Lena Ka : Entre les mots
(Wea)
En cette fin d’année, nous avons choisi deux albums
« féminins » à chroniquer. L’originalité
est que plusieurs rédacteurs donnent leur avis sur le même
album.
L’avis d’Alexandre L…
Il serait étonnant que vous ne connaissiez pas
encore Lena Ka. C’est en effet dès 1999 que l’on a pu découvrir
un premier titre (repris d’ailleurs sur cet album) sur les ondes.
Une reprise de Daniel Balavoine : « Tous les cris les S.O.S
». C’est un véritable succès, le morceau est
superbe et remporte un disque d’argent avec plus de 200.000 exemplaires
vendus, il se place jusqu’à la 14 ième place des ventes
de singles. Mais Lena Ka c’est aussi elle qui chante en duo avec
Umberto Tozzi une nouvelle version de « Ti Amo ». Bref,
il y a peu de chances que cette artiste vous soit totalement inconnue.
C’est dès l’âge de 6 ans que la musique entre dans
sa vie, elle suit les cours de conservatoire de piano. Elle sui
également ses études dans des domaines scientifiques
mais c’est bel et bien la musique qui l’emportera. Elle enregistre
déjà dès l’age de 11 ans… ! Elle réussit
à 18 ans le concours d’entrée du Studio des Variétés
et suit des cours à l’Atelier de Chanson de Paris.
Les premières apparitions au grand public se feront à
la télévision, elle chante avec Doc Gynéco
dans l’irremplaçable « Taratata » et elle interprète
une chanson sur M6 dans « Génération Hit ».
Les premiers pas sur scène suivront rapidement, déjà
remarquée elle est choisie comme choriste pour le groupe
Mad in Paris. C’est juste quelques mois avant sa signature chez
Heben Music pour l’édition du titre « Tous les cris
les S.O.S ».
Elle nous offre donc aujourd’hui son premier album (plusieurs
extraits sont déjà sortis mais n’ont pas bénéficiés
d’une promotion extraordinaire, les empêchant de se faire
remarquer) qu’elle a en grande partie écrit et composé
elle-même. On découvre ainsi toute la fragilité
de l’artiste. Souvent accompagnée uniquement d’une guitare
ou d’un piano c’est une voix pure et superbe qui se pose sur des
textes simples mais justes qui prennent souvent comme thème
les relations hommes-femmes. Quelques cordes viennent parfois s’ajouter
mais uniquement pour parfaire l’ensemble.
En plus de ces compositions personnelles, Lena Ka interprète
donc la reprise de Daniel Balavoine et le duo avec Umberto Tozzi
et aussi un extrait de la bande originale du dessin animé
Atlantide. L’interprétation reste excellente mais le morceau
ne trouve pas vraiment sa place sur l’album (seul minuscule bémol
que je pourrais trouver…).
Une voix qui parfois peut faire penser à Zazie ou Anggun
(surtout sur « Je graverai nos deux noms »), mais surtout
une voix magnifique et pure qui donne tous leurs sens aux textes.
En résumé, j’ai personnellement totalement accroché.
A aucun moment on ne se lasse grâce à des rythmes variés
tout au long de l’album, parfois plus soutenus, (« Un peu
plus à moi ») qui contrastent avec des titres souvent
dans un style plus « ballade ». Certains morceaux laissent
place uniquement au piano et à la voix, ce qui donne un résultat
magnifique (« Fragile intense » et « Entre les
mots »). Je soulignerai également un de mes morceaux
préférés : « Sur mon épaule »,
bien qu’il est difficile d’avoir des préférences tant
l’ensemble est bon.
Une voix magnifique, des musiques et des rythmes variés
et de bons textes. Une seule chose à dire : magnifique. Je
crois que vous avez compris, j’ai adoré… !
Peu d’albums peuvent se venter de ne contenir que des bonnes
chansons… Alors il vaut mieux profiter de l’occasion de ces superbes
titres que nous offre Lena Ka. N’hésitez pas une seconde.
L’avis d’Isabelle R…
Récemment, la chanteuse a repris le tube mondial «
Ti amo » en duo avec l’italien Umberto Tozzi. 400 000
exemplaires déjà écoulés qui suffiront
peut-être à faire rebondir la carrière de la
chanteuse Léna Ka. A 27 ans, celle-ci n’en est pas à
son premier coup d’essai... Et pourtant, malgré plusieurs
succès artistiques, la chanteuse demeure méconnue
du grand public. Apprenons à mieux la connaître...
Léna Ka est une artiste plurielle possédant un
charisme envoûtant. Cette jeune auteur-compositeur-interprète,
d’origine italo-tunisienne a plus d’un tour dans son sac...
Précoce, la chanteuse débute à l’âge
de 6 ans par le piano classique au conservatoire. Elle y apprendra
le travail et la rigueur. A 11 ans, l’adolescente enregistre une
reprise de Madonna dans un studio amateur : « Like a virgin
» mais le titre ne sera ni diffusé ni commercialisé.
Peu importe, quelques années plus tard, Léna plus
déterminée que jamais fait son entrée au Studio
des Artistes. Parallèlement elle poursuit des cours de chant
le soir à l’ACP (Ateliers de Chanson de Paris.
En 1996, elle participera même au concours de l’ACP en
présentant 2 de ses compositions inédites et une reprise
de la chanteuse Bjork « It’s all so quiet ».
Par la suite, les émissions Génération Hit
(ou elle chantera le titre « Fantasy » de Mariah
Carey) et Taratata (où elle chantera en duo avec Doc Gynéco)
la reçoivent en tant qu’artiste.
En 1998, elle devient choriste pour le groupe Mad in Paris et
réalise avec eux un petit nombre de concerts.
Peu après, c’est le coup de foudre avec le label Heben
Music qui la signe et lance le titre « Tous les cris les
SOS » , reprise de Daniel Balavoine. Gros succès
puisque le single sera vendu à plus de 200 000 exemplaires...
En 2001, le single « Sage » (Wea) sort dans les bacs.
Peu promu, il passera inaperçu et sera quasiment absent des
radios.
Le succès se fait toujours attendre. Léna, superstitieuse
affirme : "Entre 1999 et 2002, j’ai changé de nom d’artiste".
Léna Kann est devenu Léna Ka. "Ka m’inspirait
davantage puisque le nom égyptien de l’énergie vitale
des dieux et des hommes, je pensais que ça me porterait chance."
En octobre 2002, Lena nous fait part de son nouvel album «
Entre les mots » sur lequel on retrouve les titres «
Tous les cris, les SOS » et « Aussi loin que
tes rêves », bande originale du film Walt Disney,
« Atlantide, l’empire perdu » .
Sur cet album, Léna utilise beaucoup ses bases classiques.
La musique y est envoûtante, reposante. La chanteuse joue
sur un registre musical sans frontières.
On regrette cependant que les thèmes abordés ne
soient pas d’une grande originalité (amour, détresse...).
De plus, la voix plate et insipide de la chanteuse laisse un peu
à désirer...
Aujourd’hui, elle compte sur la chanson « Ti amo »
plus que jamais, cette chanson qu‘elle avait autrefois écouté
en boucle avec sa mère. Espérons qu‘elle lui portera
chance...
Isabelle R.
L’avis de Patrice B.
En tant que musicien, j’ai une méthode infaillible pour
juger de la qualité artistique d’une chanson. Quand je suis
en train de bosser, j’allume ma chaîne ou ma radio, et je
règle le volume de telle façon que la musique soit
un bruit de fond. Si je ne tape pas rageusement sur ma chaîne
hifi pour l’éteindre, c’est soit que je me suis endormi,
soit que j’ai quitté la pièce en oubliant la musique,
soit que rien ne m’a choqué dans le disque.
Si tel est le cas, je remets le disque du début, avec
un volume raisonnable, et je le savoure. Voilà ce qu’il est
s’est passé avec « Entre les mots ».
En tant que (gros) fan de Daniel Balavoine, je connaissais Léna
Kann depuis sa fantastique reprise de « Tous les cris, les
S.O.S ». A l’époque, on ne parlait plus de Daniel,
mais toujours du Paris-Dakar, Starmania tombait dans l’oubli, Star
Academy n’existait pas, et Liane Foly ne braillait pas encore sur
« La vie ne m’apprend rien ». En clair, la sortie de
cette reprise avait fait grand bruit. Il faut dire que la réalisation
de ce titre incombait au label Heben Music, spécialistes
de la reprise reboostée qui marche du feu de Dieu («
Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux » de Lââm,
ou « Fame » des Models, c’est eux !).
En tant qu’amateur inconditionnel de variété française
de qualité (et j’insiste sur qualité…), j’ai été
sensible aux ambiances. Le disque commence par un très bel
arrangement de cordes (violons…), d’où mon intérêt
quasi immédiat. Cet opus rompt avec la monotonie des productions
françaises de maintenant. On retrouve la guitare acoustique
jouée par un guitariste, et les claviers par un vrai pianiste…
Exit les machines, et retour aux sources exigé.
En ce qui concerne les chansons, je m’aperçois avec effroi
que l’on retrouve les deux premiers singles de Lena : « Tous
les cris… » et « Sage ». A ce moment-là,
je me pose une question : « serait-ce alors son premier album
? » Et bien, oui ! Etrange surprise. Après le succès
de « Tous les cris », le show-biz a complètement
oublié Lena Kann. Du coup, elle a coupée son nom pour
devenir un Ka, et a attendu des années avant qu’un producteur
ayant des oreilles et un cœur lui donne l’opportunité de
sortir cet album. C’est maintenant chose faite.
Cet album est un condensé de bonheur. Les chansons oscillent
entre ballades et ballades… L’atmosphère est très
mélancolique. Il y a, comme dans tout album, du bon et du
moins bon. Mon coup de cœur, outre la reprise de Daniel, est le
premier morceau : « Sur mon épaule ». Belle intro,
beau texte, très beau refrain. Quelle riche idée de
l’avoir placé dans en ouverture.
Notons que juste après, arrive le duo « Ti amo »,
rebaptisé « Rien que des mots » avec la méga
star italienne Umberto Tozzi. Malheureux que Monsieur Sucre et Eros
lui piquent la vedette, Umberto a raccordé sa guitare et
s’est décidé à revenir sur le devant de la
scène (NDR : Faut bien payer ses impôts !). Ce duo
marche si fort que Warner a ressorti et dépoussiéré
les vieilles chansons de papa Umberto et hop, un p’tit best-of spécial
méga génial 2002, avec, en prime, des photos jaunies.
La star italienne a même eu la chance (NDR : no comment) d’accompagner
une apprentie chanteuse sur le plateau d’une émission télé
super à la mode…
Le seul bémol que je pourrais émettre est que l’album
ressemble à un best-of, mais dans le sens négatif
du terme. A vouloir mettre, sur le même support, deux anciens
singles, un BO de dessin animé et des nouvelles chansons,
on perd en homogénéité… Dommage que Lena Ka
n’ait pas jugé utile de ré enregistrer ses deux premiers
singles, histoire de réactualiser un peu le son…
Quoiqu’il en soit, vu la période, il convient de dire
que cet album ferait un excellent cadeau de Noël. Espérons
que Lena ne soit pas contrainte d’attendre encore trois ans avant
de refaire un album.
Lena Ka : Entre les mots (Wea)
1. Sur mon épaule
2. Rien que des mots (Ti amo)
3. Tous les cris les S.O.S.
4. Papillon
5. Je graverai
nos deux noms
6. Deux
7. Il y a des moments
8. Un peu plus à moi
9. J'attends qu'il revienne
10. Sage
11. Fragile intense
12. Je n'oublie pas
13. Entre les mots
14. Aussi loin que tes rêves
Merci à Wea…
., Isabelle R., Patrice B.