Iron Maiden - Rock In Rio
On les croyait définitivement perdus lors de
la sortie de "Virtual XI", album marquant par sa médiocrité
et son manque de recherche. Mais le retour de Bruce Dickinson,
chanteur emblématique du groupe, associé à
celui d'Adrian Smith, lui aussi présent lors des heures
de gloire de la vierge de fer, devait annoncer une sorte de renaissance,
assurant par la même occasion une raison valable d'aller les
voir sur scène. C'est d'ailleurs lors du festival Rock In
Rio se déroulant bien entendu au Brésil que les six
musiciens (dont trois guitaristes !) décidèrent de
garder une trace de leur passage. Il faut dire q'un concert devant
plus de 100 000 personnes, ça se fête !
Avant de parler du live, revenons sur la carrière du groupe.
Plus de vingt ans de carrière et douze albums studio méritent
bien cela ! Nous sommes en 1978. Le punk a déjà envahi
le paysage musical, crachant ses riffs approximatifs et ses paroles
provocatrices à la face du monde. C'est à cette période
que naît un mouvement appelé New Wave Of British Heavy
Metal, avec des groupes comme Saxon, Def Leppard et
bien sûr Iron Maiden. Un premier album éponyme
sort en 1980, assénant un coup de massue dans le monde du
rock. Une énergie brute associée à une recherche
musicale relativement avancée ne laissent indifférents
ni l'Europe, ni les Etats-Unis. La première mouture du groupe,
c'est-à-dire Steve Harris (basse), Clive Burr
(batterie), Paul Di'Anno (chant), Dave Murray (guitare)
et Dennis Stratton (guitare) ne restera en l'état
que pour un album. Stratton est en effet remplacé
par Adrian Smith en 1981. L'album "Killers"
entre dans les charts la même année, assurant un peu
plus au groupe une image de valeur montante du hard rock.
L'album suivant, "The Number Of The Beast",
est le disque qui va les propulser sur le devant de la scène
: d'une part en raison de l'arrivée de Bruce Dickinson
au chant (remplaçant Di'Anno), et d'autre part grâce
à une polémique lancée autour des musiciens.
Ils sont accusés d'être satanistes, ce qui leur vaut
une publicité inespérée. Considéré
comme un groupe majeur du mouvement métal, Maiden
enregistre leur quatrième opus dans des conditions dignes
de celles accordées aux plus grands : hôtel particulier
avec personnel à leur disposition… . Le batteur Nicko
Mc Brain vient remplacer Clive Burr, donnant un nouveau
souffle aux morceaux et "Piece Of Mind"
sort en 1983. Le succès est immédiat. L'année
suivante, "Powerslave" est disponible dans
les bacs. Le groupe s'attaque aux mythes de l'Egypte ancienne, appuyé
par une superbe pochette (la plus belle à mon goût)
dessinée par le graphiste attitré du groupe, Derek
Riggs. Une tournée marathon s'en suit, et par la même
occasion le premier album live : "Live After Death"
(1985).
L'année 1986 et l'album "Somewhere In Time"
marquent un tournant dans la l'orientation de Maiden. On
note en effet pour la première fois la présence de
claviers dans les compositions. Steve Harris, bien qu'étant
toujours la tête pensante du groupe, partage le travail de
composition avec Adrian Smith. Le groupe se tourne de plus
en plus vers la conceptualisation de la musique.
"Seventh Son Of A Seventh Son" (1988), véritable
concept-album, vient marquer la fin de l'ère Smith.
Ce dernier quitte le groupe et se voit remplacé par Jannick
Gers. Un succès en demi-teinte pour le rock n' roll "No
Prayer For The Dying" (1990) n'entame pas la hargne
des musiciens qui plantent définitivement le clou avec "Fear
Of The Dark" (1992) et un live en deux parties : "A
Real Live One" (1993) qui retrace leur parcours entre
1986 et 1992 et "A Real Dead One" (1993)
qui se penche sur la période 1980 - 1985. Mais 1993 est également
l'année du départ de Bruce Dickinson, créant
un dommage quasi irréparable au groupe. Car si les compositions
de "X-Factor" (1995) ne sont pas si mauvaises
que ça, les prestations scéniques du nouveau chanteur,
Blaze Bayley, causent beaucoup de tort à l'ensemble
des musiciens, de même que son incapacité à
chanter bon nombre de titres de la période Dickinson.
"Virtual XI" vient confirmer cette tendance :
les compositions sont anémiques et sentent le déjà-vu
à plein nez. La fin semble proche…
Heureusement pour les fans, Bruce Dickinson et Adrian
Smith reviennent tous deux pour redorer le blason de la vierge
de fer, à moins que ce soit pour des raisons financières…
Toujours est-il que si "Brave New World"
ne brille pas par son originalité, il témoigne d'une
réelle envie de se remettre au boulot.
"Rock In Rio" arrive donc à point
pour pouvoir se faire une idée de l'état du groupe
à l'heure actuelle… Et on peut dire qu'il est en forme !
Malgré l'âge relativement avancé des musiciens,
l'énergie est bien présente, ne serait-ce qu'à
travers les envolées lyriques de Dickinson, égal
à lui-même. Beaucoup de morceaux sont extraits du dernier
opus, mais que les fans de la première heure se rassurent,
tous les titres ayant fait la gloire du combo sont bien présents.
Les trois guitares se partagent bien le travail, même si on
a parfois du mal à savoir si elles jouent toutes… S'il n'a
rien de révolutionnaire, cet album est un bon moyen de découvrir
ou de redécouvrir un des plus grands groupes de métal
de ces vingt dernières années.
Site officiel : http://www.ironmaiden.com