Muse : Absolution
(Taste Media / Naïve)
Muse… Mais qui est Muse ? À l'occasion de la
sortie de l'album Absolution et de leur passage au Nikaïa,
le 16 Novembre prochain, je me suis posé les questions suivantes
: "D'où sortent-ils ?" et " Pour qui se prennent-ils
pour oser espérer remplir ma salle de concert préférée
?"
En m'informant un peu sur ce groupe, je découvre qu'Absolution
est déjà le troisième album de ce groupe britannique
composé de Matt Bellamy (chanteur, auteur, compositeur,
guitariste, clavieriste), Chris Wolstenholme (basse) et Dominic
Howard (batterie). Le précédent opus, Origin
of Symmetry, fut encensé par la critique rock mondiale,
ce qui leur a permis de commencer à jouer dans des stades
pleins à craquer.
Cultiver l'anticonformisme …
En ce qui concerne l'aspect musical, le son de Muse est anticonformiste
au possible, refusant d'emblée d'être étiqueté
et placé dans une case, et revendiquant haut et fort leur
style : l'hyper-heavy-super-metal-punk rock. Les trois musiciens
tombent raides dingues du rock alternatif des années 90 et
y ajoutent un zeste d'une des passions de Matt : la musique classique
du début du 20ème siècle. Comme l'explique
ce dernier: "Quelle que soit ta direction, tu prends toujours
en considération une foule de styles musicaux antérieurs,
vieux d'un siècle ou de quelques années, qu'importe.
Tu assimiles tous ces divers paradigmes pour tenter d'en créer
un nouveau qui donne sens à tous les autres, mélangé
à des idées modernes, bien sûr. C'est ma façon
de concevoir la création, en gros."
Et l'on arrive à un produit purement anti-commercial,
non formaté. Les amateurs de rock et de métal rejettent
Muse dans les cordes, car dans le métal, il n'y a pas de
piano forte ! Les amateurs de classique font de même, car
dans le classique, il n'y a pas de guitare disto ! Alors ? Alors
peut-être que les adeptes du rock progressif feraient bien
de lorgner du côté de Muse…
Quoiqu'il en soit, ce débat semble stérile. Muse
fait de la musique avant toute chose, comme l'affirme Matt : "Sans
me soucier de savoir si c'était pour d'autres ou non, je
faisais de la musique, de toute façon. Quand je joue, il
se passe quelque chose d'unique. Je sais pas ce que c'est, mais
c'est le pied. Pour moi, ça a toujours été
génial, ça rend tout le reste sans importance."
En conclusion, règle n°1 : cultiver l'anti-conformisme…
Evolution ou révolution ?
Muse est donc un groupe de rock qui ne connaît ni restrictions,
ni limites. Certainement le groupe le moins ordinaire de la planète.
Pour le plus grand plaisir, la perplexité et parfois la contrariété
des auditeurs, les albums de Muse ont toujours été
des envolées extrêmes d'une extravagante imagination.
Et après trois albums, ils ne montrent toujours aucun signe
de vouloir mettre la barre plus bas.
Si Showbiz (1999) était une déclaration
d'intention brute de décoffrage, et Origin of Symmetry
(2001), l'affirmation que Muse avait trouvée ses marques
sur un terrain de jeu plus vaste, Absolution, leur nouvel
album, est le plus abouti. Dom se souvient : "Showbiz s'est
fait à Teignmouth, sans pression de délai, sans label,
sans rien du genre. On faisait juste de la musique comme il nous
plaisait. Le premier album est vraiment une image honnête
de nous, à l'époque. Ça s'entend, je pense.
Le deuxième était dans un état de confusion,
entre les signatures de contrat, les déplacements, la perte
d'identité. Origin of Symmetry reflète cette impression
de confusion, de ne pas vraiment savoir ce qui se passe."
Chris ajoute : "On savait qu'après le deuxième
album, de toute façon, il faudrait trouver notre véritable
personnalité. Pour cela, nous devions revenir aux bases,
faire de la musique pour nous, dans notre espace familier."
Vers l'Absolution …
Muse prit un chemin mûrement réfléchi pour
arriver au troisième album. Après une saison de tournée
très chargée en 2002, le groupe monta son propre studio
dans l'est de Londres, et commença à écrire
des chansons. Les premières sessions d'enregistrement d'Absolution
- avec grand orchestre, excusez du peu - eurent lieu fin 2002 aux
studios Air, en collaboration avec Paul Reeve, producteur des premiers
EP du groupe. Muse se retira ensuite à Sawmills dans le Devon
pour les finitions. Contacté par le producteur américain
Rich Costey (Rage Against The Machine, Audioslave, Phillip Glass),
le groupe s'installa à Grouse Lodge en Irlande, puis à
L.A. On décida de laisser de côté les orchestres
et de se recentrer sur une approche moins ornée des arrangements.
Le 22 Septembre 2003, Absolution débarque dans
les bacs… Et celui qui ne connaît pas encore Muse va être,
à mon sens, agréablement surpris. Passons en revue
les meilleurs moments de cet albums (les "highlights"
comme on les appelle Outre Manche…)
Après une "Intro" inutile, déboule
le piano forte d'"Apocalypse please", agrémenté
d'une batterie qui laisse penser que l'on n'a pas affaires à
des enfants de chœurs. Le premier titre passé, on a compris
ce qui constituait la pâte sonore du groupe : une super voix,
des mélodies brit-pop, du piano forte mélangé
au son rock pur et dur, et un pont instrumental magnifiquement étrange,
me faisant penser à du Jean-Michel Jarre (mais est-ce vraiment
un compliment ?) On reste sur le cul, tant ce mélange est
original !
"Time is running out" est le deuxième
single. La mélodie est envoûtante. Pas de doute, le
titre fait mouche. Mais le gimmick de guitare me rappelle étrangement
le générique de la série française "Sueurs
Froides", de Claude Chabrol… Le son est brut de décoffrage,
et il y a même du synthé basse ! Du jamais vu dans
ce style. Les guitares sont violentes comme il faut, et le mixage
est excellent.
Je vous conseille de pousser le son à fond pour apprécier
"Stockholm Syndrome". Même constat que précédemment.
A grands renforts de riffs guitare oscillants entre Metallica et
Korn, le style ne laisse plus l'ombre d'un doute : c'est du métal.
Le refrain est MA-GNI-FI-QUE ! Les harmonies sont pop à souhait.
J'adore ! En plus, on assiste au retour du piano, qui, cette fois-ci,
ne distille que quelques nécessaires notes.
"Hysteria" remet au goût du jour la basse
continue, ou ostinato, cher à ce vieux Jean-Sébastien
Bach. Sauf que dans le cas présent, ce n'est pas le clavecin
qui s'en charge, mais un gros synthé basse ! Les riffs guitare
sont toujours aussi violents. Quelle puissance, j'ai hâte
de les voir sur scène.
Moment de douceur avec une valse intemporelle : "Blackout".
Voix et orchestre symphonique. Je suis aux anges…
On s'approche de la fin de l'album, mais mon intérêt
ne faiblit pas, tout comme le son et la qualité des chansons.
Et je dois dire que si j'avais arrêté l'écoute
de l'album à ce moment-là, j'aurais raté LE
moment. La symphonie pop-rock-métal made in Muse, le sublimissime
"Butterflies and Hurricanes". Véritable
symphonie post-moderne en plusieurs mouvements. Le deuxième
mouvement, vers 03:05 est un pur régal. Le piano de concert
s'associe à l'orchestre, ce qui permet de constater que Matt
maîtrise (aussi) ce bel instrument. Ca repart doucement, avant
l'orgie sonore finale, vers 04:28. Un pur régal.
La fin de l'album est aussi puissante que le début. Au
sortir de cette écoute, je suis très content d'avoir
découvert le groupe que j'attendais depuis des années…
Vous aussi, rendez-vous à la grand'messe du métal,
pour y implorer votre absolution…
Site officiel : www.muse.mu
Retrouvez Muse en concert dans votre ville :
3 novembre NANCY Zénith
4 novembre LILLE Zénith
8 novembre ANGERS Ampithéa
10 novembre LYON Halle Tony Garnier
11 novembre MARSEILLE Dôme
16 novembre NICE Nikaia
18 novembre PARIS Bercy POPB
22 novembre STRASBOURG Hall Rhénus