Les Yeux Noirs
Ames sensibles, préparez les mouchoirs,
l’orchestre tzigane nous emmène au pays des vivants. Airs
de fêtes, complaintes langoureuses, Les Yeux Noirs revisitent
les mélodies séculaires du peuple du voyage.
Un
peu de sang tzigane pour les deux frères Slabiak (violonistes),
des formations classiques ou/et jazz pour tous les musiciens, Les
Yeux Noirs sont là, et nous proposent à travers quatre
albums leurs compositions mêlées d’airs traditionnels.
Loin des hits parade, leur musique reconstitue un bel échantillon
de la culture tzigane qui s’appuie sur les plaintes chaleureuses
des accordéons et chants russes, la virtuosité des
violons hongrois et des danses roumaines, les rythmes et gammes
espagnols, ou l’harmonie orientale Yddish.
A part leur dernier album, (Balamouk , « la maison des
fous » en roumain), qui utilise des samples et des rythmes
électroniques, l’essentiel de leur musique se joue sans électricité
:
Juste deux violons, un violoncelle, une contrebasse , une
guitare et un accordéon, accompagnés de leurs voix.
D’ailleurs, il vaut mieux car la musique tzigane est à vocation
populaire, et doit pouvoir être jouée partout . Elle
suit la vie des gens, tant dans le bonheur que la tristesse.
Pas besoin de redingote pour aller écouter Les yeux Noirs,
leur musique dépasse l’élitisme social, parfois présent
dans certaines musiques (classique par exemple), car elle est définitivement
proche des gens.
Donc mieux vaut commander une bonne bière
et se laisser entraîner par l’intense verve communicative
dont fait preuve l’orchestre, qui une fois lancé recrée
une ambiance frénétique qu’il est agréable
de partager avec ses voisins !
Avec d’autres (Bratch en particulier), ils constituent la figure
de proue de la renaissance de la musique tzigane en France. En effet,
les virtuoses se trouvaient essentiellement dans les cabarets dont
le nombre s’est terriblement réduit, tendant à faire
quasi disparaître de notre paysage musical, ces airs si puissants
que parfois on peut entendre dans un coin rue, ou de métro.
Avec Les Yeux Noirs, on n’écoute pas un producteur, mais
vraiment l’âme d’une culture.
Serge . B