Ernest Ranglin
Quand on perle de la Jamaïque, on pense
tout de suite au reggae. et Enest Ranglin ne fait pas exception
à la règle, sauf que lui c’est avec sa guitare qu’il
s’exprime :une patte propre, un son chaud et précis très
jazzy, ce papy guitar-heroe fusionne depuis les années 70
deux styles musicaux très en vogue aujourd’hui.
Très recherché par les musiciens jazz
et reggae des Caraïbes, dont il sort finalement assez peu,
Ranglin se voit proposer entre1971 et 1981 des enregistrements en
Allemagne avec l’immense Monty Alexander, pianiste qui complète
parfaitement le jeu pointu, rapide et savamment saccadé du
guitariste. En compagnie du bassiste allemand Eberhard Weber, le
trio sort en 1990 un album exceptionnel, «below The
Bassline », qui permet à un public encore frileux de
véritablement découvrir les talents du maître,
qui reste malgré tout très discret.
Trop discret ? ... peut être, mais Ernest laisse
au succès le temps de prendre ses marques, sans dévier
de sa musique de prédilection, gardant un plaisir qu’on achète
pas.
En 1998, à la recherche du «son africain
», il sort un album , « In Search Of The Lost Riddim
», en compagnie de l’orchestre sénégalais de
Baaba Maal, et de grands comme Assiane Diop, Mansour Seck, Babacar
Seck, Cisse Diamba Kanoute, ou Kawding Cissokho, issus de la tradition
des griots africains.
La réussite est immédiate, et le talent de Ernest
Ranglin pour mélanger sons et rythmes divers reconnu en masse
par le public. Celui ci, d’ailleurs, se met alors à (ré-)écouter
la discographie forte de 12 albums du talentueux musicien.
Peut être nos oreilles n’étaient-elles pas prêtes
aux sons «roots » et traditionnels, largement utilisées
dans cette musique ?
...il aura fallu trente ans !
Ranglin a aussi été décrié
par le public : à la mode en même temps que lui, les
guitar-heroe tels Satriani, Mc Laughfin ont crées un ras-le-bol
qu’Ernest Ranglin a pris de plein fouet, étant naturellement
en retrait. Et ses mélanges stylistiques ont aussi étés
mis de coté dans des périodes (années 70-80)
où la pureté des styles était de mise...
Ernest Ranglin n’aura pas été le premier
victime de son avance et de son originalité : mais quand
l’art précède le besoin, c’est comme ca que se forge
un nom et une grandeur...
Serge . B