En attendant le festival "Sous le soleil
exactement"
A partir de cette année, la Dracénie pourra
s'enorgueillir de compter un nouveau festival. Prévu les
14,15 et 16 Août, le festival "Sous le soleil exactement"
est bien parti pour faire un carton. Il faut dire que voir débarquer
Yuri Buenaventura, Kana, Tryo et Popa Chubby à Draguignan
relevait, jusqu'à présent, du rêve…Mais ce rêve
est en passe d'être réalisé. La jeunesse jubile,
et toute la région de Draguignan est désormais en
effervescence…
Que faire le 15 Août à Draguignan lorsqu'on
vient d'avoir 17 ans ? Réponse : rien. Michel Martig,
producteur parisien ayant une résidence d'été
dans la région, en est arrivé au même constat.
Doté d'un fort caractère, il l'a mis a contribution
en allant voir les élus locaux, et en leur proposant une
idée qui aurait pu paraître folle : un festival à
Draguignan. Et grand bien lui en a pris, car d'après ce que
j'ai pu constater lors de la conférence de presse donnée
il y a quelques jours, les élus locaux, et notamment la municipalité,
ont un peu de mal à comprendre la logique et l'intérêt
d'un événement musical de cette ampleur. Certaines
réflexions entendues à cette occasion seront compilées
dans notre bêtisier de l'année…
Pour ce faire, cet ancien manager de Bernard Lavilliers a réuni
quelques-uns de ses "copains" comme il se plaît
à le dire, parmi lesquels Jean-Michel Boris, ancien
directeur de l'Olympia, salle o combien mythique du Bvd des Capucines,
pendant 46 ans. Inutile de vous préciser que les élus
ont été sensibles à ces références…
Plusieurs mois plus tard, le Parc Haussmann s'apprête à
ouvrir ses portes pour le festival "Sous le soleil exactement".
Prévu les 14,15 et 16 Août prochains, la première
édition de ce festival vise clairement un public éclectique,
grâce à une programmation alliant les musiques "chaudes",
le blues ou le rock.
Le festival commence sur les chapeaux de roues avec une soirée
salsa. Barbarito Torres et Yuri Buenaventura vont
se partager la scène. Le premier arrive de Cuba, et débarque
en France pour la première fois en solo. Son nom ne vous
dit peut-être rien, mais sachez que Barbarito Torres
faisait partie du collectif Buena Vista Social Club, et est surnommé,
par les amateurs de salsa : "el rey del laud" (le roi
du lud). Précisions que le quotidien américain "New
York Times" a même osé une flatteuse comparaison
avec une légende du rock'n'roll, puisqu'il l'a surnommé
le "Chuck Berry cubain" !
Le second est un habitué de la région où
il aime à se produire. Yuri Buenaventura nous revient
avec un troisième album aux sonorités colombiennes
: son, salsa, tango, paso… Celui qui a tout abandonné pour
se consacrer à sa passion, la musique, a été
révélé au public français par une étrange
version d'une des chansons les plus tristes du répertoire
français : "Ne me quitte pas", du grand
Jacques. La suite, on la connaît : il est le premier artiste
salsa à être disque d'or. Celui qui a débuté
sa carrière avec (et même grâce à) Tito
Puentes et Orlando Poleo va multiplier les aventures musicales,
et va oser reprendre des chansons d'Elton John ("Your song"
devenue "Tu cancion"), de la Mano Negra ("Mala
vida"), de Michel Fugain ("Une belle histoire"),
ou de Michel Legrand ("La chanson des jumelles")…
Précisons que cette soirée sera un vibrant hommage
à deux grands de la musique "caliente" qui viennent
de nous quitter : Compay Secundo, leader du Buena Vista Social
Club, qui fut révélé au grand public l'année
de ses 90 printemps, et Celia Cruz, surnommée la "Reine
de la Salsa".
Le deuxième jour sera orienté reggae / ragga avec,
en tête d'affiche, Kana et Tryo. La production
du festival a cru bon de préciser "Kana, classé
au Top 50". Inutile ! Qui ne connaît pas Kana
? Qui ne s'est pas surpris, un jour de Mars, à fredonner
"j'ai des petits problèmes dans ma plantation…".
Leur histoire relève du conte de fée. Après
un premier album quasi-confidentiel (40 000 ventes), Kana a la bonne
idée de remporter le tremplin musical qu'il faut : celui
de l'Elysée Montmartre. Le premier prix était une
participation au Garance Reggae Festival à Bercy, et vous
savez quoi ? Ils ont gagné ! Les voici à Bercy, devant
15 000 personnes. A l'issue de ce concert, le doute n'est plus permis
: Kana est LE groupe qui monte. Direction Dakar, pour enregistrer
leur deuxième album, "Entre Frères", dans
les studios de Youssou N'Dour. Quelques mois plus tard, leur single
"Plantation" s'était vendu à plus
de 300 000 exemplaires. Le succès, ça pousse comme
ça… Après avoir mis le feu à Cannes (voir par
ailleurs…), il y a quelques semaines, les 7 musiciens de Kana viendront
répandre leur chant "aromatique" à Draguignan…
Les 4 musiciens de Tryo, quant à eux, représentent
clairement la chanson festive engagée. Délicieux mélange
acoustique, ils n'hésitent pas à dire tout haut, et
en mélodie s'il vous plaît, ce que les autres pensent
tout bas. Leur dernier album, "Grain de sable" remet les
idées en place…
Comme dans tous festivals, enfin comme dans tous les festivals
qui sont plus intéressés par l'artistique que par
le financier, place est faite aux groupes locaux. Cette année,
Raspigaous (venant de Marseille, comme le précise
la production) et les Parkinsonians (venant de Fayence) auront
la chance de se produire en ouverture de la soirée reggae
pour les premier, et de l'ultime soirée pour les second.
Et cette ultime soirée, le 16 Août, verra débarquer
le roi du blues bien gras : Popa Chubby. Que dire sur Popa,
qui m'a enchanté lors du Nice Jazz Festival 2002 ? Il est
l'inventeur, et le seul représentant, du New York City Blues,
"une musique crue, urbaine et qui t'en met plein la gueule.
Un truc vrai, réel, honnête, sans perte de temps, no
faux-semblant". En clair : ça te rentre dans le
lard ! L'idole de la presse spécialisée blues viendra
distiller la bonne parole à Draguignan. Son dernier album,
"Live at fip", fait un carton dans les charts…
La production a précisé que cette soirée
serait une soirée "surprise"… Et la surprise a
été révélée il y a quelques jours,
à l'occasion d'une conférence de presse, au cours
de laquelle on a pu mesurer l'impact du festival sur les esprits
: c'est un vrai feu d'artifices. En effet, après le feu d'artifices,
prévu aux alentours de 22h30, deux groupes aideront les derniers
fêtards à terminer la nuit : Karma 'Sutra, qui
fait de la musique à déraciner les arbres centenaires
du Parc Haussmann, et Junior Sound System, champions de France
des sound system, comme la production aime à la préciser…
C'est un peu dommage d'avoir programmé des artistes après
la tête d'affiche, mais, au moins, il y en aura pour tous
les goûts.
Quoiqu'il en soit, la bonne surprise vient du prix : 24
euros en prevente, 25 euros le soir-même… Les habitués
des festivals, comme moi, peuvent apprécier ce tarif à
sa juste valeur : ce n'est vraiment pas cher ! A titre de comparaison,
le prix moyen des locations dans les autres festivals de la région
oscille entre 30 et 35 euros… Alors… Ne vous privez pas !
Site officiel du festival : www.ambfrance.com/soleil