Muse en concert
Dimanche 16 Novembre 2003 - Palais Nikaïa
(Nice)
En ce dimanche 16 Novembre, plus de 6000 personnes
s'étaient réunies au Palais Nikaïa pour implorer
l'absolution. Et dans le rôle du prêtre rédempteur,
nous retrouvons le charismatique Matthew Bellamy,
leader et âme du groupe Muse. Pendant
presque deux heures, le nouveau groupe métal progressif à
la mode nous a fait naviguer entre vice et vertu, en nous donnant
à écouter des titres extraits de leurs trois albums.
Une merveille, un régal, un pêché !
Plus pêchu que Marillion, beaucoup plus
mélodique et moins brouillon que Radiohead, moins
bruyant que Pantera et rappellent étrangement quelques
riffs de Metallica voici le power trio Muse. La première
chose que remarque un néophyte extérieur à
cette toute jeune secte melodico-metalleuse que constitue ce groupe,
c'est l'âge de ses adeptes, principalement féminins.
La majorité d'entre eux donne à voir le cliché
toujours à la mode : "j'ai 14 ans, mes parents me font
ch***, alors je m'habille en noir des pieds à la tête
et j'écoute du métal gothique à fond pour les
emmerder encore plus." Ces adolescents, tristes depuis le suicide
de Curt Cobain et le split de Nirvana, ont trouvé
en Matthew Bellamy un digne successeur.
Car ne vous y méprenez pas, même si officiellement
Muse est un trio composé de Matt Bellamy (chanteur,
guitariste, pianiste), Chris Wolstenholme (basse) et Dominic
Howard (batterie), c'est le jeune Matt qui est l'âme déjantée
de Muse. C'est lui qui compose et écrit toutes les chansons,
chante (comme un Dieu), joue de la guitare aussi bien que du piano
(ou inversement), et surtout, fait le spectacle. Passant allègrement
du piano (qui s'allume dès qu'il joue une note, façon
jackpot…) à la guitare, il bouge, saute, se met à
genoux… Après avoir recueilli quelques réactions parmi
le jeune public, il n'y a plus de doute : c'est lui que les gens
sont venus voir ce soir.
Après une première partie, Cave in (groupe
bruyant, mais intéressant…) qui a commencé une heure
plus tôt, voici que Matt et ses acolytes déboulent
sur scène. S'installant d'emblée derrière le
piano peinturluré de couleurs vives, il s'acharne à
marteler le riff obsédant de "Apocalypse please",
histoire de nous scotcher sur place. Le public entre progressivement
dans une transe hypnotique et puissante qui durera près de
deux heures. C'est de l'hystérie pure, malgré un son
qui m'oblige presque à deviner les notes et les mélodies
plutôt qu'à les entendre. S'en suivront de nombreux
extraits des trois albums que le groupe compte à son actif
: "Showbizz", "Origin of symmetry"
et "Absolution" (voir la set list en fin d'article).
La magie du live opère : des morceaux plats ou insignifiants
en studio prennent toutes leurs dimensions en live. Les arrangements
des chansons ont été revus pour qu'elles puissent
être jouées à 3 musiciens. Mais (seule objection
à émettre à propos de ce concert) pourquoi
ne pas avoir engagé de musiciens supplémentaires ?
Un guitariste et un pianiste auraient été bienvenus…
Pour conclure, le constat est simple : Muse est en train d'entrer
dans la légende. Un show bien huilé (avec lâcher
de ballons géants et canons tirants des confetti…), mélange
d'émotion et de puissance; une leader charismatique; une
voix à faire pâlir d'envie toutes les stars académiques;
un jeu de piano prouvant que le jeune Matthew a épuisé
ses oreilles à force d'écouter et de travailler du
Rachmaninov et du Chopin; un jeu guitariste impressionnant; des
riffs à vous scotcher sur place; une énergie à
revendre; des fans hystériques … Bref, Muse m'a convaincu
: il y a un avenir au hard-rock mélodique de qualité
! Sur ce, je vais réécouter "Absolution".
Set List : Apocalypse Please, Hysteria, New Born, Sing
For Absolution, Thoughts Of A Dying Atheist, Citizen Erased, Piano
Interlude, Space Dementia, Endlessly, Feeling Good, Butterflies
& Hurricanes, Sunburn, Muscle Museum, Bliss, Forced In, Time
Is Running Out, Plug In Baby, Blackout, Stockholm Syndrom
Site officiel : www.muse.mu