Alain Souchon : J’ai dix ans
Eternellement jeune, discret, fragile, sympa. On pourrait
résumer le personnage d’Alain Souchon par ces quelques mots.
Cet amoureux de la nature et des petits bonheurs simples est l’un
des rares artistes qui sait prendre le temps pour écrire
ses albums et pour effectuer ses tournées. Et c’est en prenant
ce temps qu’il réussi à si bien mettre en musique
son univers et qu’il séduit le public à chaque rencontre.
Né à Casablanca en mai 1944, Alain Souchon, de
son vrai nom Alain Kienast, ne restera au Maroc que jusqu’à
l’âge de 6 mois. Arrivé à Paris, il montrera
rapidement que l’école n’est pas sa grande passion, et que
c'est en vacances à la campagne qu’il est vraiment heureux.
En 1959, sur la route de retour des vacances, la famille d’Alain
est victime d’un accident qui causera le décès de
Pierre, le père d’Alain, professeur d’anglais.
Marqué profondément, c’est par sa mère et
sa grand-mère qu’il sera élevé. Sa mère
écrit des romans de gare pour permettre à la famille
de vivre. C’est par l’intermédiaire de sa grand-mère
que la musique entrera dans la vie d’Alain. La radio est continuellement
en marche à la maison et c’est les grands noms des années
60 qui vont le marquer.
Envoyé en pension pour améliorer ses résultats
scolaires, Alain s’intéresse plus à la poésie
et à l’écriture qu’aux matières plus empiriques.
En 1961, il est envoyé dans un lycée français
de Londres. Il ira bien à Londres, mais l’inscription d’Alain
dans le lycée français n’aura pas lieu. Il reste donc
à Londres et trouve quelques petits boulots, mais surtout
il commencera à écrire ses premières chansons
pour des amis. Il restera en Angleterre durant un an et demi.
C’est passionné de musique et remplit d’ambition qu’il
revient en France. De nombreuses auditions et des concerts dans
cabarets de Paris ne suffiront pas et Alain retrouve le chemin des
petits boulots. Il perd quelque peu ses ambitions. Mais en 1969
il rencontrera Françoise et l’épousera en 1970. C’est
elle qui le poussera à garder confiance en lui, et c’est
un an plus tard qu’il obtiendra un premier contrat. Les deux premières
chansons d’Alain Souchon voient ainsi le jour : Je suis un voyageur
et Un coin de solitude. Ses premiers écrits ne trouveront
pas vraiment leur public.
En 1973, il est remarqué par le directeur artistique de
RCA qui l’encourage de chanter lui-même une chanson qu’il
vient d’écrire et qui était destinée à
Frédéric François. L’amour 1830 sort donc et
est présenté au concours de la Rose d’or d’Antibes.
Un concours qui s’avère être truqué, les journalistes
qui dénoncent la supercherie attribuent à Alain le
Prix Spécial de la Presse. Premier signe du succès.
C’est l’année suivante, en 1974, que la carrière
d’Alain Souchon va réellement débuter. En même
temps qu’un autre jeune artiste : Laurent Voulzy. Leur première
collaboration pour l’album J’ai dix ans va faire connaître
Alain au grand public. L’extrait du même nom est un véritable
succès. Ce qui lui permet en 1975 d’assurer la première
partie de Jean-Jacques Debout sur la scène de l’Elysée-Montmartre
et de l’Olympia. Le second album, Jamais content, nouvelle collaboration
complète entre les deux hommes apportera de nombreux succès
: Allô Maman Bobo, Poulailler’s Song et bien sûr Jamais
content. Pendant ce temps Laurent Voulzy connaît aussi ses
premiers succès écrits par … Alain Souchon.
Deux autres albums en 1978 et 1980 vont apporter de nouveaux
succès : Le Bagad de Lann Bihoue, Rame,… De nouveaux concerts
et un nom écrit en majuscules rouges pour un nouveau passage
à l’Olympia mais cette fois en artiste principal. Il continue
aussi les collaborations artistiques en écrivant entre autres
certains textes de Michel Jonasz.
Un nouvel univers attire Alain : le cinéma. Il a déjà
écrit les chansons de certains films sur ses derniers albums
et une carrière d’acteur le tente. Plusieurs rôles
s’enchaîneront aux côtés de Gérard Depardieu,
Catherine Deneuve et Isabelle Adjani dans Je vous aime et L’été
meurtrier.
En 1983 sort On avance, nouvel album écrit en collaboration
avec Laurent Voulzy mais aussi Louis Chédid et Michel Jonasz.
Il est suivi d’une série de concert à l’Olympia et
dans toute la France. C’est comme vous voulez sort en 1985, un album
avec certaines chansons un peu moins sages, qui va connaître
avec La ballade de Jim et J’veux du cuir, un nouveau succès.
Nouvelles prestations sur scène avec un nouveau spectacle
en collaboration avec Véronique Sanson.
Nouvelle escapade cinématographique, qui sera suivie en
1989 de la sortie de Ultra Moderne Solitude, toujours avec le même
collaborateur fidèle. Il sera couronné d’une Victoire
de la Musique pour la chanson Quand j’serai KO. Nouveaux spectacles
dont l’émotion sera retranscrite à l’occasion d’un
album live en 1990 : Nickel. Puis c’est en attendant quelques années
qu’Alain va écrire les titres d’un nouvel album qui lui fera
connaître un nouveau succès considérable : C’est
déjà ça. Sorti en 1993, c’est un album plus
engagé, l’énorme succès de Foule Sentimentale
et de l’Amour à la machine n’est plus à souligner.
Il s’engage en même temps aux côtés d’autres
chanteurs pour la lutte contre le Sida avec le projet Sol en si.
Il obtient en 1994 deux nouvelles Victoires de la Musique. L’Olympia
pendant presque un mois, puis le Zénith et une tournée
à travers toute la France qui sera conclue par un nouvel
album live : Défoule Sentimentale.
Quelques années d’écriture amèneront la
sortie de son dernier album fin 1999 : Au ras des pâquerettes.
Un style plus mélancolique pour de nouveaux succès
: Le baiser, Rive Gauche. Il entame une nouvelle tournée
qu’il veut un peu plus tranquille, il veut prendre le temps de faire
cette tournée sans être pressé.
Une carrière déjà bien remplie avec, en
plus, ses collaborations aux différents concerts et tournées
des Enfoirés. Difficile donc de choisir les titres présent
sur une récente compilation qui comporte également
un inédit : La vie ne vaut rien. C’est peut-être un
bon résumé de l’ensemble de ces textes : une vie qui
ne prend de l’importance que par l’amour, les plaisirs simples et
l’insouciance, qui font qu’au final « rien ne vaut la vie
».
Site web officiel : http://www.alainsouchon.net/