Led Zeppelin
“Vous vous planterez comme un ballon plombé
!”, avait prédit Keith Moon (batteur des Who) à Jimmy
Page...
Led Zeppelin fut le prototype par excellence du groupe
de heavy metal. Dès leur premier album (1969), ils affirmèrent
ce son lourd issu du blues, mêlé de folk et de musique
orientale, album enregistré en 30 heures ! Page déclarait
: “J’étais vraiment dans l’ambiance pour ce premier album.
J’avais envie d’entendre sonner la batterie comme une batterie.
Et je m’en suis tenu à la devise suivante : la distance permet
la profondeur. J’ai donc appliqué cette théorie à
tous nos enregistrements.” Peter Grant, leur manager s’occupe
de les faire tourner aux Etats-Unis en leur décrochant LE
contrat (200 000 dollars). Led Zeppelin en profite pour entamer
le IIe album; Page n’est pas satisfait de l’album composé
dans les chambres d’hôtels faute de temps, mais la cohésion
du groupe reste et “Led Zeppelin II” caracolera aux premières
places des hit-parades durant plusieurs mois.
Au début des années 70, le groupe des “quatre furieux”
reprend sa route en Europe, puis encore aux Etats-Unis. Les rumeurs
vont bon train: il est vrai que les hôtels se souviennent
encore du passage du Zeppelin dans leurs chambres ! Le groupe se
forge une image digne de ce nom à travers leurs chaudes prestations
aux connotations sexuelles que l’on retrouve même sur les
pochettes des premiers albums.
Le IIIe album est un chef-d’oeuvre composé au fin fond du
Pays de Galles, dans la région de Snowdonia, amenant le Zeppelin
à la touche acoustique; les textes ayant été
critiqués pour leur simplicité, Plant décide
d’écrire “Celebration Day”; les journalistes s’excuseront.
Page dira : “Notre nouvel album est sans doute celui qui a le plus
de sens à nos yeux. Nous ne comptons pas changer radicalement
notre politique. Nous restons un groupe de hard. Mais l’album comprendra
un certain nombre de titres tout à fait différents,
ce qui ne rendra pas obligatoirement les anciens morceaux désuets.”
Le Zeppelin semble avoir tout exploré, tout fait; que
pourrait-il encore composer pour nous satisfaire ? C’est alors que
le groupe nous pond le méga-giga tube “Stairway To Heaven”
sur le IVe album qui est considéré comme le meilleur
album du Zeppelin. Tout y est : le hard entame le disque, la ballade
poursuit, arrive le tube, les bases du métal reprennent la
suite, de nouveau une ballade avec des mélodies vocales inégalées,
des soli de guitares devenus mythiques. Peter Grant doit donc d’organiser
la tournée mondiale, du Japon à l’Europe, des Etats-Unis
à l’Australie. Entre deux dates, Plant Page Bonham et Jones
trouvent le temps de composer un cinquième album; mais où
trouvent-ils cette énergie ?
Puis, en février 1975 sort “Physical Graffiti” sous la forme
d’un double album avec la chanson issue d’une inspiration de Page
et Plant dans le Sahara : Kashmir.
Une nouvelle tournée américaine est donc prévue,
mais Robert Plant est victime d’un accident de voiture le 4 août
1975; la tournée est annulée; le déclin du
Zeppelin est annoncé. Jimmy Page rejoint son allié,
ils composent “Presence”, album le moins rentable de tous, compte
tenu d’une promotion laissant à désirer, peut-être
due aux conditions... Les années noires commencent.
Avec l’album “In Through The Outdoor”, Led Zeppelin regagne le
public un temps soit peu. Par la suite, une tournée européenne
est prévue, mais le 25 septembre 1980, le Zeppelin et le
public apprennent la mort de John Bonham, responsable d’avoir “abusé
de la bouteille”.
Plant décide alors de prendre une carrière solo,
idem pour Page; ils se retrouvent enfin sur quelques scènes
ça et là. Tout le monde le demande, tout le monde
l’espère : à quand la reformation des trois rescapés
avec, pourquoi pas, le fils de l’ancien batteur : Jason Bonham ?
Page et Plant refusent et décident d’en tirer un album
complètement différent aux couleurs chaudes de la
musique orientale avec de nouvelles compositions honorables. Leur
dernier opus s’appelle “No Quarter” rassurant les plus médisants
sur le come-back des papys. En effet, certains espéraient
le crash du Zeppelin marquant leur place de protagonistes au sein
de l’histoire du rock and roll.
Aujourd’hui, Robert Plant et Jimmy Page sont les tyrannosaures
du “Jurassique Rock”, nous leur devons respect et dignité
pour nous avoir tant marqué.
Samuel D.