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MARYLIN MANSON , l’archange accusateur.
Fin des années 80, décennie
qui a vu naître une lie musicale, voici venu le temps des
assassins de tout ce qui nous rassure…La prophétie née
de MARYLIN MANSON annonce et dénonce le bien qui tourne au
mal. ROCK IS DEAD.
The “Spooky Kids” prennent vie dans la noirceur existentielle
( ou son contraire, l’inexistence ), s’affublant de pseudos inspirés
du glamour et du crime ; Marylin, c’est pour Norma Jean. Manson,
pour celui qui organisa le massacre de Sharon Tate dans les années
70. Le groupe autoproduit plusieurs démos, s’applique à
la création de brochures promotionnelles dévastatrices
: dessins de seringues, de revolvers, de ces lunchboxes dont les
fils de Sam sont friands. En 1992, un goût inné pour
la provocation et un maquillage dit d’inspiration gothique leur
apportent la popularité, ainsi qu’un premier contrat sous
le label de Trent Reznor, leader des NINE INCH NAILS.
« Portrait of an American family » sort
pendant l’été 94; Manson déchire la bible sur
scène : le messie est un monstre, produit de toutes nos perversions
socio-culturelles.
En 1995, « Smells like children » prend une orientation
plus techno, et nous offre une reprise sépulcrale de «
Sweet Dreams » en intra-veineuse. « Antichrist Superstar
», en 1996, est l’album de la consécration nationale.
A défaut de brûler le drapeau, il proclame : «
I am the anti flag unfurled (…) here is my anti president gun (…)
anti peace and anti life anti husband and wife anti chance and anti
me I don’t deserve a chance to be ». Paradoxes et controverses,
négation de soi ou des autres, cas clinique? Il ne s’agit
pas de définir cette figure androgyne et transformiste :
MARYLIN MANSON nous fait mordre la poussière, et nous donne
un « avant-goût » dégueulasse de ce que
nous vivons déjà…
Mon préféré reste le volet «
Mechanical Animals » de 98 : un glamour omniprésent,
avec ce petit côté Ziggy Stardust/Bowie, Warhol et
maldororien pour le désespoir. C’est l’époque du terrifiant
« Rock is dead » : société toxique et
dégénérescence individuelle. MARYLIN MANSON
est aussi ce que nous sommes : un monstre pervers. Quelques battements
de (faux) cils sur une gangrène que l’on médiatise…
« God is on the TV.1000 mothers are praying for it. We’re
so full of hope and so full of shit”. “Dope Show” insiste : “I hate
today” et rappelle ainsi le “no future » du regretté
mouvement punk.
1999, un Live, « The Last Show on Earth »,
suivi par « Holy Wood » en l’an 2000 : l’univers ( l’Univers
) y est sombre, violent et négatif. Les textes abordent les
thèmes de la cécité vers laquelle on nous entraîne,
l’appât d’une balle suicidaire, le rejet absolu du divin (
ne plus croire en rien ), le commerce de la mort et l’appel à
la lutte envers et contre notre propre tragédie.
MARYLIN MANSON, archange accusateur, parce qu’il se
situe bien au-dessus d’une nuée de conneries que l’on nous
fait avaler depuis le début de la vie.
« Mémoires de l’Enfer » par Marylin lui-même,
aux Editions Denoel, est une bio à découvrir : une
existence plus que variée.
Karine F