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WOODSTOCK : IL Y A TRENTE ANS, UNE COMMUNAUTE
MUSICALE
Dans la peau d’une autre histoire… « Oh,yé
! »,Antoine et ses élucubrations sur la bande FM et
me voici kaléidoscopée sous un soleil psychédélique
exactement. Je nie la consommation d’êtres et je rêve,
sous l’hêtre, au pouvoir des fleurs. Hippie musicalement,
je le suis et le revendique. Puis j’en balance ma chemise…
Abandonnons-nous donc au son de Woodstock : ils vinrent des quatre
coins du pays, main dans la main, parcourant les champs rouges d’artifice
et de plaisir, pour écouter de la musique.
Woodstock reste le plus grand concert rock de tous
les temps ; il aura fallu neuf mois pour qu’un demi million de personnes
puisse se retrouver sur un champ du comté de Sullivan, dans
un état de New York. Une foule incroyable, prête à
subir toute intempérie pour écouter les plus grands
artistes de notre siècle.
Trois jours de musique, de paix et d’amour qui seront
essentiellement bercés de messages et de paroles revendicateurs.
Sur le rythme des Canned Heat et de leur « Going up the country
», le ton est donné : « Je retourne à
la nature. Est-ce que tu veux venir avec moi ? Nous irons nous baigner
et nous enivrer…je vais quitter la grand’ville. Il faut que je m’en
aille. Tous les tracas et les luttes, j’en ai assez. C’est une nouvelle
vie formidable. ». En effet, cet essaim de couleurs humaines
va vivre trois jours de liberté, loin du regard malveillant
de la société. La musique illustre un langage en proie
avec la réalité : ici, les mélodies mettent
en scène l’actualité.
Richie Havens invoque « Freedom » : «
Liberté, liberté, liberté. Parfois je me sens
comme un enfant qui a perdu sa mère. Et je chante ».
Joan Baez interprète une chanson de syndicalistes, «
Joe Hill » : « Les patrons t’ont fait descendre, Joe.
Il faut autre chose que des fusils pour tuer un homme. De San Diego
jusqu’au Maine, dans chaque mine et dans chaque usine, où
les ouvriers défendent leurs droits, c’est là que
tu trouveras Joe Hill. ».
Les chansons d’amour et de fraternité se succèdent.
The Who, avec un extrait de leur opéra-rock « Tommy
», susurrent : « Regarde-moi, sens-moi, touche-moi,
guéris-moi. En t’écoutant, j’entend la musique…J’escalade
des montagnes…Je me sens revivre. ». Et Joe Cocker, «
with a little help from my friend », se fait porte-parole
d’un idéal qui laisserait entrer le soleil en toute circonstance.
L’apothéose du festival, après « Summertime
» de Joplin, est offert à Jimi Hendrix qui jouera l’hymne
national des Etats Unis, et s’envolera avec « Purple Haze
», touchant le ciel de son électrique doigté.
Gambadant à travers ce folk magique, croyant
en l’utopique oubli de la société, je repris l’écoute
de mes vieux vinyls, bien décidée à vous en
faire quelques articles !
Dès lors, mon discours demeurera le même : le rock,
fondateur et dévastateur de ce que nous sommes.
Karine.F