MIDEM : Conférence de presse Robbie
Williams
Samedi 18 Janvier, 14h30, Hôtel Carlton, Cannes.
Il a vendu 5 millions d’exemplaires de son dernier album,
« Escapology », sortit le 18 Novembre. Selon les statistiques,
il est l’artiste qui vend le plus de disques en Europe. Robbie Williams
a tout pour être heureux. En plus, il vient de re signer avec
sa maison de disques, EMI, laquelle lui a offert une avance sur
recette estimée à 150 millions d’euros. Normal donc
qu’il se le joue star, n’hésitant pas à débarquer
dans le salon où se déroule l’interview affublé
d’une paire de lunettes noires qu’il ne quittera pas. D’entrée,
il donne le ton : « Bonjour Messieurs-Dames, je
suis Robbie Williams, et je me suis couché très tard
cette nuit, donc excusez les lunettes. Beaucoup de personnes ne
s’excusent pas de porter des lunettes de soleil, mais moi oui. J’ai
un peu mal à la tête, alors parlez doucement… Bon,
une question ? »
Robbie est capricieux, mais il sait qu’il peut se le permettre.
C’est pour cela qu’il n’hésite pas à dire qu’une question
ne lui convient pas, à grand renfort de grimaces, ou à
regarder le journaliste dans les yeux avant de lui dire : «
Merci pour votre question super intéressante. Ca m’a fait
réfléchir, je vais en parler à mon psy. »
C’est parti…
Est-il vrai que vous allez vous installer aux Etats-Unis
?
Qui vous a dit ça ? Je ne m’installe jamais nulle part.
Si vous êtes journaliste, vous devriez savoir que ça
fait 10 ans que j’habite Londres.
Oui, mais vous voyagez souvent ?
Peu importe où je suis, mon cœur reste là-bas.
Donc vous ne vous installerez pas aux Etats-Unis ?
Peut être, mais peut-être pas… Je peux être
partout, je suis tellement puissant. Je peux même venir vous
regarder pendant que vous dormez… Désolé, je suis
fatigué, j’ai fait la fête.
Où ça ?
Où j’ai fait la fête ? J’étais au bar de
l’hôtel toute la nuit. En plus, j’arrive de Los Angeles, donc
il y a le décalage horaire…
Pour en revenir à la musique, allez-vous tourner
avec les mêmes musiciens qui figurent sur l’album ?
Oui… Euh, oui !
Et Guy Chambers (NDR : Son compositeur attitré
depuis le début, qu’il vient de virer de son
groupe) ?
Euh, non, sans lui.
Donc il n’y aura pas tous les musiciens qui ont enregistré
l’album ?
Non pas tous, mais il y aura des joueurs de mariachis ! Et un
percussionniste qui vient d’Amérique du Sud.
Pouvez-vous nous parler de la scène ? Comment sera-t-elle
conçue ?
Je ne sais pas encore. J’ai vu des photos hier. Elle est assez
petite, alors que je suis habitué à des scènes
immenses. En fait, ça ne va pas en mettre plein la vue… Il
y aura peut être des feux d’artifices, je ne sais pas encore.
J’ai vu un concert de U2 lors de leur dernière tournée,
et c’était fabuleux. Moi, mes spectacles sont simplistes
par rapport à eux, et j’espère qu’ils seront identiques
un jour !
Que pensez-vous de la piraterie ?
Je ne comprends pas trop… Ah, le fait de télécharger
des chansons ? C’est génial, vraiment ! Personne ne peut
rien y faire. J’ai signé un contrat l’année dernière,
je ne sais pas si vous l’avez lu (NDR : Robbie vient de re-signer
avec sa maison de disques, EMI, laquelle lui a consentie une avance
sur recettes estimée aux alentours des 150 millions d’euros).
J’ai rencontré les patrons de ma maison de disques, et je
leur ai demandé ce qu’ils comptaient faire contre le piratage.
En fait, personne ne savait quoi faire, et j’ai entendu beaucoup
de bla-bla, du style : « on va faire des réunions et
prendre l’opinion de tout le monde à ce propos. » Les
responsables des maisons de disques ne savant pas quoi faire. Je
suis sûr que ma maison de disques me haïra après
ça. Tout comme mon manager et mes comptables !
Combien d’Américains vont acheter votre disque,
car votre contrat est accompagné d’une très forte
avance ?
Euh… En ce qui concerne la taille du « deal », je
ne pense pas qu’une major compagnie comme EMI prendrait un tel risque
si ça n’était pas justifié. On n’est pas au
Casino, ce n’est pas un jeu ! La taille du deal est entièrement
basée sur les ventes déjà effectuées
par mes précédents albums aux Etats-Unis, et dans
le reste du Monde. Je ne pense pas qu’ils diront : « Merde,
on s’est planté. Pour s’en sortir financièrement,
on doit licencier du personnel et fusionner avec Pipi-Caca Records
».
J’ai lu dans un journal…
Non, c’est pas vrai ! (rires) Ca va être intéressant…
J’ai lu dans un journal que le fait de retrouver des bandes
volées aux Beatles, et de les commercialiser pourrait aider
EMI a payer votre avance sur recette.
Vraiment ? Bon, étudions ça. J’ai vendu 28 millions
d’albums, peut-être plus. C’est en bonne voie pour atteindre
30 millions. Si EMI gagne 5£ par album, vous obtenez plus
(NDR : que 150 millions d’euros, montant de l’avance…).
Ils l’ont déjà fait, en fait, la somme est déjà
constituée… Mais, m’emmerdez pas, c’est mon argent. Ils ne
peuvent pas me le reprendre, non ?
Vous avez des actions EMI ?
Non.
Vous allez en acheter maintenant ?
Eh ! Ca devient meilleur.
Que pensez-vous des chanteurs pop français ?
Euh… Je ne veux pas être impoli, mais je ne les connais
pas. Et je ne veux pas être hypocrite en disant que je les
aime alors que je ne les connais pas !
Allez-vous refaire un album avec des standards de jazz
?
Je ne sais pas. Peut-être. Je viens juste de sortir «
Escapology » dont je suis très fier. Maintenant que
j’ai sorti un « vrai » disque, je pourrais ressortir
un disque de swing !
Dans votre clip, « Feel », on vous voit monter
à cheval. Quand avez-vous appris ?
J’ai appris en une demi-heure, la veille du tournage.
Vous avez déclaré que le fait d’enregistrer
« live » l’album « Swing when you are winning
», sur scène avec des musiciens, a changé votre
optique d’enregistrement. Cela se ressent-il dans l’album «
Escapology » ?
En fait j’avais le rêve de tout enregistrer dans des conditions
live, avec un orchestre derrière moi, comme le faisait Sinatra,
mais je pensais que ma voix ne serait pas assez puissante. Pour
l’enregistrement de cet album, j’étais dans les studios Capitol
à Los Angeles, et j’ai donné un concert sous cette
forme, avec un orchestre derrière moi. J’ai réalisé
que je n’étais pas si mauvais. En fait l’album « Swing
» m’a donné confiance en moi, ce qui me manquait. Je
suis un chanteur, en fait. Qui l’aurait cru !
Vous dites souvent que vous n’êtes pas satisfait
de votre voix. Que faites-vous pour surmonter ça ?
Du mime.
Avez-vous besoin de cours de chant ?
J’ai besoin de beaucoup de choses. Chanter devant des stades
remplis, comme j’ai pu le faire à Knebworth, c’est effrayant.
Mais on m’a souvent dit que je ne serais pas courageux si je n’avais
pas peur.
Parlez-nous de votre dernier album, « Escapology
»
J’en suis très fier. Je pense que c’est mon meilleur album.
On attend beaucoup de moi, et j’ai un projet assez ambitieux. J’aimerais
qu’il reste classé longtemps au Top 10. Ca pourrait être
mon « Sergent Pepper’s » à moi (NDR : album
mythique des Beatles), ou mon « Nevermind » (NDR
: album mythique de Nirvana) ou mon « OK Computer »
(NDR : album mythique de Radiohead).
Avez-vous des projets au cinéma, comme Eminem ?
Ca ne m’intéresse pas. Il est bien, j’ai vu le film, et
je suis un grand fan d’Eminem. Je pense que jouer la comédie
est assez idiot. J’ai du respect pour ceux qui le font, parce que
j’aime leurs films, mais je pense qu’un métier qui consiste
à prétendre être quelqu’un d’autre est assez
bizarre !
Donc ça ne vous branche pas de faire l’équivalent
de Ozzy Orbourne, un reality-show ?
Non, pas du tout !
Pensez-vous que le rock revient ?
Euh, non…
Alors qu’est-ce qui arrive ?
Moi, je ne prête pas attention à ce qui arrive,
ou va arriver. Je me contente d’écouter ou d’acheter ce qui
sort.
Vous aimez le hip-hop ?
Oui je chante du « motherfucker Robbie Wlliams »
D’où vous vient cette fascination pour les grandes
actrices, comme Nicole Kidman ?
(Il montre son entrejambe) Ca vient d’ici. J’ai l’habitude de
sortir avec des célébrités, et c’est bizarre
de voir le rapport qu’il y a entre la beauté et la célébrité.
Et voici le lien (il remontre le même endroit).
Projetez-vous d’enregistrer d’autres duos avec des actrices
?
Probablement.
Avec quel chanteur ou chanteuse voudriez-vous faire un
duo ?
Bono. Il est fabuleux. Ses textes sont si profonds et si humains,
il est fabuleux, et j’aimerais vraiment travailler avec lui. Oui
avec Larry, le batteur (NDR : Larry Mullen Jr, batteur de U2).
Pensez-vous sortir un album uniquement avec des duos ?
Je ne sais pas ce qu’il va se passer dans le futur. Pour l’instant
j’ai un album dont je suis fier. Il s’appelle « Escapology
».
Où préférez-vous donner des concerts
? Vous parlez souvent de l’Angleterre…
En Ecosse, en Irlande. C'est le meilleur public.
Pourquoi ?
C'est le plus passionné. C'est celui qui crie le plus
fort. Ils apprécient vraiment le spectacle.
Que représente votre dernier album pour vous ? L'album
de la maturité ?
(Robbie fait semblant de vomir). Désolé
je ne réponds pas. Ca peut vous sembler impoli, mais...
Est-ce qu’il vous aide à devenir plus mature ?
Plus mature ? J’espère pas !
Vous êtes nominé dans plusieurs cérémonies
ce mois-ci, et en Février. Que représentent toutes
ces récompenses pour vous ?
Si le vote est fait par le public, c’est super pour moi. Si ça
ne l’est pas, je considère ces cérémonies comme
un exercice dans lequel il faut que je dise : « j’aime mon
album, écoutez le ! »
Avez-vous le temps d’apprécier toutes ces récompenses
?
Pas trop, non. Ce n’est pas que je ne les apprécie pas,
c’est que je n’ai pas le temps de les apprécier.
Merci à tous. Au revoir…
Quelques heures après, Robbie chantait « Feel
» sur la scène du Grand Auditorium, dans le cadre des
NRJ Music Awards. Il avait enlevé ses lunettes…
Site officiel : www.robbiewilliams.co.uk
Patrice B., live from Cannes.