Frédéric Galliano
& The African Divas (F-Com)
La musique électronique (ou
devrais-je dire les musiques électroniques) s’est
vite rendue compte au fil des années que son renouvellement
viendrait en partie du métissage. Certains se sont penchés
vers la musique classique par le biais des musiques de film ou de
la musique contemporaine (Aphex Twin), d’autres ont tenté
l’aventure jazz avec plus (Amon Tobin) ou moins (St Germain) de
réussite.
Mais il est une fusion qu’il est difficile à réaliser
sans tomber dans l’excès, voire la caricature : le mélange
électro / musique traditionnelle. Combien de disques se contentent
de piller quelques samples d’instruments ou de voix exotiques pour
faire world ? Trop malheureusement.
C’est pourquoi on peut rester dubitatif lorsque l’on nous annonce
un album mêlant électro et musique africaine. La méfiance
fait place à la curiosité lorsqu’on apprend que le
musicien en question, c’est-à-dire Frédéric
Galliano, a sillonné l’Afrique de l’Ouest pendant quatre
ans avec un studio multipiste afin de rencontrer les différentes
populations et les musiciens locaux, collecter des chants traditionnels,
tout cela pour aboutir à une musique la plus authentique
possible.
Si le choix des chants à utiliser ne doit pas être
facile, celui de la musique qui va les accompagner ces derniers
doit se révéler être un véritable parcours
du combattant. Le musicien s’en tire cependant assez bien avec un
disque combinant une house plus ou moins enlevée et des ambiances
totalement africaines.
Tantôt festifs et hypnotiques (« Afo idon »),
tantôt mystiques (« Nioul nop »), les différents
morceaux nous baladent à travers une Afrique méconnue
de beaucoup, avec ses traditions et ses rites, sans oublier une
joie de vivre omniprésente.
«African Divas » est plus qu’un simple carnet
de voyage. C’est un disque proposant une approche différente
dans le traitement des matériaux traditionnels. Si le résultat
ne saurait être comparé à un album de collectage
édité par Ocora Radio-France, il témoigne d’une
démarche honnête et sérieuse, ce qui est une
chose plutôt rare de nos jours.
On ne peut de toute façon pas trop en demander à
un disque d’électro, les puristes offusqués n’ayant
qu’à se rabattre sur la collection citée ci-dessus.
On pourra noter que les échanges entre le musicien et
le continent qu’il affectionne tant ne se limitent pas à
un simple album. Il a en effet créé un label, Frikyiwa,
qui s’emploie à faire découvrir le patrimoine musical
des populations rencontrées au cours de voyages. Un exemple
que beau coup devraient suivre.
Site officiel : http://www.fcom.fr
Merci à F-Com…