Syd Matters : A whisper and a sigh
(Third side / Chronowax / V2 music)
Un petit nouveau de la pop vient de débarquer.
Son nom ? Syd Matters. Elu « révélation
de l’année 2003 » par les lecteurs des Inrocks, invité
à la route du rock de St Malo, au Festival Inrocks /Nokia,
encensé par la presse spé pop-rock, le jeune Syd a,
à première vue, tout pour réussir…
Je prends le disque, l’insère dans ma platine, et là…
Je me mets à somnoler… Bienvenue dans l’univers kitch seventies,
à mi-chemin entre les délires maniaco-dépressifs
de Pink Floyd (époque Syd Barrett) et la joyeuse atmosphère
de l’Alan Parson’s Project…
Pour réactualiser un peu les références,
si votre jeunesse vous a privé de ces mémorables moments
musicaux, disons que c’est à mi-chemin entre Air et
Grandaddy, avec des soupçons de Thom Yorke
qui aurait appris à chanter juste…
En clair, c’est vu, revu et non corrigé. On croit que
ça va partir, mais on attend, on attend, on attend, encore
et toujours, et rien ne se passe.
Certes, je me dois de revenir à la raison : les mélodies
sont belles et originales (en clair, ce n’est pas un ersatz des
groupes précédemment cités, ou du plagiat de
type copié-collé), les arrangements très fouillés.
Le jeune Syd ayant été à la pêche aux
instruments analogiques made-in-70’s. Un vocoder par ici, un rhodes
par là, des guitares enregistrées à l’envers,
des reverbes poussées à fond sur les voix…L’atmosphère
est mélancolique au possible, ce qui n’est pas si désagréable.
On sent bien que le jeune Syd a été nourri à
la pop psyché par intraveineuses. Mais…
Décidément, Syd Matters n’en a pas fini de m’étonner.
En recevant le disque, je ne me suis même pas posé
la question. Syd Matters ? Encore un anglais qui fait de
la brit pop. Oh joie ! Moi qui adore ça. Mais en fouillant
un peu, je découvre que le Syd en question se prénomme…
Jonathan Morali. Il a 23 ans et, sur cet album, il cumule
les fonctions suivantes : auteur, compositeur, interprète,
guitariste, bassiste, batteur (enfin boite à rythmes), percussionniste,
claviériste, choriste. En plus, il a enregistré chez
lui, quelque part à Paris, dans la plus grande tradition
de la pop.
Alors là, je me reprends et m’incline devant tant de qualité(s).
Bon… Maintenant, en toute franchise Jonathan : mets les doigts dans
la prise, et ta musique gagnera un peu en énergie !
Les fans des groupes précédemment cités
risquent d’adorer. Jamais album n’aura autant mérité
son nom. « A whisper and a sigh », un
chuchotement et un soupir… Doucement, très doucement…
Dernier point : la pochette et le livret sont magnifiques, et
justifient, à eux seuls, d’acheter ce disque.
Site officiel : www.sydmatters.com
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