Garbage - beatifulgarbage
La rentrée est toujours une
période riche en sorties musicales. C'est ainsi que l'on
a vu des artistes aussi prestigieux que Noir Désir, Tori
Amos, Suzanne Vega ou Björk présenter leur album au
public. Il est vrai que l'on est plus tenté d'acheter un
bon disque lorsque l'on termine une journée de travail qu'en
rentrant de la plage. Garbage ne fait pas exception à la
règle en nous délivrant son troisième opus,
"beautifulgarbage". Cet album était d'autant plus
attendu qu'il devait succéder à un "Version 2.0"
sorti trois années plus tôt. La frustration laisse
place à l'impatience qui précède l'écoute
du disque de ces dignes représentants de la pop électro-punky.
Pour leur retour sur le devant de la scène,
on peut dire que le groupe n'a pas fait les choses à moitié
: superbe packaging (en édition limitée) représentant
une rose hexagonale s'ouvrant en corolle, libérant la pochette
et le cd. Le tout est glissé dans un étui en plastique
transparent. L'inconvénient majeur d'un tel objet réside
dans la difficulté à sortir le disque de son emballage.
Inconvénient qui peut se transformer en avantage pour l'artiste,
ma fainéantise m'obligeant à laisser le disque dans
la chaîne hi-fi et à l'écouter en boucle…
Ce problème n'en est de plus
pas un tant il est facile de se laisser aller à l'écoute
d'un tel album. De la très bonne pop, qui plus est très
bien produite (il ne faut pas oublier qu'avant de fonder Garbage,
Butch Vig a produit des albums des Smashing Pumpkins, de U2, sans
oublier le mémorable Nevermind de Nirvana). Une production
léchée, étonnante de précision et définitivement
tournée vers l'électronique. Les penchants pour cette
musique sont affirmés haut et fort. On peut même dire
que les machines relèvent certains morceaux qui, s'ils étaient
dépourvus de samples et autres traitements numériques,
seraient beaucoup plus pauvres. Car même si les mélodies
chantées par Shirley Manson sont terriblement séduisantes,
certains titres ont une fâcheuse tendance à passer
inaperçus. On pourra, en revanche, apprécier la bonne
humeur ambiante et l'humour de certains morceaux tels que "Cherry
Lips (Go, Baby, Go Go)", prouvant que l'on peut vendre tout
en pratiquant le second degré.
Une dernière surprise attend les heureux
possesseurs de PC ou de Mac. En effet, une partie multimédia
qui va ravir les remixeurs en herbe vient compléter les plages
audio du disque. Car il ne s'agit pas de regarder passivement les
anciens clips du groupe sans lever le petit doigt. Au contraire,
celui-ci (et les autres ) sera mis à contribution pour actionner
les raccourcis clavier lançant les différents samples
extraits du titre "Androgyny" (premier single de l'album).
Même s'il est assez limité, ce petit logiciel permet
d'apprendre aux novice en la matière à lancer un sample
en rythme, à construire un remix,… Deux autres applications
plus complexes sont également disponibles, mais seulement
en ligne (c'était trop beau). L'effort mérite tout
de même d'être souligné.
Garbage persiste et signe avec un troisième
album fidèle à l'image du groupe , percutant et entraînant,
ironique et déroutant.
Sites officiels : http://www.garbage.com
http://www.mushroomuk.com