William Sheller
La musique sous toutes se formes…
William Sheller est une exception de la
musique en France : il suffit de jeter un coup d’œil à sa
biographie et d’oreille à sa production pour en convenir.
Si sa petite enfance est bercée de jazz -
son père, Jack Hand, est contrebassiste - , c’est dans le
domaine du "classique", de la tradition savante, que Sheller
fait ses armes : à onze ans, déjà "trop
vieux" pour devenir pianiste, il se tourne vers la composition.
Il apprendra ainsi l’harmonie, le contrepoint, la fugue et… le latin
(!) avec Yves Margat, un élève de Fauré…
Celui que son maître de musique voyait déjà
Prix de Rome fait alors une rencontre qui bouleversera tout : les
Beatles. À son élève si doué et chargé
de tant d’espoirs, qui s’est désormais mis en tête
de faire du rock’n roll, Yves Margat dira : « Avec le bagage
que vous avez, vous n'allez tout de même pas faire le saltimbanque....!
»… Et pourtant oui. Et c’est grâce à cette décision
"blasphématoire" que nous devons tant de bonheurs
musicaux.
William ne se détournera heureusement jamais de cette
musique savante qu’il maîtrise si bien, et qu’il saura allier
à d’autres genres plus populaires pour le plaisir de nos
tympans. C’est d’ailleurs pour ses compétences d’orchestrateur
que Barbara fait appel à lui, après avoir entendu
la messe qu’il a offerte en cadeau de mariage à un couple
d’amis ("Lux Æterna") : elle lui confiera "La
Louve"…
Le talent de Sheller sera très vite reconnu,
et le auteur-compositeur saura fidéliser un public d’inconditionnels.
Dire quel est son meilleur album ? Impossible. Dans Sheller, tout
est bon - qui a osé dire « comme dans le cochon »
?! : citer quelques préférés reste faisable.
Pour ceux qui ne connaissent pas - ce qui demeure assez inconcevable
- , il est bon de recommander l’écoute d’ "Univers",
de "Sheller en Solitaire", d’ "Ailleurs" ou
encore de son dernier en date, "Les Machines Absurdes".
L’oreille ne s’en lasse pas, et des titres comme
"Un Homme Heureux", "Darjeeling", ou encore
"Le Nouveau Monde" et "Excalibur" ne peuvent
plus jamais s’oublier. D’une certaine manière, on peut dire
que Sheller participe d’un "progrès" de la musique
- si progrès il peut y avoir en art - , en ceci que, dans
ses alliages de musique d’expression classique et de musiques populaires,
jamais les genres et styles mis en œuvre ne sont galvaudés
; ils prennent au contraire une "texture" particulière,
inédite, rare…
Une exception, donc. William Sheller connaît
la musique, sous toutes ses formes, et il nous tarde qu’il le montre
derechef par un nouvel opus. Patience…
Jean-Marc F.