100% HARD! DU CULTE, DU CULTE, DU CULTE!
En faisant appel autant au physique qu'aux émotions,
le hard-rock a produit quelques albums cultes, qui méritent
l'attention de tout amateur de rock. Agression, technicité
et mélodie y jouent à cache-cache. Voici tout ce que
vous n'avez jamais voulu savoir sur le hard...
Qu'on le veuille ou non, le hard-rock, grâce aux multiples
dérivés qu'il a engendré depuis une trentaine
d'années, est un des genres musicaux les plus créatifs.
Peut-être parce qu'il est resté banni du grand public
et des médias. Le hard s'enrichit de tout ce qui lui tombe
sous la main: blues, classique, jazz, progressif, hip-hop, techno,
gothic, extrême... Des rythmes hypra lents du doom au terrorisme
auditif du black-metal, pas facile de s'y retrouver.
Il faut d'abord aller au-delà des clichés
qui, s'ils reflètent bel et bien un genre parfois caricatural,
oublient l'essentiel: la musique. Revenons donc à la fin
des années 60. Le rock ne fait déjà plus très
peur. Ses pionniers sont pour la plupart morts. Une nouvelle génération
biberonnée à la guitare électrique prend le
relais.
Très vite, elle pose ses propres jalons dans deux directions.
L'une est l'expérimentation, qui fait sortir le rock des
morceaux au format classique pour la radio, joue de la distorsion,
déstructure. L'autre ajoute un cran dans l'agressivité:
on muscle la base rythmique, on sature les guitares, on n'hésite
plus à crier les paroles qui vous sortent des tripes. Sans
être affiliés au hard, The Who, The Stooges d'Iggy
Pop, les MC5 ou encore Hendrix témoignent de ces évolutions.
"STAIRWAY TO HEAVEN"
L'héritage blues est alors encore très présent
chez la plupart des rockers. Les tous premiers groupes de hard-rock
en portent la marque. Ainsi de Led Zeppelin, l'un des initiateurs
du décollage du genre, dès le début des années
70. Cette décennie est d'une richesse artistique inouïe.
En témoignent des albums qui font encore autorité
aujourd'hui et restent des "must-have" pour tout amateur
de rock.
De Led Zeppelin, qui ne connaît "Stairway to heaven"?
Un crescendo qui part en quasi slow et se termine en orgie. Le groupe
demeure aujourd'hui une référence absolu. Tout comme
les ricains Aerosmith, bien plus "droit au but" que Led
Zep'.
Deep Purple, apparu aussi au tournant des 70's, peut se targuer
d'une personnalité très marquée, reconnaissable,
entre autres, au clavier de John Lord, à la guitare de Richie
Blackmore et à des morceaux assez longs et complexes. Leur
hit n°1 est "Smoke on the water".
CASSER LA BARAQUE
Black Sabbath relève d'une autre branche. Celle d'un groupe
qui, dès ses débuts, fait peur. Ils jouent accordés
extrêmement bas, une musique lourde et noire -qui n'a cessé
depuis d'inspirer de nombreux groupe.
En Australie, AC/DC (jeu de mots qui désigne à
la fois le courant alternatif et... les bisexuels) pousse ses premiers
vagissement au milieu des années 1970, toujours sous l'influence
du blues. Du très carré, avec un son "sale"
et des compos simples. Mais addictives. Le groupe tourne toujours
sur le même modèle un quart de siècle plus tard.
Les Allemands de Scorpions connaissent eux aussi le succès
dès la seconde moitié des 70's. Leur secret: l'alternance
de "chansons douces" et des purs morceaux de rock qui
cassent la baraque et s'impriment dans le cerveau.
Jusque là, le hard demeure un "enfant terrible"
du rock, pas encore émancipé. L'indépendance
vient à la fin des 70's-début des 80's. Led Zep, Black
Sabbath, Deep Purple ont du mal à négocier le virage.
Des groupes nés juste après ce trio 300% mythique
en profitent pour exploser. Comme Judas Priest, qui bénéficie
de Rob Halford, alias "the metal god" pour sa voix fabuleuse,
capable de tenir des aigus de puceau comme les grognements de moteur
GTI, et de deux gratteux spécialistes des riff (enchaînement
d'accords) impossibles.
HEAVY-METAL
Tout comme Judas Priest, Iron Maiden symbolise cette catégorie
du hard-rock appelée le metal. Celui-ci laisse en chemin
le blues et privilégie, comme son nom l'indique, un son beaucoup
plus "métallique". Né à la fin des
années 70 en Angleterre, Iron Maiden est le groupe à
guitares qui tuent, avec deux six-cordes dès les débuts.
C'est, avec Saxon et Tygers of Pan Tang, le pilier de la NWOBHM:
la new wave of British heavy metal.
Ce mouvement marque un renouveau du hard-rock, au tout début
des années 80. Il signifie en fait le vrai décollage
du metal qui, avant de se scinder en de nombreuses sous-tendances,
se résume encore alors au heavy-metal. Dans le domaine de
la musique agressive, il prend le contre-pied du punk, qui vient
de tout flamber en trois années (77-79) avant de retomber
dans l'underground.
Dans un laps de temps pas beaucoup plus long, le hard, lui, réussi
à exploser.
Apparaît le trash-metal, très rapide, musique à
pogos par excellence (les trois premiers albums de Metallica, Anthrax...).
Le grind, lui, pousse les batteurs aux limites de leurs capacités
physiques avec en prime l'utilisation systématique de cris
et un esprit gore (Napalm Death...). Le doom-metal, c'est l'inverse:
des rythmes de pachydermes sous anti-dépresseurs, une noirceur
à effrayer Dracula (Candlemass...).
Le hard-progressif s'appuie sur de longs morceaux aux structures
alambiquées, très techniques et mélodiques
(Marillion, Queensrÿche...). Du côté de Los Angeles,
la mode est au glam: les hardos se maquillent de façon outrancière,
portent des perruques blondes. Se côtoient les groupes les
plus ridicules de l'histoire de la musique, mais aussi quelques
perles de hot rock (Mötley Crüe...). Et bien sûr,
toutes ces tendances se mélangent allègrement entre
elles.
"STILL LOVING YOU"
Plus mélodiques encore, et taillés pour les radios:
c'est le hard-FM. Def Leppard et Bon Jovi en fourgueront des millions
d'albums à coup de sirops pour MTV. Car, contre toute logique,
les hardos démontrent un don particulier dans la composition
des slow pour emballer mieux qu'avec du film alimentaire. Du "Still
loving you" de Scorpions au "Nothing else matters"
de Metallica.
Seulement voilà... Le hard attire aussi un solide ramassis
de bourrins, qui n'en retiennent que l'agressivité. Cohorte
fastidieuse de groupes dénués de tout talent, convaincus
qu'il n'est pas nécessaire de savoir jouer tant qu'on pousse
les amplis à fond, avec un public à l'avenant. Le
hard et ses descendants en ont beaucoup souffert.
Heureusement, plus les années 80 passent, plus le niveau
technique global monte. C'est que le hard demande une certaine maîtrise.
Au moins pour suivre des tempos rapides avec de fréquents
breaks. Les mauvais se repèrent vite.
On en arrive au paradoxe d'une formation comme Death, initiatrice
du style qui porte désormais son nom, le death-metal. Accélérant
encore le tempo de tout ce qui se faisait jusque là, Death
y ajoute des voix extrêmement gutturales et caverneuses, ainsi
qu'un niveau technique qui démontrait qu'on avait pas simplement
à faire à du bruit.
A l'opposé, Venom, avec les mêmes ingrédients
moins la maîtrise instrumentale, proposait une musique des
plus basiques mais reposant sur une image de bracelets à
clous et de pseudo-satanisme.
BLACK-METAL
Les années 90 ont enterré puis exhumé le
hard. Au début, le grunge (Nirvana, Pearl Jam, Alice in Chains...)
balaie tous les groupes de metal. Le rock festif cède la
place à ceux qui étalent leur dépression nerveuse.
La hype grunge dure à peine plus que celle du punk. Kurt
Cobain y met fin en se faisant sauter le caisson. Vieilles gloires
et jeunes loups du metal en profitent pour regagner le terrain laissé
en friche.
Pendant ce temps, dans les vents glacés des pays d'Europe
du nord, à l'abris des ombres les plus underground, le black-metal
fait ses armes. Il allie une philosophie sataniste -et cette fois
pas toujours "pseudo"- avec l'héritage du death-metal
et de Venom, en remettant encore une couche d'accélérations
de batterie et des hurlements. Le black-metal s'auto-définit
ainsi comme un mouvement occulte. Il le reste effectivement jusqu'au
milieu des années 90.
Emperor, Immortal ou Marduk sortent alors de la nuit. Ou aussi,
dans la veine la plus accessible (que les plus intransigeants qualifient
de "commerciale", bien qu'une telle musique ne passera
jamais sur des ondes de T.V. ou radios nationales), Cradle of Filth
ou Dimmu Borgir.
Le black-metal constitue une sorte d'aboutissement. Par sa violence
extrême et parce que, à l'image des groupes sus-cités,
certains lui ont adjoint une sens mélodique ou des structurations
de morceaux parfaitement diaboliques et remarquables d'un strict
point de vue musical. Tant pis pour les "metalheads" (fans
de metal) qui avaient déjà du mal à supporter
les voix du death! Même sorti de l'occulte, le black reste
une affaire d'initiés, quoique de plus en plus nombreux.
EN MAL DE RÉBELLION
Le death refait lui aussi surface dans la seconde moitié
des 90's. Puis le heavy-metal à la façon des années
80, très mélodique et très guerrier. Stratovarius,
Angra, Hammerfall, Rhapsody cartonnent. Machine Head, Pantera et
Sepultura, eux, combinent l'énergie venue du trash à
des productions très modernes dans le power-metal.
Le néo-metal, lui, tente la fusion avec le hip-hop, comme
Mass Hysteria en France ou, aux USA, Rage Against The Machine puis
Korn et Limp Bizkit, nouvelles coqueluches des adolescents en mal
de rébellion. L'esprit de Black Sabbath resurgit ailleurs
et, dans un cocktail de rock lancinant, de psychédélique
et de fumette, se mue en stoner-rock: feu Kyuss, Queen of the Stone
Age, Spiritual Beggars...
On en oublie. Impossible de citer tous les courants, toutes les
innovations. Le hard ne s'est jamais aussi bien porté. Malgré
la quasi absence d'accès aux médias. Malgré
les cas de censure recensés aux USA, en Europe ou même
au Japon pour des pochettes j
Jugées de mauvais goût ou des paroles pas très
morales.
PAS DE POLITIQUE?
Restent deux taches. Des rumeurs régulières mettent
dans la même boîte hardos et fachos. Ce qui ne peut
que faire pleurer de rage n'importe quel connaisseur du mouvement.
Tout simplement parce que le hard est, au départ, plus "fun"
que politique, même si la plupart des groupes comptent dans
leur répertoire quelques titres dénonçant les
folies guerrières, "l'horreur économique"
et la haine.
Bien sûr, il existe des formations et des individualités
d'extrême-droite dans le hard, dans les mêmes proportions
que dans le reste de la société. Mais aucune n'a jamais
réussi à percer.
On peut quand même reprocher au milieu du hard de souvent
préférer ne pas savoir quand un groupe pose problème.
Ou de se contenter d'arguments défensifs du genre "mais
non, on ne fait pas de politique." Par exemple pour certains
combos de black-metal, qui poussent les "philosophies"
individualistes à l'extrême et louangent la survie
du plus fort. Jusqu'à déclarer qu'un bon coup de balais
de la moitié de l'humanité ne serait pas une lourde
perte.
Une toute petite minorité, certes, mais qui provoque le
malaise. A l'opposé, dans un magazine de hard-rock français,
lors du traditionnel "référendum" des lecteurs
de fin d'année, on a vu "la montée du FN"
figurer spontanément dans le Top 5 des déceptions,
alors que la question portait sur les mauvaises surprises musicales!
De même, la vague néo-metal affiche une certaine politisation
ou, du moins, un engagement sur les problèmes sociaux, comme
chez Rage Against The Machine (qui vient de se séparer).
En revanche, le sexisme du milieu hard n'est pas une légende.
Les formations féminines restent des exceptions. Et il suffit
d'écouter les paroles de bien des groupes pour comprendre
qu'un certain machisme et la glorification primaire de la virilité
sont loin d'avoir disparu.
SANS LENDEMAIN
Quid de la France dans tout cela? L'Hexagone n'est clairement
pas une terre promise du hard. Les groupes étrangers n'y
font en général qu'une poignée de dates lors
des tournées, voire une seule à Paris. Et ce n'est
pas nouveau.
Le hard français a connu un âge d'or au début
des années 80. Principaux représentants: Trust et
Vulcain. Deux groupes qui avaient choisi le chant en français
et et soignaient les textes, avec quelques brûlots sur les
prisons, l'armée, la police, les banlieues HLM ou les extrémismes
politiques.
Trust, qui fut à Téléphone ce que les Rolling
Stones furent au Beatles, est le seul a avoir acquis une réelle
renommée internationale (le tube "Antisocial), avec
un hard-heavy et un chant assez parlé. Vulcain pratiquait
plutôt un rock'n'roll à haute énergie.
Dans la lignée de la NWOBHM, d'autres groupes ont connu
un certain succès franco-français, à l'image
de Sortilège, Satan Jokers ou Warning. Sans lendemain. Par
la suite, personne n'a réussi à s'imposer significativement
à l'international, malgré parfois des galettes de
première bourre comme celles, par exemples, des trasheurs
d'Agressor ou Loudblast.
LE BAL NEO-METAL
Il a fallu attendre ces toutes dernières années
pour voir un nouveau souffle, marqué aussi par un net progrès
dans la qualité de la production des albums, tare jusque
là symptomatique du hard local. Mass Hysteria, Lofofora,
Watcha mènent le bal néo-metal avec de très
fortes prestations scéniques. Misanthrope met en scène
Alceste, le personnage de Molière, dans un death lyrique.
Sup aborde les relations humains-machines dans une espèce
de cold-metal. Artsonic invente le néo-trash-pop. Les exemples
abondent de très bons groupes, mais aucun n'atteint encore
la stature d'un Trust. Cette fois, au moins, on a le droit d'y croire!
LE GUIDE DU SOUDARD...
Bref, impossible de citer tout le monde et certains incontournables
manquent à ce tableau.
Si désormais vous voulez tester...
Voici une sélection, qui ne se veut pas représentative
de la production hard et metal. Il s'agit avant tout de suggérer
des albums qui permettent d'ouvrir une porte d'entrée. A
vous de voir ensuite si ce que trouvez dans le vestibule vous donne
envie d'un tour plus complet du propriétaire.
AC/DC: Let There Be Rock. Besoin d'une autre explication que
le titre? Chant de matou en rut, gratte rutilante et pue-la-sueur
à la fois: le hard arrache les plates-bandes du blues. L'essence
du rock qui refuse d'être propre.
Highway to Hell. La chanson titre est la plus connue du groupe.
Nettement plus agressif que "Let there be rock" mais que
du bon. Ce fut le dernier album avant le décès du
chanteur Bon Scott. Brian Jonhson prit la relève dès
l'album suivant, qui contient entre autres "Back in black"
et "Hells Bells"
Aerosmith: Toys in the Attic. 25 ans après sa sortie,
pas une ride. Hé oui, "Walk this way" a un quart
de siècle! Très représentatif de l'époque,
quand le rock avait encore le blues, s'énervait et respirait
entre deux riff avec un "Sweet emotion" ou "You see
me crying".
A Perfect Circle: Mer de noms. Sorti en 2000, cet album s'est
imposé comme une révélation. On y trouve la
classe, l'ecclectisme, l'intelligence, la sensibilité, la
finesse. Un son très actuel qui ne peut que ravir tous les
amateurs de rock à l'esprit large. Et ceux d'excellente musique
en général.
Bon Jovi: Slippery when Wet. Salut les filles! Le Patrick Bruel
du hard cartonne sur les radios. C'est du hard-FM (la tendance "variétés",
en somme) et ça s'énerve un peu entre deux slows.
Deep Purple: In rock. Peut-être le disque de hard par excellence.
Rien que de l'excellentissime. Voix d'écorché vif,
guitare extra-terrestre, clavier fou. Peu de formats couplet/refrain,
que de l'inspiration et du talent. Un sommet artistique.
Machine Head: Patron, la même chose! Avec "Smoke on
the water" en prime.
Purpendicular. DP prend un nouvel élan dans les mid-90's
avec l'arrivée du guitariste Steve Morse. L'inventivité
et la pèche sont de nouveaux au rendez-vous. Grande classe.
Def Leppard: Adrenalize: Un sommet de DL en terme de ventes.
Un album très "clean", assez commercial, avec les
ballades de rigueur et les tubes "Let's get rocked", "Make
love like a man" et "Have you ever needed someone so bad.
Dream Theater: Metropolis part II-Scenes from a Memory. Dans
la veine du heavy progressif, Dream Theater est aujourd'hui le maître
incontesté. Des morceaux pas simples, des envolées
instrumentales liquéfiantes de fluidité, une technicité
qui a dégoûté plus d'un apprenti instrumentiste.
Et la mélodie, toujours la mélodie, encore la mélodie.
Faith No More: Live at Brixton Academy: FNM bouffe a tous les
râteliers, rock, jazz, blues, heavy... tout y passe, avec
talent, technique et folie. L'un des groupes les plus hétéroclites
du hard... L'un des meilleurs, en réalité.
Guns'n'Roses: Appetite for Destruction. Premier album des Guns,
joliment brut, très typé américain avec un
côté big-rock et quand même un ch'tit slow. Tapeurs
de pieds de tous pays...
Use your Illusion I & II: pan, deux albums d'un coup pour
le prix de... deux. Le groupe perd en énergie, remet une
couche sur ses racines amerloques, plaque quelques slows mémorables
et une flopée de hits: "Knock' on heaven's door",
"Live and let die", "You could be mine", "November
rain", "Don't cry". Ce doublé assied la légende
d'un groupe qui voulut rivaliser avec les Rolling Stones mais s'effondra
aussi vite qu'il était monté. Le I est plus calme
que le II.
Helloween: Keeper of the Seven Keys, part II. Le top du heavy-speed
mélodique à l'allemande. Un album minutieusement arrangé,
extrêmement inventif avec même, chose assez rare dans
le genre, une dose d'humour. Voix irréprochable, alternance
de cavalcades guitare/batterie et de passages plus calmes pour relancer
la machine. Dans le style, personne n'a fait mieux depuis. Ou même
depuis le "part I", disent les puristes.
Iron Maiden: Number of the Beast. "6-6-6! The number of
the beast": la refrain ultime d'Iron Maiden, dans un album
bourré de solos d'une fluidité parfaite, avec le chant
reconnaissable entre tous de Bruce Dickinson, que vous vous surprendrez
à imiter sous la douche... en vain. Du heavy mélodique
qui n'amuse pas le terrain, au meilleur de sa forme.
Kiss: Alive II. Du gros rock qui tache à l'américaine,
alors que le groupe avec maquillage, plateform boots et explosions
dans tous les coins de scène n'était pas encore bouffi
de fric.
Led Zeppelin: IV. Que des classiques, dont "Stairway to
heaven". Le disque à se procurer en priorité
dans toute cette liste. Cela dit, en écoutant les autres
albums de Led Zep' ou les remarquables "BBC Tapes", mémorable
témoignage live, vous prenez peu de risques. Rien à
jeter, ou presque.
Metallica: Load. Album controversé chez les fans car Metallica
y abandonne définitivement ce qui lui restait de trash. Mais
l'important, c'est ce résultat: un pur album de rock inventif
et "patator", bien chanté, bien exécuté,
bien calibré. Du travail de pros. Écoutez donc "The
house that Jack built".
Queensrÿche: Operation Mindcrime. Que voilà un bel
objet! Concept-album de référence qui aborde la philosophie
du pouvoir. La quintessence du hard progressif et intelligent. Un
monde à part, expérimental, passionnant... et pas
trop brutal.
Rainbow: Rising. Le guitariste Richie Blackmore et le nain chantant
Ronnie James Dio (deux ex Deep Purple), soit une des plus belles
paires du hard-rock. Ou du rock-hard? Très teinté
70's, en tous cas. Pas de gros effets de synthétiseur, juste
des musiciens qui savent ce qu'une bonne chanson veut dire. 100%
efficace.
Patrick Rondat: On the Edge. Le guitariste instrumental français
étale son talent et sa technique sans pédanterie.
L'absence de chant ne se fait absolument pas sentir, tant la musique
est riche. A noter la présence en invités de Didier
Lockwood (violon) et Michel Petrucciani (piano).
Joe Satriani: Surfin' with the Alien. La référence
quasi absolu de la guitare instrumentale. Du très rock au
jazzy et au blues, le "Satch" fait le tour de la question
sans que l'on ne s'ennuie jamais, avec deux premiers morceaux énergétiques
et une suite toute en finesse. Très accessible.
Savatage: Dead Winter Dead. Concept album sur Sarajevo sous les
bombes, par un des groupes les plus intelligents du metal, embranchement
progressif.
Scorpions: Blackout. Avant de devenir multimillionnaire grâce
à "Still loving you", Scorpions savait déjà
alterner les chansons douces et le rentre-dedans basé sur
un riff imparable. Tenter aussi le live "Tokyo Tapes",
antérieur et plus hard 70's. Ou les albums de la fin des
années 80, nettement plus commerciaux mais moins agressifs.
Skyclad: The Answer Machine. Le groupe qui n'a pas attendu la
mode celtique pour sortir les violons. Leur album le plus mélodique,
le plus accessible, le plus chantant, le plus "on se prend
par les coudes et vas-y qu'on saute partout". Très chaleureusement
recommandé!
Therapy?: Infernal Love. Cet album a dérouté les
fans. Therapy? descend les amplis d'un cran, admet des éléments
de pop, cisèle, caresse dans le sens des émotions
avant de rouvrir par surprise la boîte à saturation.
Thin Lizzy: Live and Dangerous. Le seul groupe de hard mené
par un black délivre un témoignage de scène
dédié à la guitare hard-blues-rock. Historique.
Tiamat: Wildhoney. A la frontière des rythmes lents du
doom-metal, Tiamat ajoute les ambiances, la mélancolie, le
chant sorti du rêve et l'esprit qui plane. Beau. Très
beau.
Devin Townsend: Infinity. L'oeuvre très personnelle d'un
fou génial, qui libère ses bons démons sans
aucune restriction. Écoutez le titre "Bad devil"
avant d'acheter: vous battrez ensuite le record du monde de vitesse
de passage en caisse, tellement vous aurez hâte d'être
chez vous pour écouter la suite.
Trust: Répression. S'il ne devait y avoir qu'un seul album
de hard en France, ce serait celui-là. Aucune autre formation
hexagonale n'est allée aussi haut que Trust. Paroles engagées,
hard taillé pour la scène mais qui mouline comme pas
deux en studio. Allez, tous avec moi: "Car tu es... anti-so-cial
an-ti-so-cial an-ti-so-cial..."
Type O Negative: The Least Worst Of. Le best-of d'un groupe dépressif,
qui ferait passer le mouvement gothic pour l'organisateur de la
love-parade. Ambiances, bougies, metal et adrénaline. La
B.O. parfaire pour les soirées "ouvrez le gaz".
Van Halen: Van Halen. Quatre petits gars mettent tout le monde
à genoux avec leur premier album, grâce à la
voix de David Lee Roth et, surtout, surtout, à la guitare
d'Eddy Van Halen. Rock et solos killers par paquets de douze. Jouissif.
Vulcain: Compilaction: un best-of garni. Chant en français
qui ne prend pas de pincettes ("Faut faire la guerre",
sur l'armée et le nucléaire), grosse rythmique carrée.
Sans doute pas le groupe le plus finasseur musicalement mais une
personnalité indéniable pour un mariage d'amour avec
le power rock: "Rock'n'roll secours, celui que vous aurez toujours...",
qu'ils disent.
Whitesnake: Slide it in. "Slide it in"? Mais de quoi
qu'il cause? Du hard mélodique et entraînant, qui ne
déplaît pas aux filles pendant que leur homme joue
d'une guitare imaginaire à la façon de Joe Cocker.
Très formaté US, Whitesnake fait partie des combos
pas trop intellos qui ont une facilité déconcertante
pour pondre des hits.
B.O.F. Heavy Metal: sorti en France sous le titre "Metal
Hurlant", le dessin animé "Heavy Metal" est
un mélange de science-fiction et de comics sur fond de hard-rock.
100% culte, avec une B.O. représentative de l'époque.
Une pleine caisse de très beaux morceaux (certains hard dans
l'esprit mais pas dans l'interprétation) et deux-trois accélérations
("The Mob Rules" par Black Sabbath et Trust s'essayant
au chant en anglais -dur, dur!- sur "Prefabricated").
Pas encore heureux? La dernière solution, ce sont les
compilations hard-rock à 20 F que l'on trouve dans les bacs
à soldes de tous les disquaires et supermarchés. Elles
réunissent souvent des classiques éprouvés
des années 70 et 80. Mais certaines restent des daubes monumentales
de groupes tombés dans l'oubli qu'ils méritaient!
Bref, mieux vaut jeter un coup d'oeil sur le track-listing avant
d'acheter. Il est bien rare que Motorhead, Judas Priest, Saxon,
Uriah Heep, Deep Purple ou Black Sabbath n'y figure pas!
Et si vraiment le hard vous fait trop peur, vous pouvez toujours
l'aborder par la bande. La frontière est parfois ténue
avec le rock, ou avec d'autres courants comme le hardcore (plus
direct et politique), le progressif, le rock sudiste, le punk, etc.
Exemples:
ZZ Top: Afterburner. Blues à ses débuts, ZZ Top devient
limite violent sur cet album complètement "carton",
tant il contient de chansons irréprochables. Riffs, refrains,
rythmes: tout y est simple mais génial.
Nirvana: Nevermind. "Smells Like Teen Spirit" est l'hymne
grunge, les autres titres à l'avenant. A la gloire de la
saturation et de la rage (post-) ado.
Soundgarden: Superunknown. Entre heavy et grunge, le groupe du
chanteur Chris Cornell n'est pas le plus festif mais ça ne
l'empêche pas d'être très prenant. Voir le hit
"Black Hole Sun".
Neil Young: Mirrorball. S'acoquinant avec les musiciens de Pearl
Jam, le père Young mitonne du rock saturé en faisant
lever une pâte classique couplet/refrain fourrée à
la saturation. Avec toujours cette voix "prise-de-tripes"
et des mélodies qu'on n'oublie plus. Essentiel.
Jethro Tull: Crest of a Knave. L'album le plus rentre-dedans
de Jethro Tull, qui laisse pour un temps ses bases rock-folk-prog
au vestiaire.
Marillion: Misplaced Childhood. Un concept-album de progressif
sur le passage de l'enfance à l'âge adulte. Fin, inspiré,
sensible. Le genre de disques qui fait naître des images.
Mais qui sait aussi manier le martinet à l'occasion.
Queen: euh, bon, là, débrouillez-vous un peu tous
seuls, quoi, zut alors! Y'a "Inuendo", par exemple, tiens,
ou "A Kind of Magic". Ou "News of the World"
(avec "We are the Champions" et "We Will Rock You"),
ou...
Fabien . M