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EMINEM : pas de fleur au fusil…
1999-2000 : « The Slim Shady »
met en péril notre seuil de tolérance en matière
de violence verbale. Un jeune homme au « passé »
plombé use d’un lexique négatif et délibérément
haineux : le « Fuck » balancé à tout bout
de phrase remplace la rime hip-hop.
Issu d’un contexte familial et social difficile (
commun à la plupart des rappeurs d’US ou d’ailleurs ), l’incarcération
lui est coutumière, l’ultra - violence presque naturelle.
L’adolescence en crise ( l’identité et ce qu’elle suppose
semblent faire partie de ses obsessions ) fait danser jeunes gens
de bonne famille et apprentis délinquants. EMINEM fait horreur
et fureur.
« Hi Kids ! Do you like violence, wanna see
my stick NINE INCH NAILS through each one of my eyelids ?
Wanna copy me and do exactly like I did? Try’cid and get fucked
up worse that my life?(...) Well since age twelve, I’ve felt like
I’m someone else. Cause I hung my original self from the top bunk
with a belt. (...) God sent me to pisse the world off! “. En bref,
EMINEM chante “pour envoyer chier le monde”. Finalement, est-ce
si choquant que ça ? Chacun de ses titres met en scène
les bas-fonds de la vie quotidienne, les travers de l’existence,
tout ce qu’il vomit dans ce système qui a fait de lui un
personnage ridicule. Je vous passerai le discours rageur sur les
prédispositions dont la civilisation nous condamne : être
ou ne pas être indispensable.
EMINEM indépendant, et en cela, tirons-lui
notre révérence. « Head like a hole »
de NINE INCH NAILS lui va à merveille: “I had rather die
than give you control”. Voilà donc un mortel qui affronte,
sans détour ni métaphore, toute la poussière
de la vie. Les ligues ultra-puritaines de son pays natal rêveraient
tant de pouvoir l’étouffer !
Karine.F