Matmatah - Rebelote
"Mélaouache Fanche !"
Qui ne se souvient pas de cette phrase qui, bien que ne voulant
pas dire grand chose, provoquait une envie irrésistible de
sauter dans tous les sens et de chanter à tue-tête
: "Viens donc faire un tour à Lambé !".
Matmatah arrivait ainsi en 1998 avec un album énergique,
enjoué et indiscutablement destiné à faire
remuer les foules. Cette approche festive de la musique a d'ailleurs
séduit petits et grands, le groupe apparaissant alors comme
une révélation. Trois ans plus tard, nos amis décident
de remettre ça avec un second album : "Rebelote".
Quoi de plus logique pour une suite ? Rien, si ce n'est que le groupe
annonce son bébé comme étant plus sérieux
et travaillé que son prédécesseur. Faut-il
s'en inquiéter ? Une écoute s'impose….
"Say to me what the hell I'm trying to say".
C'est par cette phrase très inspirée et d'un anglais
parfait que débute l'album. Le son est effectivement plus
rock que sur leur premier opus, la production de meilleure qualité
(ce qui semble logique pour un groupe relativement connu). Deux
problèmes majeurs apparaissent au fur et à mesure
de l'écoute : la musique et les paroles (rien que ça).
Si le son est plus léché et plus gros, les
compositions pèchent sérieusement par leur manque
d'originalité. Seul "quelques sourires", titre
aux mélodies rappelant "Lambé", nous rappelle
que nous avons affaire à Matmatah et non à un ersatz
de Noir Désir. Désolé pour les fans de ces
derniers de les mentionner dans cet article, car il est vrai que
la comparaison grandement osée. Les structures sont approximatives,
les musiciens n'ayant pas été assez rigoureux afin
d'obtenir un ensemble cohérent ou pas assez culotté
pour déconstruire certains titres avec panache. Le tout est
finalement extrêmement brouillon, les idées arrivent
et repartent aussi vite qu'elles sont venues. L'auditeur, pour se
détacher de tout cela et se dire que, malgré tout,
il n'a pas jeté 120 francs par la fenêtre, va peut-être
prêter attention aux paroles, espérant sans doute raviver
son intérêt pour ce disque…. En vain.
Celui qui espère trouver une quelconque profondeur
dans les textes des chansons risque d'être profondément
déçu. Les rimes sont incertaines, les paroles peu
inspirées et, par-dessus tout, fort peu agréables
à l'écoute ! A choisir, les textes de "La Ouache",
bien que quelquefois maladroits, étaient bien plus sincères
et authentiques que ces phrases mises bout à bout… Le côté
"révolutionnaire" (à prendre avec des pincettes)
était lui aussi séduisant. "L'apologie"
leur avait d'ailleurs valu quelques problèmes.
Il semble que ces musiciens ont voulu jouer aux personnes sérieuses
qui se prennent au sérieux. Mais lorsque l'on possède
un talent insuffisant pour prétendre à un tel titre,
mieux vaut tenter de faire le mieux possible ce que l'on est capable
de produire.
Le groupe annonçait un album plus mature…
L'annonce restera en l'état, du moins jusqu'au prochain album.
Damien P.