
de films. Il est vrai que bon nombres d'albums pourraient illustrer
un long métrage, tant les ambiances créées
sont riches en images. On pense naturellement à Portishead
et à ses ambiances empruntées à Ennio Morricone…
Et finalement, tant qu'à s'inspirer de cet univers si particulier,
autant le faire sans compromis et en l'annonçant dès
le départ. C'est ce qu'a choisi de faire Jason Swinscoe en
prenant comme nom The Cinematic Orchestra.
On nage donc en plein dans l'univers cinématographique,
avec tout ce que cela comporte : travellings, gros plans, panoramiques…
Pour traduire tout cela, pas moins de huit musiciens sont nécessaires
: Jason Swinscoe pour tout ce qui est production, de Phil France
à la basse / contrebasse et Rhodes, Luke Flowers à
la batterie, John Ellis aux claviers, Milo Fell aux percussions,
Rhodri Davis à la harpe, Patrick Carpenter aux platines et
Tom Chant aux saxophones.
Un premier album sorti en 1999, «Motion»,
leur permit de se faire un nom dans le monde du downtempo. Le monde
a pu découvrir un savant mélange d'électro
et de jazz, sur fond de B.O.F. imaginaire. «Remixes 1998 -
2000» devait rassembler les différentes réinterprétations
opérées par le groupe de titres de Nils Petter Molvaer,
Kenji Eno ou encore D.J. Krust. Histoire d'attendre jusque qu'à
la sortie du prochain opus. Deux ans, c'est long… Mais cela valait
le coup d'attendre.
«Every Day», autrement dit chaque
jour dans notre langue. Chaque jour possède son titre et
chaque titre possède un espace temporel qui lui est propre.
Le concept est poussé puisque le site du groupe propose d'écouter
un titre différent selon le jour (à noter que tous
les titres sont écoutables le dimanche). Sept morceaux pendant
lesquels tous les musiciens vont prendre le temps de développer
leurs idées, asseoir les harmonies, envoûter l'auditeur,
s'évader le temps d'un chorus… On est loin du simple collage
ou d'une mise en boucle improbable.
L'ambiance qui ressort de ce disque rappelle plus
des jams de jazzmen inspirés qu'une banale fusion électro-jazz
pseudo hype qui se révèle être finalement aussi
creuse que prétentieuse. Ces musiciens ont su créer
un langage qu'ils parviennent à maîtriser dans lequel
électronique et musique organique se mêlent sans se
bousculer s'effaçant de temps à autres pour laisser
s'installer la voix soul de Fontella Bass, ou le rap aux accents
de slam de Roots Manuva.
Bande-son d'un film sorti tout droit de l'imagination
des musiciens, «Every Day» pourrait aussi bien illustrer
un road-movie que Ghost Dog («Evolution») . C'est d'ailleurs
le cas pour «The Man With The Movie Camera», titre composé
à la demande du réalisateur russe Dziga Vertov. La
boucle est bouclée.
Site officiel : http://www.cinematicorchestra.com
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