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HELENE SEGARA
Il y a une vie après la vague Comédies
musicales... C’est du moins ce que laisse entendre et espérer
- pour eux !... - le parcours d’Hélène SEGARA, laquelle
caracole actuellement en sixième place du top-single avec
son nouveau tube typé Fado Elle, tu l’aimes, et en quatrième
place des ventes avec son jeune album « Au nom d’une femme
».
Mais du haut de ses 27 ans, notre Belle n’en est
pas à son premier miracle...
Réchappée du programme “manège
enchanté” (à savoir : un p’tit tour et puis s’en va)
habituellement réservé aux guimauves de l’été,
son premier titre phare, Je vous aime, adieu, n’est pas parvenu
à l’ensevelir pour jamais... - bref, un premier miracle.
Relancée par Vivo per le, son duo - moins
live que virtuel... - avec Andrea Bocelli, ténor de variété
alors très en vue, Hélène prend bientôt
à son compte le rôle d’Esmeralda, lâchement (ou
prudemment) lâché par Noa, et y connaît le succès
et la fatigue que l’on sait... avec perte de voix à la clef.
Mais c’est compter sans la rescousse de Céline Dion (bonne
copine) qui, à l’issue d’une représentation de Notre-Dame
de Paris, lui conseille de consulter sans tarder phoniatres, orthophonistes
et rééducateurs... Et alors que tous ces messieurs
lui dressent un constat alarmiste, un spécialiste états-unien
finit par secourir ses précieuses cordes vocales en collaboration
avec les chirurgiens français - hé, hé !...
second miracle...
Cependant, Orlando (le frère de Dalida et
pygmalion d’Hélène) n’est peut-être pas étranger
à ces coups de pouce du sort. Car le grand garçon
veille au grain avec un scrupule et une attention toute méditerranéenne,
et ne modère pas ses efforts pour sa petite protégée.
Tout semble, en effet, calibré au millimètre près
pour lui concocter une image nébuleuse de femme romantique,
intouchable, tout droit venue d’un autre siècle : grandes
robes de princesse et dentelles, cheveux ondoyants (qu’elle arbore
grenats aujourd’hui), mélodies simples et sucretées,
thème quasi-unique de l’amour (avec toutes les gammes du
pleurant, du pathétique à l’impossible, en passant
par le dangereux). Ajoutez à cela des inflexions vocales
langoureuses et plaintives, un timbre doux, limpide, avec je-ne-sais
quoi de granuleux-sensible (disons, genre pâte brisée...
les gourmands comprendront !) : le style Segara est rodé
pour toucher tous les coeurs (de verre...) et jusqu’aux plus coriaces,
tendres comme la mousse devant la gente dame, délicate et
gracieuse, suave et naturelle.
Car le plus grand secret d’Hélène,
outre sa jolie voix, est certainement d’incarner, à la fois
que la fée lunaire, la femme populaire, petite voisine de
palier, simple et sans chichis, mère de famille modèle,
protectrice et prude, croisée chaque matin dans la cage d’escalier,
l’ascenseur, la p’tite supérette ou la porte de la grande
école... Idéale et proche, lointaine et familière,
Hélène Segara se définit elle-même comme
une femme entière et franche, sans concession - trait de
caractère qui, dit-on, ne l’aurait pas toujours servie dans
son métier, mais bon... Qu’à cela ne tienne, c’est
comme ça qu’on l’aime et, coups de gueule ou pas, Hélène
est bien là, et son second opus s’annonce comme un tournant
de popularité.
Contact renoué avec ses fans, revenus de leur
inquiétude et de leur impatiente curiosité lors de
la médiatisation de son premier single Il y a trop de gens
qui t’aiment (où chacun a pu vérifier sa parfaite
remise en forme), l’ex-Esméralda semble s’évader
pour un triomphe unanime - succès dûment gagné,
puisque après avoir peaufiné aux Etats-Unis le travail
vocal de ses morceaux avec l’un des répétiteurs de
Céline Dion, c’est là-bas qu’Hélène
et toute son équipe ont préparé et enregistré
« Au nom d’une femme ». De belles atmosphères,
doucereuses bien sûr, mais aussi orientales, celtiques (Mrs.
Jones), ou plus groovantes (Parlez-moi de nous) ; la qualité
sonore et le travail de studio font le reste et l’heure passe, agréablement...
Le tout est enchanteur, nacré - un bonbon rond au miel.
Toutefois, le timbre d’Hélène, qui
est original, mériterait sans doute un support harmonique
moins prudent et convenu ; souhaitons pour ce faire qu’on ne la
cantonne pas ad vitam eternam à ce style “roman-photo” qui
finirait par devenir franchement mièvre, lourd et sans charme.
Pour l’heure, les ragots sur sa vie privée et son Roméo
de Jules tournent et, aussi douteux soient-ils, la préservent
de l’indifférence du public boutonneux !
Qu’on lui tresse encore des lauriers - mais pour
son travail cette fois !... A noter, sa jolie prestation dans l’album
consacré à la mémoire de Balavoine avec Pour
la femme veuve qui s’éveille, et sa participation à
la soirée des Enfoirés 2000. La petite a fait du chemin
depuis ses premières lamentations et elle s’est inscrite
en force dans l’univers de la chanson française. Qu’elle
ne s’arrête pas là !... Son Olympia est attendu pour
les 23 et 24 octobre 2000. Avis...
Virginie.B