Fred Hamm
Lorsque Fred Hamm a commencé la guitare,
il a aussitôt ressenti le besoin de composer ; en fait, s’il
n’avait pas "rencontré" la guitare, il aurait versé
dans autre chose d’artistique pour vivre cette nécessité
de s’exprimer. De cette passion musicale sont nées quatre
démos, puis le premier album de Fred, « Aquarius Dreams
».
Chez un de ses amis, à Antibes, il a accepté
de répondre à nos questions. Moteur…
Comment qualifierais-tu ce premier opus ?
Je dirais que c’est une « rencontre » entre musiciens.
L’idée de départ était d’enregistrer un disque
pour communiquer aux autres ce que je pouvais faire. J’ai fait appel
à des musiciens qui ont tous répondu présent
pour jouer ; ils se sont vraiment impliqués dans le projet,
à tel point que ça nous a paru limpide…
Du coup, ma démarche de départ, qui était
plutôt celle d’un musicien accompagné, a évolué
de manière très naturelle vers celle d’un groupe :
le son devient celui d’un groupe, car le travail est de plus en
plus collectif. Ainsi, on a vraiment la possibilité de réinterpréter
les morceaux lors des concerts, en acoustique par exemple.
Qui sont les musiciens qui jouent avec toi ?
J’ai eu la chance de croiser les bonnes personnes au bon moment…
J’ai rencontré Pascal Mulot (le bassiste), et Doudou Weiss
(le batteur de Magma et de Johnny entre autres) au cours d’une masterclass
organisée en 1999 à Cagnes-sur-Mer par l’association
A Capella, qui s’occupe de promouvoir les artistes. J’ai été
voir Pascal avec une démo sous le bras, pour lui demander
ce qu’il en pensait…
Environ une semaine après, il me passe un coup
de fil pour me dire qu’il y a vraiment de bonnes choses… mais en
fait, ça va être un peu compliqué de parler
des musiciens sans parler des circonstances ni des évolutions
de l’album…
Aucun problème ! Raconte-nous tout ! C’est comme tu
le sens…
O.K. . Disons qu’il y a trois phases dans la réalisation
de cet album. La première, c’est celle qui démarre
avec la rencontre de Pascal. Il me rappelle, donc, et au bout de
quelques temps on prévoit une séance d’enregistrement
à Paris : elle s’est déroulée sur cinq jours
dans le studio du groupe Nord. Une autre bonne chose s’est produite
alors : grâce à Pascal, Stephen Prestage, un ingé-son
qui a bossé entre autres avec Peter Gabriel, De Palmas et
Patrick Rondat, a été d’accord pour mixer les trois
titres que nous avions en boîte.
Début 2000, nous avions donc une maquette de trois titres.
Ce sont vraiment ces trois personnes, Pascal, Doudou et Steve, qui
ont permis la réalisation du projet.
Deuxième phase : elle se passe dans la région de
Nice. Trois titres, c’est bien, mais c’est pas assez ! Il me fallait
trouver une suite…
Avec mon ami Gilles Choir, le batteur (Pow Wow, démonstrateur
officiel pour Pearl et Zildjan), on enregistre cinq autres titres
au Studio Marylin à Cagnes-sur-Mer. Les morceaux existaient
déjà, mais nous les avons retravaillés tous
les deux. Nous étions vraiment sur la même longueur
d’onde, Gilles est comme un frère ; il y a une grande complicité,
comme une alchimie. La preuve, c’est que les cinq titres ont été
pris en dix jours seulement ! Ce qui est marrant là-dedans,
c’est que Gilles a été l’élève de Doudou
Weiss !
Et la troisième ?…
Eh bien, la troisième phase, en fait, a eu lieu entre
la première et la deuxième (sourire un peu gêné
de Fred qui s’embrouille un chouilla)… C’est avant Gilles Choir
mais après Paris.
J’ai enregistré deux titres avec Quentin Benayoun
: « Legend », qui à la base était acoustique,
et « The Four Winds ». Pour le premier, c’est Quentin
qui a fait les arrangements synthé/piano, et un autre ami,
Franck Abou, nous a fait l’honneur d’un solo de basse (rires). C’est
un joli solo… Sur le second, c’est Yann David qui tient la batterie.
Ça fait seulement dix morceaux, là…
Oui, il y a onze titres au final, le onzième (le n°
8 sur le CD) est un "cadeau" de Gilles, un solo de batterie…
(« Solo for Fred », ndla).
Quand se termine la série d’enregistrements ?
En juillet 2000. Les onze morceaux sont dans la boîte,
reste le mixage. Ce coup-ci, j’ai fait descendre Steve Prestage
à Nice début octobre, et il a fait le mix au Studio
Marylin.
Il y avait, en plus
de l’expérience et du savoir-faire de Steve, tant de cohésion,
je dirais même tant d’osmose, que le mixage de l’album entier
n’a pris que dix jours ! Du coup le CD était en vente dès
le début décembre 2000.
Elle revient tout le temps cette notion de très bonne
entente musicale ; quelle est la part des musiciens dans ta musique
?
Oui, cette entente est d’autant plus présente qu’elle
a été à la fois musicale et amicale : tout
a fonctionné comme dans une grande famille. Je ne répéterai
jamais assez combien nous étions tous sur la même longueur
d’onde, ni combien les choses se faisaient facilement, spontanément,
comme des évidences…
Les musiciens étaient tellement "à
fond" dans ma musique que dès qu’ils me proposaient
quelque chose, c’était exactement ce que j’attendais plus
ou moins consciemment. Ça collait tout de suite, c’est pour
cela que tout s’est fait très vite.
Même lorsque nous discutions, sans les instruments,
nous avions des idées qui s’avéraient ensuite être
tout à fait ce qu’il fallait…
Quelles sont tes influences ?
Elles sont évidentes : j’ai fait un album de guitare.
Mais j’ai tout de même fait en sorte de ne pas tomber dans
le schéma du « Guitar-Heroe », dans ce sens où
la musique que je fait n’est pas à proprement parler de la
musique de guitariste, mais de la musique au sens large ; si je
n’avais pas fait de la guitare, j’aurais de toute manière
joué d’un autre instrument…
Mes influences proviennent de Satriani, Vai, mais aussi
de Zappa, de Clinton ou encore de Faith no More…
Si l’album est très axé Rock, Rock progressif,
j’ai aussi beaucoup de fascination pour les musiques traditionnelles,
et pour les Indiens d’Amérique (cf. « Song for the
Natives », ndla).
Mais il faut voir aussi que cet album est une sorte
d’instantané de la période où il a été
réalisé, du temps passé avec les autres musiciens
et de notre investissement dans ce projet.
Et dans tous les cas, je pense essayer des choses plus
"technoïdes" à l’avenir, plus Funk aussi,
pour essayer de faire des morceaux très très "riches"…
Mais je resterai un Rockeur à la base !
Qu’est-ce que tu retiens de la réalisation de ce premier
album ?
Déjà, j’ai appris à connaître les
studios et leur ambiance de travail ; c’est vrai qu’au début,
je flippais un peu… Il y a aussi tout l’aspect de travail sur le
son, la concertation très approfondie qui vise à améliorer
la texture de la musique ; c’est très important.
Et puis surtout
il y a le fait de voir que des gens croient en toi et en ta musique,
ce qui te permet de ne plus jouer tout seul dans ta chambre… Même
si tout s’est passé pile au bon moment, j’aurai sans doute
toujours un peu le regret de ne pas avoir entamé cette aventure
plus tôt…
Est-ce que tu veux ajouter quelque chose ?
Oui ! Je tiens à remercier Pascal, Doudou, Steve, Gilles,
Quentin, Yann, Franck, et tous ceux qui ont apporté leur
contribution à l’album et que j’oublie…
Merci ! Et bonne continuation !
Merci à toi !
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Fred
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