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LES RITA MITSOUKO, DELICIEUSE DEMESURE.
C’est en 1986 que naît au monde musical
le très ardent « The No Comprendo », savante
compilation des délires qui nous assaillent lorsque la vie
est plus qu’une formalité. Dès lors, une chose est
sûre : les RITA ont une fragrance bien à eux, un subtil
mélange d’essences urbaines, l’amalgame d’accents et d’accords
personnels ou empruntés, des mélodies douces et effrénées
que l’on retient sans effort ( Qui n’a pas chanté «
Andy » ou les « histoires d’A » à tue-tête
?!). Catherine, excellente comédienne, met en scène
dialogues et rencontres, avec un naturel époustouflant ;tandis
que Fred jongle avec d’infinies variations…Les taxer de fantaisie
ou d’originalité serait bien impropre et imprécis
de ma part : ils font ce que bon leur semble, et ils le font superbement
! Ouverts à tout registre (de voix, de langue et de langage),
ils ont su, par exemple, reprendre et sublimer un des volets du
Melody Nelson de Gainsbourg.
Aujourd’hui, leur « Cool Frénésie
» nous enchante après nous avoir fait tant trépigner
d’impatience. Car oui, cet album porte bien son titre, puisqu’il
conjugue les paradoxes : tendre ou furieuse, haut perchée
ou caressant le commun des mortels, la voix de la Ringer est digne
des plus belles voix françaises ( non, désolée,
je ne pensais pas à Lara Fabian, mais plutôt à
Piaf !). Les mots sont là pour donner la réplique
à un son cosmopolite et dévastateur : délicieuse
démesure que celle des RITA, crescendo et decrescendo incessant
que l’on ne cesse de se repasser en boucle. Ce ne sont plus des
tubes mais des néons ! De la fluorescence inégalable,
inclassable, illuminant nos platines (ou nos lecteurs, selon votre
degré de modernisme) . Le rock français n’est pas
mort, vive le rock !
Karine.F