Les Victory Music Awards.
Mes amis, à vos agendas ! Le 15 février
prochain va avoir lieu la sempiternelle cérémonie
des Victoires de la Musique avec son lot de remerciements et de
non-évènements que cette « fête »
des professionnels de la profession a l’habitude de nous concocter.
Une manière de revenir sur ce que l’on
peut considérer comme un attrape-nigaud de petite envergure
ou comment nous persuader que la scène musicale française
se porte au mieux.
En rouge et noir.
18 ans, quel bel âge ! En général,
c’est celui de la majorité mais ici il faut bien l’avouer
c’est loin d’être celui de la maturité. Adapté
des awards anglo-saxons, les Victoires sont crées en 1986.
Cette année-là, les professionnels ont récompensés
comme révélation et comme artiste féminine
Jeanne Mas. Tout un programme. C’était la « toute toute
première fois » et la couleur était d’ores et
déjà annoncée : la musique française
était en rouge et noir. Le rouge de la colère et le
noir du deuil pour ceux qui aiment la musique.
Suivrons d’autres grands artistes tels Gold,
Corinne Hermès (lançons un avis de recherche) et la
célèbre Stephend, une vraie révélation.
A la base, tout est dit dans le titre du trophée.
Ce n’est pas une récompense (un award) que l’on décerne
mais une Victoire de la musique, comme si cette dernière
allait sortir grandie à la fin de la soirée, ce qui
est loin d’être gagné.
Quand la musique est bonne ?
L’année dernière on s’était
souvenu de la nomination des L5 comme révélation ;
les dirigeants avaient alors déclaré que si Star Academy
et son album de reprises n’était pas nominé, c’était
parce qu’ils privilégiaient la création musicale.
C’est peut être aussi pour cela que l’on
retrouve cette année Patriiiick et son album de vieillerie
(trois prix éventuels); euh, la création musicale
vous dîtes ?
Autant le dire, la liste des nominations est
un peu foutraque ; les Rita Mitsouko comme artiste féminine
de l’année (pauvre Fred Chichin), Doc Gyneco dans la série
hip-hop… Christophe, quant à lui est nommé comme artiste
masculin ; son actualité fut de sortir un album live (c’est-à-dire
pour simplifier un best of), ce qui a paru plus intéresser
le jury que son précédent opus. A la vue des artistes
présents sur les listes nominatives, plusieurs questions
sont en suspens : Y aurait-il dans notre douce France un manque
d’artistes si bien que le jury recycle toujours les mêmes
(Johnny, Bruel, Bashung…) On peut aussi se demander si nous fêtons
les Victoires de la musique ou de la francophonie. Sans mettre en
cause leur talent, Natasha St Pier, Arno ou Lynda Lemay ont-ils
besoin de faire partie du palmarès ?
Enfin, on peut aussi s’étonner de grands
absents ; bien sûr on ne peut pas nommer et encore moins récompenser
tout le monde ; mais où est Avril (prix Constantin) avec
son très réussi That horse must be starving,
où est Katerine qui nous a emmené au 8ème
ciel, et Dionysos qui est peut-être le meilleur groupe
de scène dans l’hexagone.
Crache ton venin.
Les surprises pourraient donc venir des artistes
si elles ne viennent pas de la cérémonie. On se souvient
l’année dernière de la présence de Noir Désir,
ce qui est déjà un évènement en soi,
et de leur lettre adressée à Jean-Marie Messier.
Mais qu’attendre cette année ? Il y aura
sans doute une ovation pour Renaud, des cris hystériques
pour notre Johnny national à moins que ce soit pour le «
panta-Bruel ». Consensuel quand tu nous tiens.
Et ? Et bien chez nous pas de Kylie à
tenue légère pour enthousiasmer médias et public
( à moins que Maurane s’y essaie) ; nous n’aurons pas droit
non plus à des duos surprenant à la Bjork/PJ Harvey
ou Eminem/Elton John. Quant à des tentatives musicales (on
se souvient du premier bootleg officiel où lors des Brit
Awards New Order avait revisité Kylie Minogue), ne rêvons
pas, nous sommes en France…
Donc quand Lorie chantera avec Bertrand Cantat
et que Joey Starr rappera sur du Katerine, n’hésitez pas
à me faire signe !
C’est sûr, ce n’est pas la présentation
du duo Drucker-Delarue qui va apporter un souffle nouveau sur cette
future morne soirée. Ils sont là pour nous rappeler
que le Zénith servira de décor à une émission
de variétés et que pour ce qui est de la création
musicale, on verra une autre fois.
Les NRJ music awards et autres multiples cérémonies
sous la houlette de M6, MCM ou MTV ont déjà moultement
récompensé cette année Indochine et Renaud
; on peut craindre que les Victoires fassent la même chose,
les professionnels de la profession voulant sans doute se raccrocher
au goût du public ; mais avec la profusion de cérémonies
et de trophées, le rôle des Victoires est sans doute
à remettre en cause s’ils n’arrivent pas à se démarquer.