Rita Mitsouko : La Femme Trombone
(Virgin)
Petits et grands, à vos platines, les Rita remettent le
couvert !
Ces deux là, Catherine Ringer et Fred Chichin,
se rencontrent en 1979 et attaquent dès 80 une série
de concerts. Un grand duo du rock français était né.
Deux ans plus tard ils signent chez Virgin et dès lors, les
succès s’enchaînent. Qui n’a pas remué son derrière
sur « Marcia Baila » ou ne s’est retrouvé entouré
d’amis légèrement imbibés à la tequila
regrettant à tue-tête que « les histoires
d’amours finissent mal en généraaaaaal… »
! Les Rita Mitsouko font partie du patrimoine musical de chacun,
qu’on le veuille ou non.
Deux ans après l’album « Cool Frénésie
» qui a été encensé par la critique et
un an après le prix Roger Seiller du meilleur groupe français,
« La femme trombone » s’est donc glissée dans
les bacs de vos disquaires le 10 septembre 2002. Et cette femme
là ne ressemble pas à une ménagère de
cinquante ans, croyez moi ! Elle serait plutôt du genre trentenaire
festive et inattendue.
Alors que la chanson « Triton » commence à
envahir les ondes radiophoniques, rappelant vaguement mais sûrement
un p’tit train qui s’en allait dans la campagne, la voix de Catherine
Ringer se redécouvre par moments cristalline, notamment sur
le titre « Trop bonne » (qui nous compte l’histoire
de cette fameuse femme trombone) où Dame Ringer monte très
haut dans les aigus. Curieusement et en moins de temps qu’il n’en
faut pour le dire, sur le titre suivant la voix se fait très
basse, limite « je-viens-de-fumer-trois-paquets-de-gitanes-sans-filtre
» (oui parce qu’avec filtre le résultat n’est pas aussi
surprenant !) et l’envoûtement devient total. L’album tout
entier joue donc avec les variations nées au plus profond
de la gorge Ringérienne.
Venons-en aux textes. Bon, ne faisons pas les prudes, ici encore
on a le droit à du vrai Rita.
Les deux premières chansons de l’album se veulent critiques
de la société dans laquelle nous nous retrouvons aujourd’hui.
Le ton est donné dès le premier titre, « Evasion
». Les Rita nous y expliquent que « s’échapper,
s’évader, y’a plein d’affiches où c’est marqué,
alors où est la terre de la liberté ? Choisir
ses chaînes à la télé, en vacances et
ses marques préférées, puisque c’est ça
je préfère dormir à de meilleurs rêves,
je veux dormir pour m’enfuir librement ». On en remet
une couche avec « vieux rodéo » : «
(…) on peut même dîner seule au café et contrôler
notre fertilité mais…attention ça va pas stagner y’a
des forces qui veulent nous rapetisser refaire de nous qu’une chair
à bébé, des humains tronqués de moindre
qualité ». No other coment !
Leur tendance érotico-crue est également largement
présente sur ce nouvel album. Parfois très clairement
dans « tu me manques » (« Quand tu prends ton
couteau pour découper la viande moi je pense à
ce soir quand tu me prendras la jambe » ou encore «
il me parle comme à un pote et hop la main à
la motte, ça flottasse sous ma calotte »), parfois
plus subtilement. Le texte de « trop bonne » en est
un exemple croustillant (non je ne vous le retranscrirai pas, ça
va bien maintenant !).
Aux côtés de ces deux thèmes chers aux Rita
se mêlent bonne humeur (« 1928 »), la recherche
du Prince Charmant (« Sacha ») ou encore la galère
de la déprime (« Ce sale ton »). Bref, il y en
a pour tous les goûts.
Enfin, après la voix et les textes, il nous reste à
jeter un coup d’œil à la musique. Et la surprise ! Elle est
plutôt bonne, le mélange se faisant sucré salé.
S’enchaînent des titres au rythme rock & folk, puis bien
funky pour déboucher sur une tranche de soul contemporaine.
Cet album est donc loin de la monotonie musicale. Alors c’est vrai,
les Rita ne plaisent pas à tout le monde : trop « déjantés
», trop ceci, trop cela,… Mais si vous êtes un amoureux
du genre, vous ne devriez pas, une fois de plus, vous sentir frustrés.