MIDEM 2003 : On fait l’bilan …
La 37 ème édition du Marché International
du Disque et de l’Edition Musicale (M.I.D.E.M.) vient de s’achever
à Cannes. Il est donc l’heure de dresser le bilan.
Pour ceux qui l’ignorent, je rappellerais que le MIDEM est
l’événement de l’année pour tous professionnel
de la musique. C’est l’occasion de rencontrer quasiment tous les
professionnels internationaux, et de dresser le bilan de l’année
écoulée. Mais c’est aussi l’occasion, pour le public
amassé hors du Palais des Festivals, de rencontrer des stars
et d’assister à des concerts gratuits . Comme Amb
est un site musical généraliste, je vous parlerai,
dans cet article, du MIDEM côté « public ».
Et ça démarre très fort, le samedi18
Janvier, avec l’arrivée des stars sur la Croisette. C’est
ainsi qu’en sortant du Palais des Festivals, dans lequel avait lieu
le MidemNet (journée de conférence au cours de laquelle
les professionnels parlent de l’internet. C’est à mourir
de rire. A croire qu’ils ne savent pas comment fonctionne un site…),
je tombe nez-à-nez avec une horde de fans ayant bloqué
l’accès au Noga Hilton. Mais que se passe t-il ? C’est alors
que je lève la tête, et que je vois Houcine et Georges-Alain
en train d’effectuer un strip-tease sur un balcon du troisième
étage. Et oui, la Star Academy 2 au grand complet
(9 personnes donc : Nolwenn, Emma, Anne-Laure, Aurélie, Houcine,
Fabien, Georges-Alain, Alexandre, Jérémy) était
logée là. Je décide donc de rentrer dans l’hôtel
(et oui, le badge MIDEM permet de rentrer partout !), histoire de
mesurer le phénomène de l’intérieur. C’est
ainsi que pendant deux heures, je vois débarquer toute la
troupe, à commencer par Nolwenn. Dehors, c’est l’émeute,
et ça n’est qu’un début ! Je précise que la
veille, l’Académie des 9 était en séance dédicace
au Virgin Mégastore de Nice, et que la police a été
obligée de fermer la plus grande avenue niçoise, l’avenue
Jean Médecin, à la circulation, car les ambulances
venant chercher les fans qui s’évanouissaient par dizaine
ne pouvaient plus circuler ! Je tente une approche, et demande s’il
est possible de faire une interview. Son cerbère me répond
que non : « on est en train de travailler ». Non, c’est
pas possible ! Ne me dites pas qu’ils vont chanter en direct ! Bon,
je demande s’il est possible de prendre une photo. Oui, mais pas
de Nolwenn toute seule. En clair, il est possible de prendre une
photo de fan, avec moi-même sur la photo à côté
de Nolwenn… Ah on se la joue déjà star ? Et ben, pas
d’photo !
Je dois vous avouer que le phénomène Star
Academy est assez particulier. Les pauvres pseudo-star sont assaillis
par les fans qui veulent un autographe, ou faire un bisou à
Houcine. Ils ne peuvent même plus aller pisser sans un garde
du corps. Ils sont encadrés, et même, emprisonnés.
Tout aurait pu s’arrêter là, mais non ! Les pov’ petits,
ils viennent de se lever, il faut qu’ils mangent. Et alors là,
je dois dire que j’ai été dégoûté.
Au lieu de les faire manger dans un salon privé, à
l’abri des regards indiscrets, la production décide de leur
faire servir un repas sur la terrasse couverte du Noga Hilton. Imaginez
la situation. C’est un grand salon entouré de baies vitrées.
En clair, tout ce qu’il se passe à l’intérieur est
visible de l’extérieur. Et voilà que les 9 académiciens
prennent leur collation devant une foule qui s’amasse toujours plus
nombreuse contre les baies vitrées. Ceux qui ont déjà
visité un zoo et vu le repas des singes comprendront la situation.
Il ne manquait plus qu’on leur jette des cacahuètes et le
spectacle, car c’est un spectacle, aurait été complet
(dans tous les sens du terme). Pour les plus chanceux, c’est-à-dire
ceux qui ont pu entrer dans l’hôtel, c’est le plus beau jour
de leur vie. Ils peuvent manger une assiette de frites à
6 euros à proximité de l’Académie des 9 ! Deux
heures après, il est temps de se faire beau pour se rendre
au Palais des Festivals. Car ce soir, l’Académie des 9 chantent
« Paris Latino ». Il faut donc vérifier si la
bande playback fonctionne bien. Fin de l’acte 1, suite prochainement…
Vers 15 heures, je me dirige vers l’hôtel Carlton,
où est prévue la conférence de presse de LA
star british : Robbie Williams . Après être
tombé nez-à-nez avec Nicolas Sirkis (Indochine), dans
le hall, je m’installe dans un salon du 7ème étage,
et quelques minutes après débarque Robbie : Jean,
basket, tee-shirt, blazer et… lunettes noires. Dès le début,
le ton est donné : « excusez mes lunettes, mais j’ai
fait la fête toute la nuit, donc je vais les garder, et svp…
Ne parlez pas trop fort ! » C’est bizarre comme le pouvoir
de persuasion de ce petit homme est fort. Contrairement à
l’Académie des 9, logés dans l’hôtel à
côté, il se la joue star, mais… Il est star ! Il a
vendu 5 millions d’exemplaires de son dernier album, « Escapology
», sortit le 18 Novembre. Selon les statistiques, il est l’artiste
qui vend le plus de disques en Europe. De plus, il vient de re-signer
avec sa maison de disques, EMI, laquelle lui a consentie une avance
sur recettes de … 130 millions d’euros. Non, non, je ne me suis
pas trompé. C’est bien 130 millions d’euros. Impressionnant,
non ? Par conséquent, il peut les garder ses lunettes… No
problemo. Après une conférence de presse ( NDR
: bientôt sur le site Amb… ) au cours de laquelle tous
les journalistes ont pu apprécier son grand sens de l’humour,
Robbie se dirige vers la terrasse du Carlton pour une séance
photo. Inutile de vous dire que dehors c’est l’émeute, une
fois de plus. Ce qui est hallucinant, c’est de voir que l’info avait
été gardée secrète. Les fans ne savaient
pas dans quel hôtel Robbie résidait, mais visiblement,
il y a eu des fuites. De plus, nous étions Samedi, et beaucoup
de collégiens et lycééns n’avaient pas cours.
Ils étaient donc venus naturellement sur la Croisette dans
l’espoir d’y croiser quelques stars.
A partir de 21 heures se déroulaient les NRJ Music
Awards , au Palais des Festivals. Les stars s’étaient
mises sur leur 31. Ophélie Winter avait une robe… charmante.
Mariah Carey a toujours de sérieux atouts… Les Atomic Kitten
sont toujours aussi belles… Les Las Ketchup ressemblaient aux sorcières
d’Eastwick dans leurs robes noires. En ce qui concerne les idoles
des jeunes toujours, citons en vrac Calogero, David Charvet, Billy
Crawford, Sophie Ellis Bextor, David Guetta et Madame, Eve Angeli,
Tiziano Ferro, Gérald de Palmas, Renaud et Axelle Red et
…la Star Ac’, le clou de la soirée, qui ont même occulté
la présence de vrais stars légendaires comme Phil
Collins et Johnny Hallyday. En clair, tout le gratin, et même
le gratin réchauffé d’était donné rendez-vous
en bas des marches. Oui, car la montée des marches, comme
pour le FIF est super importante. Le rôle de la star consiste
à monter ces quelques marches le plus lentement possible,
histoire que tous les fans, agglutinés par paquets derrière
les barrières les voit, de loin et de dos… Je ne vous ferai
pas un résumé de la soirée, elle a été
retransmise en mondovision sur TF1 et NRJ.
Le lendemain, dimanche 19, jour de l’ouverture officielle du
salon professionnel, je pensais que toutes ces stars étaient
rentrées chez elles en jet privé, et bien non ! Fin
du fin, une conférence de presse et une séance dédicaces
de la Star Ac’ avaient été prévues !
Yooooupi ! C’est donc à cause d’eux que je me lève
à l’aube pour essayer de couvrir au mieux cet événement.
J’arrive donc à la conférence de presse, et là,
j’attends, j’attends, j’attends… On mesure souvent le talent d’une
star à son retard. Et bien à ce moment-là,
les 9 Star Ac’ sont des stars interplanétaires. Arrivés
mal coiffés, mal habillés, mal lavés, mal rasés
(ah bon ? C’est leur look habituel ?), et avec 55 minutes de retard,
ils s’installent avec peine derrière la table. Autant hier,
ils étaient frais et joyeux, autant aujourd’hui, ils commencent
à mesurer l’étendue du piège Star Academy.
On ne peut pas dormir, il faut aller rencontrer à l’aube
(10 heures du matin) des journalistes qui vont vous poser des questions
pourries, et en plus, il faut retrouver le sourire assez vite pour
affronter les fans qui commencent à s’accumuler à
l’extérieur du Palais. La galère ! Après la
conférence de presse ( NDR : bientôt sur le site
Amb… ), l’Académie des 9 sort se pavaner sur les marches
du Palais. S’en suit une séance de dédicaces sous
haute protection policière. En effet, il y a beaucoup de
jeunes fans (qui aurait cru ?) qui risquent de se faire écraser
contre les barrières. Enfin, tout se déroule bien…
Le MIDEM sans toutes ces stars ne serait plus le MIDEM.
Le lundi 20 Janvier a lieu le véritable événement
du MIDEM : la présentation en avant-première mondiale
de la Gaïa World Event . Organisée par Alan Simon
au profit de la Planète Terre, cette soirée fut un
franc succès. Le projet m’a semblé tellement fou et
tellement beau que j’ai décidé d’y consacrer un article
complet. Voir par ailleurs.
Toujours le lundi soir, les amateurs de hip-hop et autres musiques
urbaines ont été enchantés par la « Urban
Attitude » et la « Latin Funk Connection ».
Côté urban, en live, ce soir là : City High
et TTC , Lady Laistee et en guest, Wyclef Jean
. Du côté latin funk : Carlos Jean , Fundación
Tony Manero (dont j’ai entendu beaucoup d’échos positifs)
et Telephunken .
Le lendemain, mardi 21 Janvier, avait lieu la soirée
Talents, organisés par l’ADAMI. Au programme : Padam ,
Kad Achouri , Avril et Aston Villa . Je m’intéresserai
plus particulièrement à ces derniers, et signale à
nos nouveaux internautes qu’Amb avait déjà fait une
magnifique interview d’Aston Villa, en Avril 2002, qu’ils nous avaient
fait l’honneur de la publier sur leur site officiel : www.astonvilla.org . Résultat ? Lorsque je les
ai retrouvé au MIDEM, j’ai eu droit à un traitement
de faveur : en plus de la conférence de presse à laquelle
étaient convié tous les journalistes, j’ai eu droit
à une interview privée, dans leur loge ( NDR :
bientôt sur le site Amb …), et j’ai même pu assister
à la balance de l’après-midi. En passant, je remercie
Seb, Rémi et bien sûr Fred et Djib… Bon revenons à
la soirée.
Pour la douzième année, l’ADAMI, organisme qui
gère et perçoit les droits des musiciens interprètes
( NDR : en gros, c’est l’équivalent de la SACEM, sauf
que la SACEM s’occupe des auteurs compositeurs, alors que l’ADAMI
s’occupe des chanteurs ) organisait la soirée Talents.
Le but ? Faire découvrir aux marchés étrangers
les artistes prometteurs du marché français. En clair,
ceux qui peuvent le mieux s’exporter. Et bien évidemment,
comme le MIDEM accueille les professionnels du monde entier, c’est
le lieu idéal.
Pour en revenir à Aston Villa, le groupe a sorti un nouvel
album : « Strange » (prononcez à la française)
chez Naïve ( NDR : entre parenthèses, ça fait
plaisir de voir que ceux qui bossent chez Naïve, leur label,
sont fans d’Aston… Surtout Aurore et Marie ! ), et s’apprête
à sortir le deuxième single : « Invicible ».
En ce qui concerne leur line-up, ils viennent de changer de guitariste
et de batteur. Les frères Muller sont partis et ont été
remplacés par Greg à la batterie et Franck Pilant
à la guitare. Le Franck Pilant en question étant,
en plus, le producteur de tous leurs albums studios. C’était
leur premier concert à tous les deux avec Aston, et ça
ne s’est pas vu !
En ce qui concerne la prestation d’Aston, ils ont eu droit à
la place de choix : ils ont joué en dernier. Par contre,
comme ils devaient se partager la scène avec trois autres
artistes, chacun avait droit à 40 minutes de concert. En
sept chansons, ils ont littéralement mis le feu. De «
J’en rêve » à « Le chien », en passant
par « Invicible », « Raisonne » (version
acoustique), « Prière », « Wash my soul
», « Voiture française » (ma préférée…),
ils ont montré de quoi ils étaient capables. Réussissant
à surmonter leur fatigue ( NDR : Ils rentraient d’un concert
à New-York, où il faisait très froid ),
ils ont prouvé qu’ils n’étaient pas un effet de mode,
qu’ils ne se réduisaient pas à un concert acoustique
gentillet, mais que c’était un vrai groupe de rock. Rock
! Le mot est lâché. Ceux qui ont découvert Aston
grâce à l’album acoustique, comme beaucoup de gens,
risque d’être surpris. Par contre, les fans de la première
heure, qui ont le bonheur de connaître la version rock de
« Raisonne » (avec solo de guitare disto, et sans violons)
seront tout à fait à l’aise. Le groupe Aston Villa
est revenu à ses premières amours : les chansons baston
; et ça marche ! Certes il aura fallu l’incartade pop-rock
du live acoustique ( NDR : Aston Villa et les 40 violons comme
l’appelle Fred …) pour les faire découvrir du grand public,
mais maintenant, la machine est lancée, et se placera bientôt
en orbite géostationnaire autour de l’étoile «
succès ».
Le mercredi soir, le Palais des Festivals s’était vidé
de moitié. Le salon était bientôt terminé,
beaucoup de participants étaient partis, et ceux qui restaient
attendaient l’événement : la Pschent Party ,
soirée de fermeture officielle du MIDEM. Avant la soirée,
nous avons pu découvrir certains artistes du label à
l’occasion d’une conférence de presse ( NDR : bientôt
sur le site Amb …). Etaient présents : Stéphane
de Pompougnac , le dj phare du label à qui ont doit les
compils Hôtel Costes, Albert de Paname et Raghunath
Manet , Jean Croc et Nicolas Errera de Rouge Rouge ,
ainsi que des artistes invités : Dj Oil des Troublemakers,
Maud de Scratch Massive… Tout ce beau monde a parlé
pendant presqu’une heure. En passant, je tiens à dire que
c’était une des conférences de presse les plus intéressantes
du MIDEM. Le soir, ils se sont tous retrouvés dans les salons
de l’hôtel Martinez pour mixer en live, ce qui a permis de
découvrir le duo inattendu entre Albert de Paname ,
dj résident chez Maxim’s à Paris, et Raghunath
Manet , célèbre danseur et musicien indien. Je
n’ai que deux mots pour décrire cette expérience :
originalement magnifique ! Le premier album est prévu courant
2003. N’hésitez pas à vous ruer dessus si vous êtes
amateur de nouvelles sensations !
Cette soirée a aussi révélé
le groupe Rouge Rouge , formé par un dj accroc des
vieux disques de chansons françaises, Jean Croc, et un musicien-dj,
Nicolas Errera. Leur originalité réside dans le fait
qu’ils reprennent des vieilles chansons françaises totalement
oubliées, ou même jamais connues, pour les mixer sur
de l’électro moderne. Le résultat est étonnant
et détonnant. Leur reprise de « L’amour » de
Mouloudji est particulièrement efficace. Leur premier album,
« Ce soir, après dîner » sort début
Février. D’après ce que j’ai entendu lors de cette
soirée, Pschent ( www.pschent.com )
fait partie de ce petit nombre de labels dans lequel tout est bon.
Pour en avoir la preuve, ruez vous sur la compil « Hôtel
Costes 5 », mixée par Stéphane de Pompougnac.
En conclusion, cette 37ème édition du MIDEM
a été l’occasion de découvrir et / ou d’apprécier
toutes les musiques. C’est un lieu de rencontres et de mélange.
En effet, où peut-on trouvez un tel rassemblement de stars,
de Robbie Williams, aux Nrj Music Awards, en passant par les djs
Pschent, les groupes prometteurs, tel Aston Villa, et même,
les gamins malpolis de ceux que j’appellerai l’Académie des
9. Où peut-on assister à des événements
en avant-première mondiale, comme la Gaïa World Event
? C’était à Cannes, sous un temps pluvieux de Janvier
2003, à vous les studios.