Kalevala - A Finnish progressive rock epic
(Musea)
Trois CD, quatre heures de musique, trente groupes :
non, ce n’est pas une compilation mais un concept un peu dingue,
comme le progressif les adore. En l’occurrence, l’adaptation de
l’épopée traditionnelle finlandaise qui donne son
nom au projet, ce Kalevala qui aurait même inspiré
Tolkien pour «Le seigneur des anneaux». Sauf que, bien
évidemment, il n’est pas sorti dans le monde entier avec
des millions de dollars de budget promotionnel.
L’initiative en revient au magazine finlandais Colossus, spécialisé
(on s’en serait douté) dans le progressif. Avec une consigne,
celle de n’utiliser que des instruments des années 70, afin
de conserver le son et l’esprit du prog’ originel.
Résultat: un morceau par groupe, chacun s’attaquant à
un ou deux poèmes du Kalevala (décomposé «dans
le texte» en 12 chants de 12000 vers au total). Si huit nationalités
sont représentées, les formations italiennes se taillent
la part du lion (du renne?), aux côtés des Finlandais,
Suédois, Norvégiens, Britanniques, Français
(Cafeïne et Clearlight), Suisses et Américains.
Seuls ceux qui ne jurent que par le heavy-progressif à
la Dream Theater ne trouveront pas leur compte dans cette vaste
odyssée. Même si le progressif typiquement 70’s -mais
peu expérimental- domine logiquement, ses autres facettes
sont aussi de la partie: théâtrale, lyrique, énergique,
floydienne, rock ou pop...
Ma plus grande crainte était que l’ensemble soit vraiment
trop inégal (d’autant qu’on est loin du «all-stars
project»: pour être honnête, je ne connaissais
aucun des trente groupes...). Ce n’est pas le cas, même si
l’on aurait bien aimé que la saga nordique soit retranscrite
d’une façon qui donne vraiment le sentiment de toujours suivre
la même histoire.
Car ce «Finnish progressive rock epic» souffre forcément
d’un manque d’unité (et d’originalité pour certains
groupes, malgré l’ambition générale du concept).
Passer d’un seul coup d’un chant en finlandais à l’italien
fait assez bizarre. Surtout que l’on saute aussi, parfois, d’un
style à un autre sans crier gare (dur, dur, la transition,
sur le dernier Cd, entre l’envolée virevoltante des Suédois
de Grand Stand et la narration rabougrie des Italiens de Germinale).
S’il est impossible de s’enquiller l’intégrale de ce
copieux programme en une seule fois, on peut en suivre le fil grâce
à l’imposant livret, d’une soixantaine de pages. Pour chaque
morceau, une double page présente le groupe et resitue le
poème illustré. Du bien beau travail.
http://www.musearecords.com (mp3 en écoute à la section
«online store»)
http://www.colossus.fi/kalevala/Tribute.htm (le site du magazine Colossus, avec
la liste complète des groupes, des poèmes illustrés
et leur explication)
http://www.sacred-texts.com/neu/kveng/index.htm (traduction en anglais du Kalevala)