Rickie Lee Jones She’s like this…..
Mystérieuse voire un brin recluse, Rickie Lee
Jones est l’une des artistes jazz-pop américaines les plus
originales et les plus marginales… Respirant la douceur et la féminité,
elle dégage aussi la force et la singularité de l’artiste
qui ne s’est jamais trahie dans sa production.
Née en 1954 à Chicago Rickie Lee Jones a été
bercée par la vie bohème de ses parents, respectivement
comédien et serveuse. La famille vole de Chicago à
Los Angeles, Phœnix… Enfant solitaire, elle évolue dans un
imaginaire qui laisse sa sensibilité de poète et de
musicienne s’épanouir, encouragée par un père
lui-même artiste dans l’âme.
L’art vocale est primordial dans la vie de Rickie adolescente,
qui se révèle dès après le lycée
être un auteur génial d’ouverture à l’autre
et au monde. A 19 ans, elle se produit dans les bars, livrant, partageant
des textes profondément poétiques que dévoilent
une voix et un style déjà très originaux. C’est
à cette époque qu’un musicien tend une oreille particulièrement
attentive vers Easy Money, qui sera enregistrée par Lowell
Georges. Warners auditionne la jeune femme…. Rickie Lee Jones signe
son premier contrat.
L’album, doux, jazzy, touchant, a pour seul titre un magnifique
portrait de la jeune femme, béret et cigare… Un style, un
mode de vie, une personnalité profonde et riche autant que
le fameux Chuck E’s in Love, ou Last Chance Texaco… créent
l’atmosphère RLJ. Dès 1979, elle obtient le Grammy
de la meilleure nouvelle artiste. Rickie Lee Jones vit, Tom Waits
à ses côtés, sur la « rive jazzy de la
vie ».
Pirates sort deux ans après, profond, grave. C’est l’album
de A Lucky Guy, l’histoire de leur histoire, titre repris par Luc
Besson dans Subway. Toute considération commerciale est écartée,
Rickie Lee Jones est sincère, le cercle des fans s’agrandit,
une relation intime s’établit entre l’artiste et son public…
Une longue histoire commence.
Auteur, poète, elle raconte depuis 20 ans dans ses albums
des histoires magiques, instaure des ambiances, provoque le vague
à l’âme, comprend nos drames et accompagne nos rires…
Sa voix recèle des trésors d’humanité : groovy,
enfantine, inquiète, joyeuse… de ses interprétations
émanent le concept et la sensation du don total de soi-même.
Les maisons de disques sont dépitées et surprises
(RLJ change régulièrement), Rickie a pris sa place
dans les cœurs et dans les âmes plus que sur un marché
!
Cette année, elle nous offre son dixième album…
Sensuelle, enfantine, puissante, Rickie Lee Jones a choisi pour
It’s Like This de déposer sa grandiose empreinte sur des
chansons de Marvin Gaye, des Beatles ou encore de Gershwin. Trois
ans après Ghostyhead, album expérimental dans lequel
elle avait démontré (on aime ou on n’aime pas…) des
talents certains d’ingénieur du son, la grande Rickie offre
sans pudeur sa sensibilité, son âme et surtout sa voix
à des titres plus ou moins classiques. It’s Like This comprend
11 reprises des plus diverses : un sublime For no one (Beatles),
un inattendu Smile (Charlie Chaplin), un improvisé et jazzy
On the street where you live, One hand one heart (Bernstein, West
Side Story), en duo avec Joe Jackson… Les accents jazz nous replongent
dans l’ambiance calfeutrée de Pop Pop (1991), la créativité
de l’artiste nous envoie, portés par sa voix, sur des cimes
exquises, et puis, disons-le, elle dit « fuck » d’une
sublime manière ! Entourée de Joe Jackson, de John
Pizzarelli ou encore de Taj Mahal, Rickie Lee Jones met en lumière
de nouvelles limites aux chansons qu’elle emprunte, pour un moment
de bonheur, pas seulement auditif.
Carine . N