Interview :
Marcel et son orchestre : «Le rire est une arme»
Quatrième album studio sous le bras, Marcel et
son orchestre repart écumer les routes de France. Nous les
avons rencontrés avant leur concert du 11 octobre à
Choisy-le-Roi. L’évolution du groupe, les intermittents du
spectacle, le rock, l’engagement politique et, bien sûr, la
déconne: rencontre avec Franck, le chanteur à la langue
bien pendue d’un pur groupe de scène qui, à force
de centaines de concerts, fait aujourd’hui figure de fer de lance
du rock festif français.
Après leur balance, les Marcel viennent s’attabler
au «catering», histoire d’avaler leur portion de côtelette-haricots.
Franck, le ventre déjà plein, en profite pour nous
expliquer la recette du succès sauce Marcel.
Qu’est-ce que le nouvel album (« Un pour tous… Chacun
ma gueule ») change par rapport au précédent...
s’il y a du changement?
Il est carrément mieux (rires)! On a eu le temps, les
moyens de le faire. Il existait un système à l’époque
qui s’appelait l’intermittence du spectacle…
Attend, on y reviendra…
Au départ, Marcel, c’est toujours un groupe complètement
indépendant. On a mis des années à devenir
intermittents, mais on ne cherchait pas à le devenir à
tout prix.
Vous arrivez à en vivre, maintenant?
Oui, grâce à l’intermittence. Mais ça c’est
depuis, grosso modo, 2000. On l’est devenu (NDR : intermittent
du spectacle) quand on ne pouvait plus avoir de boulot à
côté, quand il y avait trop de dates et qu’on retournait
au boulot en rentrant du concert. Et... En quoi l’album change?
On a loué les services d’un réalisateur artistique,
M. Lati Kronlund, qui est producteur du groupe américain
Brooklyn Funk Essentials, qui a bossé avec Isaac Hayes, avec
Khaled.
Vous vous embourgeoisez!
Ouais, si tu veux. Disons que, à un moment, il ne faut
pas péter plus haut que son refrain. Quand tu ne sais pas
faire un truc, il faut appeler les gens qui savent le faire. Je
pense que l’on a mis vachement de temps à comprendre que
la scène et le disque étaient deux métiers
différents. Mais au départ, les albums étaient
vraiment faits dans l’urgence.
A la limite, c’était simplement un support pour tourner?
Non, mais s’il y a eu un premier disque, c’est simplement parce
qu’on a lancé une souscription et qu’il y a eu 300 mecs qui
ont donné 10 sacs pour que l’on puisse entrer en studio.
Et ensuite, on est autoprod’.
On ne peut pas dire qu’on avait les moyens d’entrer en studio.
Donc, à chaque fois que l’on a eu des expériences
studio, c’était sur un délai extrêmement court.
Et donc c’est la première fois de notre histoire où
l’on bosse à plein temps sur Marcel et son orchestre. C’est
vrai qu’on y a mis plus de temps, plus d’énergie, plus de
moyens et pour un album qu’on croit plus ambitieux.
Est-ce que cela a changé quelque chose sur le fond
musical?
Oui, parce que quand tu as davantage de temps, tu as le temps
de soigner, de réécouter, de travailler sur les arrangements.
On a vraiment voulu soigner les mélodies et puis le propos.
C’est vrai que Marcel, dans l’univers musical, n’a jamais eu une
étiquette particulière. C’est-à-dire qu’on
est curieux de tout et spécialistes en pas grand chose. Par
contre, maintenant, quand on décide de jouer un morceau qui
sonne calypso, on le pense pour que ça sonne vraiment calypso;
lorsque qu’on pense à un son métal, on le réfléchit
vraiment comme un son métal.
On a fait un peu d’à-peu-près pendant un moment.
Là, je pense que, véritablement, on s’est dit: attention,
on soigne l’affaire. En conclusion, sur le fond, c’est du Marcel;
sur la forme, c’est vraiment autre chose.
Donc cette fois vous avez les moyens, vous vivez de votre
musique, vous êtes intermittents: est-ce que la réforme
de l’assurance chômage des intermittents risque de changer
la donne pour vous?
De toute façon, ça change pour tout le monde, il
ne faut pas rêver. Le problème c’est que les médias
t’ont dit: les intermittents devaient jusqu’à aujourd’hui
totaliser un minimum de 507 heures (de travail) en 12 mois
et ils devront dorénavant les faire en 10 mois et demi. Ça
ne veut rien dire!
Un mec qui regarde la télé, ou qui écoute
la radio, qu’est-ce qu’il va dire? «De quoi ils se plaignent,
ces fainéants? Moi, je les fais en 4 mois et demi.»
Sauf que ce n’est pas ça l’histoire. C’est le genre de métier
où, à chaque fois que tu joues sur scène, on
te donne 12 heures. Si tu divise 507 par 12: il faut que tu te produises
43 fois dans l’année. Un minimum de 43 fois. En espérant,
quand tu es un groupe nombreux comme nous, où il y a 16 personnes
sur la route, que le cachet soit suffisamment important pour pouvoir
salarier les 16 personnes. Sinon, il y a des fois où tout
le monde ne sera pas payé. Donc ce n’est pas 43 fois que
l’on va devoir jouer, mais peut-être 86 fois.
Et les groupes qui peuvent jouer 86 fois…
…C’est déjà plus compliqué de réussir
à vendre son spectacle 86 fois. En même temps, il faut
se dire que quand tu habites Lille et que tu vas jouer à
Toulouse, tu as un jour pour descendre, un jour pour remonter: tu
es parti trois jours pour être payé douze heures. La
plupart des mecs, quand ils vont au boulot, ils arrivent le matin
à 8h, ils partent à 18h, ils ont, éventuellement
20-25 mn de transport. Nous, des fois, on a une journée de
transport et, pendant cette journée, on n’est pas payés.
Le problème aussi, c’est qu’on ne travaille pas 507 heures:
on travaille tout le temps. Quand tu as une idée, tu travailles
la nuit. Et tu as des journées de 14, 18, 20 heures parfois.
Je considère que c’est un génocide qui se prépare...
Non, c’est un sale mot, ce n’est pas vrai. Mais en tout cas, c’est
un grand, grand drame. Parce qu’il y a 30% des mecs qui vont se
retrouver sur la touche.
Une dernière chose: quand on dit 10 mois et demi, ce n’est
même pas vrai. Pour les salles rock, il faut te dire que le
mois de septembre, ça ne se joue pas parce que les étudiants
ne sont pas rentrés; les salles de spectacle ne sont pas
ouvertes; c’est la fin des festivals et donc, en septembre, tout
le monde se repose. Après, du 20 décembre au 20 janvier,
personne non plus ne programme. Ça veut dire que ce n’est
pas en 10 mois et demi mais en 8 mois et demi que tu dois faire
tes heures.
Hier, j’étais au concert des Wriggles et il y a eu
une petite intervention avant (par un technicien)
pour exposer ce genre de problèmes. Il soulignait notamment
que les intermittents étaient demandeurs eux-mêmes
d’une réforme. Sauf qu’on a dit, en gros: voilà la
réforme qui est proposée et les intermittents ne sont
pas d’accord. Mais dans quel sens il aurait fallu faire la réforme?
Il y a des gens qui n’ont pas à être intermittents.
Quand tu as un seul employeur à l’année, ou depuis
plusieurs années, tu n’es pas intermittent du spectacle.
Il t’appartient simplement de faire valoir tes droits et de dire:
«Je suis désolé, qu’est-ce que dit le Code
du travail? Je devrais être en CDD et au bout de deux CCD,
tu dois me prendre en CDI». Et il y a des mecs qui sont
intermittents dans des lieux fixes depuis une vingtaine d’années,
ou dans des boîtes de production ou des boîtes de disques
qui génèrent des millions et des millions d’euros
de bénéfices! Et ils prennent des intermittents! C’est
hallucinant!
C’est-à-dire que c’est le régime de solidarité
Unedic qui doit payer les salariés des multinationales? Où
est-ce qu’on a vu jouer ça? Et eux, ils n’en ont rien à
péter de les faire en 10 mois et demi, parce que si on leur
demande de les faire en 5 mois, ils les feront en 5 mois (en
fait, les sociétés dont parle Franck font travailler
à plein temps des milliers de personnes, en déclarant
le minimum d’heures pour que celles-ci puissent prétende
au statut de l’intermittence. C’est donc l’Unedic qui paie la différence,
en assurant un revenu complémentaire à ces personnes…
qui vont rarement se plaindre de peur d’être virées).
Le problème, c’est que c’est un système qui permet
d’aider, logiquement, la création. Ce n’est pas le cas, là.
Alors, en effet, il faut dégrossir. Il y a des mecs qui n’ont
pas à en bénéficier. C’est tout.
En plus, il y a des bidouillages sur les chiffres (Le
déficit annoncé à 800 millions ne prend en
compte que la moitié des cotisations).
Et en même temps, il y a un régime qui est autrement
plus déficitaire que celui des intermittents: c’est le régime
des intérimaires. Seulement, on ne va pas s’attaquer aux
intérimaires, parce que c’est intéressant (pour
les entreprises) plutôt que de prendre des mecs en CCD
ou en CDI. Le Medef (Mouvement des entreprises de France, qui
représente le patronat), ils sont vachement contents
qu’il y ait les intérimaires. Donc, c’est une gigantesque
hypocrisie (Certains, au Medef voudraient carrément basculer
les intermittents dans un système calqué sur celui
des intérimaires!).
Pour revenir aux Marcels: une chose m’a frappée sur
le festival Solidays. Il y a toujours des mecs qui se baladent avec
des t-shirt de tel ou tel groupe. Et ce que j’ai vu le plus, c’était
des t-shirts Marcel (alors que le groupe ne jouait pas
sur le festival!). Vous prenez ça comment?
Ben écoute, on est contents, on ne va pas se plaindre!
Une chose est sure avec Marcel: c’est le public qui a fait l’histoire.
Mais parce qu’au départ, vous êtes un groupe
de scène.
On est d’abord un groupe de scène, bien sûr. En
même temps, un groupe qui ne serait pas un groupe de scène,
ce serait encore un groupe? Dans ce qu’on appelle «les origines
rock’n’roll», un peu convulsives, moi je pense que le rock’n’roll,
ça s’exprime sur scène.
La scène, c’est notre cour de récréation.
C’est là que le public nous a rencontrés. Je pense
même que c’était un problème pour la presse.
Parce qu’un journaliste, comme un musicien, a un certain ego. Et
le journaliste aime bien dire: voilà ce que vous devez aimer
en ce moment, moi j’ai découvert ça, je vous propose
de le découvrir à votre tour.
Le problème, c’est que quand c’est le public qui fait
découvrir aux journalistes, à quoi il sert, le journaliste?
Il n’est là que pour constater un truc.
Tu as l’impression qu’il y a eu un certain recul, une défiance
par rapport aux Marcel?
Je pense que la presse ne savait pas si c’était du lard
ou du cochon. Alors que nous, on sait depuis longtemps que le lard,
c’est du cochon.
C’est génial de pouvoir se dire cela, que c’est le
public qui vous a fait.
Bien sûr. Il n’y a rien de mieux. En même temps,
du coup, on te dit: «groupe populaire». Alors, oui,
on a un côté «poum-poum-tralala». Mais
on n’est pas que ça. A partir du moment où tu mets
des paroles, c’est que tu as des choses à dire.
Pas forcément. Il y a plein de groupes qui disent:
les paroles, on les fait un peu parce qu’il faut mettre des paroles.
Oui, mais tu sais… On fête le 25e anniversaire de la mort
de Brel. Il a fait des textes qui n’étaient pas tous à
tomber à la renverse. Il ne faut pas non plus se pignoler
systématiquement.
Mais si dans le lot, il y en a quelques-uns qui («valent
le coup», veux-je dire, mais je n’ai pas le temps de finir)…
Mais dans ce cas là, c’est la même chose pour Henri
Tachan, pour François Béranger, qui est toujours vivant
(et qui est mort, trois jours après l’interview, le 14
octobre), pour Ricet Barrier, qui est toujours vivant, pour
Anna Prucnal, qui est toujours vivante, pour quantité d’artistes.
Mais c’est un petit peu chiant que l’on ait fait un monument aux
intouchables, à travers Brel, Brassens (dont ils reprendront
«Le pornographe» le soir même), Léo
Ferré, Barbara, Edith Piaf, et que l’on se dise: on a eu
ça, on n’aura rien d’autre.
Il n’y a pas de raison qu’en 2003, il n’y ait pas autant de talents
qu’en 1960. Simplement, c’est beaucoup plus facile de récupérer,
de faire des commémorations à des morts. Brel, quand
il a écrit «La statue», je pense que c’était
une chanson anti-commémoration.
De toute façon, sur le fond des paroles, la reconnaissance
vient souvent après. Ce n’est pas que dans le domaine musical.
Tu crèves et, paf!, d’un seul coup, tu es au Panthéon.
Bien sûr. Comme Coluche. Il a fallu qu’il fasse «Tchao
Pantin» pour qu’on dise: «Tiens! Il est sérieux,
il est intelligent». Comme si, pour faire talentueux,
il fallait faire chiant.
De ce côté là, ça va, vous êtes
blindés. Mais est-ce que vous vous posez une limite entre
le côté vraiment festif et certains problèmes
que vous abordez, ou les implications que vous avez avec certaines
associations? Est-ce que vous vous dites, à un moment, qu’il
ne faut pas faire de la moralisation?
Exactement. Et puis il ne faut pas confondre militantisme et
bons sentiments. Une chanson, ça fait trois minutes. Et en
trois minutes, tu ne peux pas faire thèse-antithèse-synthèse.
Tu ne peux pas remplacer un article de presse de fond. A chacun
son métier. Je pense que la chanson est un média,
éventuellement, pour amorcer. Ce n’est pas un média
pour analyser. Il ne faut pas non plus se prendre pour Che Guevarra.
Après, si c’est pour jouer à l’applaudimètre:
«Alors, qui est-ce qui est contre la guerre? Ouaaais!»…
C’est du niveau CP, ça. C’est un peu super agaçant.
De la même façon avec: «On a envie de respirer
de l’air pur». Ben oui, qui est-ce qui a envie de respirer
de l’air pollué? C’est en cela que, des fois, le rock, c’est
un peu cours élémentaire. C’est chiant. Alors on essaie
de le détourner un petit peu.
Et puis je pense que nous, véritablement, on a ça
en nous. C’est à dire que l’on s’est connus plutôt,
pas sur des affinités musicales, mais sur un amour de la
déconne. Dès qu’on a une conversation, au bout de
dix minutes ça plie et ça décolle. C’est notre
façon de communiquer entre nous. Donc, quand on a décidé
de communiquer avec d’autres, ça c’est apparu tout de suite.
On pense que le rire est une arme.
Dans une récente interview (sur www.toutnancy.com),
tu disais même que le rire est une arme contre la peur.
Tu sais, quand Chaplin fait «Le dictateur», c’est
quoi? Est-ce que ce n’est pas le plus grand film anti-fasciste qui
soit? Quand Benigni fait «La vie est belle», c’est quoi?
Ce sont les clowns qui ont tiré la sonnette d’alarme à
plein de moments. Est-ce que quelqu’un d’autre que Coluche aurait
pu faire quelque chose comme les Restos du cœur, avec un texte et
le porter comme ça: «Moi je file un rencard à
ceux qui n’ont plus rien...» Ce n’est pas facile de balancer
un texte comme ça!
Même sur l’homophobie, Josiane Balasko avec «Pédale
douce» a fait sûrement un travail plus important que
Cyril Collard avec «Les nuits fauves». Il y a des comédies
comme ça qui sont très intelligentes pour réveiller
les consciences collectives.
A votre niveau, est-ce que vous n’allez pas prêcher
que des convaincus? Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de mégrétistes
à vos concerts. Ou alors, ils sont bien déguisés.
Non, c’est évident. Mais c’est la raison pour laquelle
nous jouons où on nous demande de jouer. Il n’y a pas un
cahier des charges en disant: «Si tu n’es pas un lieu auto-géré,
militant de ceci ou de cela, on ne vient pas jouer». Demain,
si on nous demande d’aller chez Drucker, on ira, à condition
qu’on puisse y être nous-mêmes.
Je viens d’un milieu extrêmement populaire et c’est chez
Drucker ou chez Guy Lux que j’ai découvert Gainsbourg et
Coluche, ou même Trust. Et je n’ai pas le sentiment que ces
mecs-là, en passant à la télévision,
ont d’un seul coup vu leurs propos s’édulcorer, devenir vides
de sens.
Je suis un peu pour l’entrisme. Je considère que trois
minutes de Coluche ou même de Renaud à la télévision,
c’est trois minutes d’Hélène Segara en moins. On se
plaint tous: «Y’a rien à la télé,
c’est nulle à chier.» Mais, néanmoins, tout
le monde la regarde pour pouvoir dire ça.
Est-ce que le gouvernement actuel vous a un peu inspiré
sur certaines chansons?
Bien sûr. Tu sais, on se retrouvait en répèt’
pour préparer l’album et finalement, à chaque fois,
on arrivait et on disait: «Putain! Tu as vu ce qu’ils ont
encore fait passer?». Et puis il y avait la fermeture
de Sangatte (camp où étaient hébergés,
et dans des conditions peu reluisantes, des réfugiés
et des sans-papiers qui tentaient de traverser la Manche pour gagner
l’Angleterre) à ce moment là. On est quand même
de Boulogne-sur-Mer, c’est à 25 bornes de chez nous. On a
participe au comité de soutien aux réfugiés
et tout ça et, merde! Aujourd’hui ils ont fermé les
Algeco. Les mecs sont dehors, il n’y a plus rien! Il y a la galle
là-bas! Il y a des situations absolument hallucinantes, et
tu t’interroges sur ce qu’est encore la non-assistance à
personne en danger. Est-ce que tu as le droit de secourir une personne
en danger à condition qu’elle soit en règle et de
nationalité française?
Tout cela nous a inspiré. Parce que tu as vu des délits
de solidarité, des délits de syndicalisme pour José
Bové; tu as vu un gamin qui traîne dans une cage d’escalier
et, allez hop! Il se prend trois mois de prison. Tu vois des trucs
où on évacue des gamins qui font un peu les cons au
flashball. Il y a des gamins sur la fête du Teknival qui perdent
une main. Tu te dis: une société qui bastonne ses
enfants au lieu de les éduquer, ce n’est plus une société.
Alors, c’est vrai que tout cela, ça a déteint.
On s’est dit: merde! On est en train de baisser les bras, de tomber
un peu le moral. Et c’est pour ça que, à un moment,
on s’est ressaisis. On s’est dit: il faut savoir encore rire à
la gueule de nos peurs. Il faut que l’on soit plus forts que ça,
et il faut qu’on les regarde dans un grand éclat de rire.
C’est comme pour n’importe qui, comme pour Le Pen: si on ne les
avait pas diabolisés, si on n’avait pas montré qu’on
avait peur d’eux, ils ne seraient pas devenu des monstres.
Et si on avait montré, tout bêtement, ce que
c’était…
Oui, mais quelqu’un devient un monstre si tu montres que tu as
peur de lui. Ça commence dans les cours de récréation.
Celui qui fait un peu le cador, si tout le monde montre qu’il a
peur, il ne va plus se sentir pisser; si on le ridiculise, si on
sait se foutre de sa gueule, il ne sera jamais un monstre. C’est
pour cela que le rire est une arme.
Suite et fin de cette interview la semaine prochaine. Au menu:
les associations que Marcel soutient, les concerts, les changements
au sein du groupe, les artistes qu’ils aiment et, aussi, leur dernière
grande campagne contre «les villes qui sont sur la pliure
des plans».
http://www.marceletsonorchestre.com (site officiel)
http://magikmoumoute.free.fr (site officieux)
Propos recueillis par Fabien M.