Fred Hamm - Psy 222
Guitariste depuis de nombreuses années, Fred Hamm avait
déjà croisé la route d’AMB lors de la sortie
de son premier album, opus à tendance franchement rock. Alors
que certains l’avaient déjà rangé dans le tiroir
des ersatz de Joe Satriani, il nous revient avec un disque aux ambiances
tantôt funk, tantôt jazzy, empruntant le meilleur aux
deux styles. Une véritable bonne surprise pour commencer
l’année 2004. Rencontre avec un musicien éclectique.
Entrons directement dans le vif du sujet, parle-nous
de ton nouvel album.
Cet album est sorti en novembre 2003. Il concrétise un
an de travail. C’est surtout le résultat des rencontres que
j’ai pu faire avec beaucoup de musiciens depuis quelques années.
Comment passe-t-on d’un album rock/hard rock à une
production comme « Psy 222 » ?
Tout naturellement. J’ai toujours aimé tous les styles
de musique. Je suis ouvert à toutes les fusions. Le premier
album fait état d’une rencontre avec Pascal Mulot et Doudou
Weiss qui sont plutôt issus du milieu du rock. C’est ce qui
a défini l’orientation musicale des compositions. Mais j’adore
également le funk, la fusion, le jazz-rock. Faire un tel
disque était vraiment quelque chose qui me tenait à
cœur. Finalement, je n’ai pas trop envie d’être cantonné
à un seul style. Le premier album était rock, le second
groove. Quant au troisième…
Tu parles de rencontres. Dis-nous en un peu plus…
Ce qui peut sembler être un petit groupe sur le disque
est en fait une formation relativement importante, puisque onze
personnes se partagent les titres. Tout le monde ne joue évidemment
pas sur tous les morceaux. Ces rencontres se sont faites un peu
au hasard, notamment quand je travaillais dans un magasin de disques.
C’est là que j’ai connu Eric Frerejacques, harmoniciste des
Hoochie Coochie Men. C’est d’ailleurs grâce à lui que
« F.B.I. » sonne aussi bien.
J’ai également joué avec deux batteurs : Daniel
Dray qui officie sur cinq titres, Laurent Tamagno, qui joue d’habitude
avec Linkage et Mandrake, est orienté électro-jazz,
ce qui convient tout à fait à cet album.
Eric Morgana est un bassiste de session qui me suit depuis cet
album. C’est surtout un ami de longue date. C’est donc tout naturellement
que je lui ai proposé de jouer avec moi.
Pascal Mulot et Doudou Weiss sont également présents
sur cet album, bien que ce soit d’une manière détournée.
J’avais gardé sous le coude des enregistrements d’impros
jouées durant les sessions du premier album. Je les ai samplées
et cela donne « Monsieur Bonsoir ». On peut donc dire
qu’ils jouent avec moi.
Philippe Rosa, jazzman accompli, tient le saxophone sur deux
titres. Quentin Benayoun, quant à lui, est venu jouer du
clavier sur quelques morceaux. Il m’accompagnait déjà
sur le premier album.
Tous viennent d’horizons différents. C’est cela qui donne
une teinte particulière à cet album.
Comment vas-tu faire pour adapter ton projet à la scène
?
Un problème de disponibilité s’est posé
pour beaucoup de musiciens présents sur le disque. Il a donc
fallu que je trouve une nouvelle formation pour jouer tout ça
sur scène. Par chance, Laurent Tamagno et Eric Morgana font
toujours partie de l’aventure, Jocelyn Viallon, un jeune saxophoniste,
prend la relève. Alban Charton va jouer mes parties de guitare
afin que je puisse me consacrer aux samples, aux ambiances, aux
voix… Guillaume Cadot va pouvoir enrichir les parties harmoniques
puisqu’il joue de la trompette. Je recherche toujours un clavier
mais je pense trouver sous peu.
J’ai envie que les concerts soient vraiment festifs, à
la manière d’un Funkadelic ou d’un P-Funk,
quitte à ajouter des danseurs et des danseuses pour le côté
visuel.
Côté promotion, comment cela se passe-t-il ?
Mon disque est autoproduit. Je n’ai pas de label derrière
moi pour prendre en charge les coûts de production. Je dois
donc faire attention aux dépenses ! Pour la promotion, j’ai
fait presser un stock de disques que j’envoie à la presse
musicale nationale et locale. Toute publicité est bonne à
prendre. J’ai également pu me faire entendre sur quelques
radios. Etant donné que je m’occupe de tout, je ne peux pas
tout faire en même temps. Après la promo, je vais démarcher
les salles de spectacles et commencer à tourner un peu. A
partir de mars, on va jouer dans les fnac.
Et la distribution ?
Idem. Je fais tout moi-même. Le disque sera disponible
dans toutes les fnac de France d’ici peu, ce qui est déjà
un bon début. Pour le reste, je suis en train d’y travailler.
Pourquoi ne pas choisir un label pour t’épauler ?
Tout simplement parce que j’ai été déçu
par le passé. Certaines personnes n’ont pas tenu leurs promesses
et m’ont fait perdre du temps et de l’argent. Je me donne donc six
mois pour vendre moi-même mon album avant de me tourner vers
les maisons de disques, le temps de me faire un pressbook.
L’avenir ?
Dans un premier temps, faire vivre cet album le plus longtemps
possible. Ensuite, dans un futur plus lointain, monter mon propre
label. On n’y est pas encore mais c’est une chose qui me tient à
cœur.
Allez faire un tout sur son site. De extraits de son album
sont à écouter.
Photo : Myriam Lopez
http://fredhamm2.chez.tiscali.fr