Oysterhead - The Grand Pecking Order
Le succès est une chose étrange
: lorsque le public vous aime, vous êtes surmédiatisé,
on voit votre visage partout. Le plus dur dans l'histoire est de
rester quelqu'un après une telle période de popularité.
Lorsqu'on parle de "The Police", groupe mythique des années
80, on ne retient qu'un seul patronyme sur les trois qui formaient
le groupe à l'époque : Sting. En revanche, quand on
veut connaître le nom du génial batteur de ce groupe,
on trouve moins de doigts levés prêts à nous
renseigner. Personne n'est à blâmer dans l'histoire,
et cela n'empêche pas Stewart Copeland de mener sa carrière
de musicien et de compositeur.
C'est ainsi qu'on le revoit sur le devant de
la scène, c'est-à-dire en tant que musicien, aux côtés
de Trey Anastasio de Phish (guitare) et de Les Claypool de
Primus (basse). La rencontre de ces trois-là n'a rien de
bien étonnant si l'on se penche trente secondes sur l'actualité
de chacun. En effet, Stewart Copeland s'est orienté à
la suite du split de Police vers la composition de musiques de films
et la production de disques. C'est ainsi qu'on le voit crédité
en qualité de producteur sur un des titres du dernier album
en date de Primus, "Dirty Drowning Man". Le lien est donc
établi entre deux des trois membres. Reste Trey Anastasio,
guitariste doué et chanteur de Phish, groupe relativement
peu connu en France mais qui connaît un vrai succès
Outre-Atlantique. Ce dernier a régulièrement tourné
avec Primus et les musiciens de ces deux formations sont amis depuis
un bout de temps.
Pas de destin forcé concernant le pourquoi
de cet album. Ces trois aiment jouer ensemble et cela s'entend.
Chacun est bien présent sans piquer la vedette à ses
camarades, bien que certains puissent reprocher à Les Claypool
de mettre son slap en avant. Il ne faut pas oublier qu'un Claypool
sans slap, c'est comme une côtelette sans épices :
ça se mange mais c'est plus ordinaire (désolé
pour la comparaison, mais je commence à avoir faim ! ).
La sauce prend donc bien (décidément…),
notamment en raison de la formation elle-même : le "power-trio".
Trois musiciens dans The Police, de même que dans Primus,
cela aide lorsque l'on se retrouve dans une situation similaire
pour jouer, cela même en présence de nouveaux musiciens.
Remplir l'espace sonore avec peu d'instruments est un exercice relativement
difficile qui demande une bonne connaissance de soi-même et
surtout des autres. La chose est par conséquent facilitée
lorsqu'on en a l'habitude.
Je me permets toutefois de prévenir les
fans purs et durs de Police, le style est bien plus proche de celui
de Primus et de Phish que des compositions de leur groupe préféré.
Ils peuvent cependant se rassurer : bien que plus sage, le jeu unique
de Copeland est toujours là.
En résumé, si "The Grand Pecking
Order" ne révolutionnera sûrement pas le monde
de la musique, il permettra à celui qui l'écoutera
de passer un bon moment, ce qui n'est déjà pas si
mal.
Site Officiel : http://www.oysterhead.com