PRIMUS, ou comment avoir du succès en
étant Antipop.
"Salut. On s'appelle Primus et on est
nul." Cette phrase, couramment prononcée lors des concert
du combo, représente bien l'état d'esprit qui règne
au sein de ce groupe. Pratiquant l'art du second degré comme
d'autres celui de se prendre au sérieux, ce trio originaire
de San Francisco ne fait pas de la musique comme tout le monde :
Les Claypool, bassiste et leader charismatique, ne se gène
pas pour occuper le devant de la scène. Sa technique impressionnante
lui permet de jouer des riffs (difficile de parler de lignes de
basse) en slap et en tapping d'une complexité affolante tout
en chantant, bien sûr (enfin, si on peut appeler ça
du chant). A ses côtés se joignent Larry Lalonde (dit
'Ler') à la guitare et Tim Alexander (dit 'Herb') à
la batterie. Ler, fan de Zappa et ancien élève de
Satriani, n'a pas son pareil pour créer une atmosphère
spéciale pour chaque morceau, n'hésitant pas pour
cela à s'écarter du riff traditionnel et à
jouer d'étranges mélodies, voire de simples 'bruits'.
Nul besoin en effet d'appuyer une rythmique déjà omniprésente
assurée par le grand Tim Alexander, excellent batteur sachant
utiliser au mieux son instrument de la manière la plus ouverte
qui soit. On est loin d'un jeu à la Phil Rudd (batteur d’AC/DC)
!
Atypique jusqu'au bout, le trio sort un live en guise
de premier album : "Suck On This" (1990), suivi la même
année du mémorable "Frizzle Fry", véritable
pied de nez au conformisme et au rock FM qui inonde les radios du
moment. "La pêche constitue une de mes principales inspirations"
avoue Claypool. C'est en suivant cette ligne directrice que sortira
"Sailing The Sea Of Cheese" (1991), album sur lequel on
compte un titre chanté par Tom Waits lui-même.
Le groupe commence à connaître
un succès grandissant lorsqu'il décide de produire
un album de reprises, "Miscellanous Debris" (1992) comprenant
des titres de Peter Gabriel, XTC, Pink Floyd,… Leur notoriété
leur permet de pousser le concept PRIMUS jusqu'au bout. Les olibrius
accouchent d'un "Pork Soda" (1993) complètement
déjanté, terriblement cynique et magistralement abouti.
L'album suivant, "Tales From The Punchbowl" (1995), malgré
quelques titres imparables tels que "Winona's Big Brown Beaver"
et "Southbound Pachyderm", apparaît plus comme un
'bœuf' géant que comme un véritable album cohérent.
La pèche si caractéristique du groupe n'y est plus.
Tim Alexander quitte le navire pour s'investir dans Laundry.
Les et Ler recrutent alors Brain Mantia, batteur
proche du groupe (il est crédité sur "Sailing
The Sea Of Cheese") et veulent trouver un son plus Rock n'roll.
"Les Beatles ont eu l'album blanc, Metallica le Black Album
et nous avons désormais le Brown Album". 1997. Les trois
amis se tapent un trip à la Led Zep en ressortant du vieux
matos analogique. Résultat, son gras, très gras,mais
morceaux plus conventionnels. Le plus accessible de tous leurs albums.
Pour mieux se connaître, rien ne vaut un bon album de reprises
(demandez à Metallica). "Rhinoplasty" sort en 1998.
XTC, Peter Gabriel (à nouveau), The Police, Metallica, Les
Claypool nous gratifie même d'une superbe reprise du Silly
Putty de Stanley Clarke. L'album est réussi mais certains
prétendent que le groupe s'est assagi…
En guise de réponse à un tel
affront, le groupe sort "Antipop", véritable hymne
métallique annonçant un retour aux morceaux lourds.
Le nombre d'invités est impressionnant : Tom Morello (RATM),
Tom Waits, James Hetfield (Metallica), Jim Martin (ancien Faith
No More), Stewart Copland (The Police), Fred Durst (Limp Bizkit),…
Non content de son rôle de simple 'bassiste-chanteur-leader'
du groupe, Les Claypool profite de son temps libre pour sortir un
album avec les membres originels de Primus sous le nom de Sausage
: "Riddles are abound tonight" (1994) et pour se faire
son propre album solo : "Les Claypool and the Holy Mackerel
presents Highball with the Devil" (1996). On retrouve la patte
du Sieur Claypool sans problème. Un album d'un des groupes
parallèles de Les est à venir en avril : "The
Frog Brigade - Live Frog Set 1". On attend ça avec impatience.
Quoi qu'il en soit, gardons précieusement ces mots à
l'esprit : Primus sucks !
Site officiel : http://www.primussucks.com
Damien P.