Ambiance Lounge
(Wagram Electronic)
Attention, énervés de tous bords, passez
votre chemin ! Cet article n’est pas pour vous. En revanche, si
vous êtes un fervent adepte de la position horizontale sur
canapé confortable, ce qui va suivre risque de vous intéresser.
La musique électronique possède ses codes, ses
modes, et surtout ses lieux privilégiés. Si l’on délaisse
les boîtes de nuit et les hangars désaffectés
de côté, il nous reste l’endroit préconisé
par tout producteur de downtempo, j’ai nommé le Café.
Ne nous méprenons pas, il ne s’agit en aucun cas du café
du coin qui sert le ballon de Beaujolais à toute heure. Non.
Dans ces Cafés, l’ambiance est décontractée
mais la moindre trace de vulgarité est proscrite. On y reçoit
du beau monde, on écoute de la bonne musique tout en restant
détaché des choses car, après tout, l’apparence
n’est rien…
Tout cela sonne extrêmement « branchouille »,
mais c’est souvent l’impression laissée par ces endroits
faussement décontractés pour bobos friqués.
Et comme tout le monde n’a pas la chance de fréquenter de
tels lieux, le Café en question nous gratifie d’une
ribambelle de compilations reprenant les titres les plus souvent
joués lors des soirées. La plupart d’entre elles ne
méritent même pas de figurer dans un article, même
au rayon « À éviter ! », tant elles sont
insipides.
Deux d’entre elles tirent leur épingle du jeu malgré
un habillage un peu pédant. La première, « VIP
Lounge 2 », surprend par son parti pris. « London
Lounge », quant à elle, s’appuie sur des noms pour
séduire…
« VIP Lounge 2 » est un double CD comportant
deux parties bien distinctes. La première correspond à
ce qu’on attend d’une bonne compilation downtempo : des ambiances
feutrées, tantôt sombres, tantôt jazzy, des rythmiques
sophistiquées… On retiendra le ténébreux «
Fome Total Funky (Lowlives Total Dub) » de Zuco 103,
«Silver » de Bonobo, d’une simplicité
touchante et l’envoûtant «Embess Of Love » de
Mich Gerber accompagné d’Imogen Heap. D’autres
sont tout bonnement à oublier, ce qui est d’ailleurs déjà
fait.
Le second disque est ouvertement orienté world, avec tous
les risques que cela comporte (mélanges bon marché,
pillage musical,…). Si l’amateur éclairé risque de
rester sur sa faim, le néophyte y trouvera certainement son
compte. Les titres présentés sont honnêtes,
même si on tombe parfois dans de la world au rabais (quelques
instruments exotiques et un rythmique électro, ça
ne fait vraiment pas tout). Un tour du monde assez agréable
au final.
« London Lounge » reprend la formule consistant
à associer une ville à une ambiance particulière.
Après Paris et Berlin, c’est donc au tour de Londres de nous
dévoiler ses charmes. Si le principe est discutable, on ne
peut totalement bouder cette compilation tant la brochette de noms
met l’eau à la bouche : The Herbalizer, Cinematic Orchestra,
Smith & Mighty, Roots Manuva, Matthew Herbert, Rae & Christian,…
Un double CD (cela doit faire partie du cahier des charges de
toute compilation voulant posséder le nom lounge dans
son titre) intéressant mais trop inégal pour figurer
sur le haut de la pile de disques que l’on passe en boucle. Si les
têtes d’affiches tiennent en général leurs promesses,
les inconnus ont parfois tendance à traîner la patte,
relativisant quelque peu l’intérêt de l’ensemble. L’enchaînement
un peu maladroit de certains confortent dans l’idée que des
noms ne font pas tout.
Pour résumer, on peut simplement dire que les connaisseurs
se tourneront plutôt vers les albums originaux des artistes.
En revanche, ces compilations sont parfaites pour celui qui veut
découvrir sans être obligé d’écumer les
magazines spécialisés.
Merci à Wagram …