Shirel : Tous les chemins
(Pomme Music)
Des chemins, Shirel en a déjà suivi
de nombreux. Du haut de ses 25 ans c’est en effet entre Israël,
France et Etats-Unis qu’elle a parcouru le monde. Avec quelques
incursions en Chine, le titre de ce premier album ne pouvait être
mieux choisi. Avertissement : vous constaterez sûrement que
je manque cruellement de superlatifs pour me permettre de ne pas
en répéter certains au cours de cet article.
C’est en Israël que Shirel (Jennifer Jeane Djaoui)
voit le jour. Elle est directement plongée dans le milieu
artistique puisqu’elle est la fille du producteur André
Djaoui et de la chanteuse Jeane Manson. Elle passe les
premières années de sa vie entre la France et les
Etats-Unis. Elle entame des études jusqu’au bac à
Paris. Puis c’est vers ses origines qu’elle se tourne en suivant
des cours d’Hébreu en Israël. Elle se sent très
attirée par les enfants et se destine à un avenir
dans la puériculture. Mais elle se tourne finalement vers
l’école musicale de Rion à Tel Aviv afin de suivre
ses envies de devenir chanteuse.
La musique vient, bien sûr, marquer cette enfance puisqu’elle
va souvent suivre sa mère dans les tournées et les
concerts. Et c’est dès l’âge de huit ans qu’elle va
interpréter la chanson Maudit Bobby, en duo avec sa
mère. L’expérience se renouvellera en 1994 lors d’un
grand concert de Jeanne Mason à la salle Gaveau avec
la chanson Un enfant est né. Elle remporte également
plusieurs récompenses lors de ses participations à
des concours.
Puis c’est la France qui va lui tendre les bras. Des
auditions ont lieu à Paris afin de trouver une nouvelle artiste
pour se glisser dans la robe verte d’Esmeralda dans le spectacle
musical de Luc Plamondon et Richard Cocciante, Notre-Dame
de Paris. Profitant de vacances dans la capitale, elle se présente
et est choisie pour être la nouvelle Esmeralda. Elle interprétera
ce rôle pendant plus de quatre mois au Théâtre
Mogador à Paris. Puis en tournée en France, Belgique
et Suisse pendant presque six mois. C’est ensuite vers la Chine
que se poursuivra la tournée pour une série de représentations
à Pékin et Shanghai. C’est aujourd’hui son premier
album en solo qu’elle nous propose de découvrir.
On remarque sur cet album des noms déjà très
connus. En directeur artistique, on retrouve Didier Barbelivien
qui signe la plupart des textes présents sur l’album. Manu
Katché fait également partie de l’aventure puisqu’il
a composé un des titres. Jean-Pierre Taïeb, déjà
très présent aux côtés de Nourith,
s’investit également pour la guitare de la plupart des morceaux.
Signalons aussi la présence de Christophe Deschamps
à la batterie, pour quelques titres.
Les rencontres artistiques de Shirel lui ont également
permis de rassembler des amis sur ce disque. Deux duos qui sont
des moments très forts de l’album sont à découvrir.
En premier lieu pour la chanson Le Duo aux côtés
de Jérôme Collet, qui interprétait le
rôle de Quasimodo à ses côtés dans la
troupe de Notre-Dame de Paris de Mogador jusqu’aux portes
de la Chine. Puis pour l’autre titre Des anges aux yeux si doux
cette fois avec Yaël, qui jouait Miryam dans
la comédie musicale Les Dix Commandements.
Mais les complices de ces duos ne se contentent pas d’interpréter
une chanson puisque Yaël a participé à
la composition de quelques titres de l’album. Quant à Jérôme
Collet, il est l’auteur des paroles du titre Pluie de roses.
C’est donc très bien entourée que Shirel a
pu nous offrir son premier album. De plus, il faut signaler qu’elle
ne se contente pas d’interpréter les titres. Elle en a également
composé plusieurs.
Elle est passionnée par les comédies musicales
et aussi par la musique seventies. On peut d’ailleurs citer Joni
Mitchell parmi ses artistes préférés. On
retrouve ainsi la reprise de certains titres qui ont marqués
cette période. Le premier extrait de l’album À
17 ans est à l’origine une chanson Janis Ian (At
Seventeen) adaptée. Quelques années plus tôt,
Claude François avait déjà repris ce
titre en français. Odd to Billie Joe vous dira sûrement
quelque chose puisqu’il s’agit de la version originale d’un titre
de Joe Dassin, La Marie-Jeanne. C’est donc une superbe
interprétation de la version originale de Bobbie Gentry
qui vous attend sur cet album.
Mais les autres titres sont également de vrais
moments de bonheurs. On voyage entre Woodstock et Jérusalem,
entre ballades amoureuses et déclarations d’amour ou
d’amitié. Sans jamais devenir lassant par des mélodies
variées plus « variétés » avec
Tous les chemins et Woodstock, ou plus intime avec
Un roman par jour. Les magnifiques duos et la reprise en
anglais viennent apporter à la diversité de l’album.
Je finirai par citer les morceaux qui m’ont le plus marqués.
Jérusalem avec un texte magnifique, Woodstock
pour un côté un peu plus « variétés
», la reprise d’Odd to Billie Joe et également
le sublime duo avec Jérôme Collet. C’est un
album qui ne peut se comparer à rien d’autre… A découvrir
très rapidement.
La formule consacrée qui est utilisée quand le
fils ou la fille d’un artiste connu fait ses premiers pas dans la
musique est « il lui reste maintenant à se faire un
prénom ». Je n’oserai même pas l’utiliser ici
(et n’aurait même pas du l’écrire…) puisque Shirel
nous apporte déjà, dans cet album, toutes les preuves
pour nous montrer qu’elle a le talent pour voler de ses propres
ailes et on l’espère pour très longtemps.
Site officiel : http://www.shirel.net
Shirel : Tous les chemins (Pomme Music / Sony Music)
1. Tous les chemins
2. A 17 ans
3. De l’Irlande
4. Moi je l’aime
5. Des anges aux yeux si doux
6. Un roman par jour
7. Le Duo
8. Pluie de roses
9. Woodstock
10. Odd to Billy Joe
11. Jérusalem