Kelis au pays des merveilles
Ce n’est pas parce qu’on est né à Harlem,
qu’on a une voix digne des plus grandes "Black Queens"
et qu’on a grandi dans le monde du gospel, du jazz et ce qui suit,
qu’il est facile de se faire une place sur la scène saturée
du R’n’B.
Mais, déterminée en plus d’être douée,
Kelis connaissait déjà, du haut de ses 20 ans, une
notoriété à faire des jaloux (et des jalouses
comme moi, car elle connaît les Neptunes, la veinarde). Si
quelques-uns l’avaient remarquée à ses débuts
pour ses tenues excentriques voire, selon certains, de mauvais goût,
d’autres l’avaient repérée pour sa voix d’or et ses
qualités d’artiste. Prise en charge et, soit dit en passant,
probablement dévergondée par les Neptunes, auteurs
et compositeurs de Kaleïdoscope (2000), son premier album,
Kelis a commencé par jouer le rôle de la fille en colère
contre les hommes. Et ça lui allait bien.
Un an plus tard, soit parce qu’elle s’est libérée
de l’emprise des Neptunes, soit parce que ses nouveaux producteurs
l’ont domptée, ou bien simplement parce qu’elle a grandi,
la belle revient avec Wanderland, un album beaucoup plus posé
qui lui va finalement tout aussi bien que le précédent.
"Je suis plus à l’aise aujourd’hui, je me suis calmée"
affirme-t-elle. Fière d’être l’auteur de 80% de son
opus (contre seulement trois titres dans le précédent),
Kelis le qualifie de très personnel : "Même si
la terre entière devait détester mon album, je continuerai
à en être contente parce qu’il est tellement moi. Si
les gens ne l’apprécient pas alors ils ne m’apprécient
pas. Je prie quand même pour qu’ils l’aiment".
Avec un titre, qui ne pouvait être plus approprié
(d’une part parce que Kelis, vous l’avez bien compris, sonne un
peu comme Alice, et d’autre part parce que Wanderland, c’est quasiment
Wonderland, le pays des merveilles) Kelis veut qu’on la rejoigne
dans son pays à la fois sensuel et agité. "C’est
une montagne d’émotions. En fait, c’est moi qui vous dit
de rentrer dans mon monde".
Un peu plus sage, certains ne pourront s’empêcher de dire
qu’il est plus commercial, Wanderland est un album très agréable.
Et finalement peu importe s’il est commercial ou non car, comme
le dit si bien Kelis, la musique est faite pour être écoutée,
et pas forcément pour qu’on en parle. A vous de voir.
Site web : http://www.kelis.com