Ms. Dynamite : A little deeper (Polydor)
La fin 2002 voyait débarquer un album un peu particulier.
Car l’album soul/ r&b de 2002 ne venait pas de Lauryn Hill ou
de Kelis, mais contre toute attente d’une jeune anglaise du nord
de Londres. Flash-back sur un cd hors du commun…
Ms Dynamite, que sa mère connaît plus sous
le nom de Niomi McLean-Daley vient de la scène UK Garage
de Londres ; âgée de 21 ans, née d’un père
jamaïcain et d’une mère anglaise, elle a su cette année
s’imposer sur une scène pas forcément facile pour
les jeunes demoiselles.
Et contrairement à ses consœurs d’outre atlantique, la
miss ne balance pas son popotin au bord d’une piscine, en bikini
et entourée de musclors chaînes au cou…et évitons
de dire que Ms Dynamite, c’est de la bombe bébé, puisqu’elle
n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds.
Car en plus d’avoir un physique avantageux, la tête semble
elle aussi bien faîte, avec des textes d’une rare clairvoyance.
On a donc à faire là à un docteur Jeckyll /
Miss Dynamite, une double personnalité aussi troublante qu’enthousiasmante.
Cet album est une petite merveille, pouvant réunir les
amateurs de r&b, hip-hop ou de pop. La demoiselle, polie comme
tout, se présente d’emblée sur l’album avec le morceau
Dy-na-mi-tee. On sait alors à qui on a à faire
sur les 15 morceaux que compte l’album : une femme indépendante
(« I understand u love him and ur down / but that don’t mean
u gotta be his clown » dans Put him out) et intelligente.
N’érigeant pas les biens matériels comme un but
en soi (« Tell me how many Africans died for the baguettes
on your Rolex ? » dans It takes more), et loin du machisme
qui caractérise le milieu hip-hop, Niomi McLean-Daley a su
donner une vraie personnalité à son double, un double
mélancolique et en quête d’une vérité.
En écoutant une première fois l’album, on sera
étonné par la construction sensée et la ressemblance
qu’il peut y avoir avec Lauryn Hill. Mais il ne faut pas s’y tromper
; c’est un album bien personnel et elle a su bien s’entourer, avec
notamment Salaam Remi qui produit l’album (lui même producteur
des Fugees et D’Angelo).
Pour couronner le tout, elle a reçu le grand Mercury Music
Prize, succédant ainsi à PJ Harvey, ce qui n’est pas
rien. Mais c’est aussi un autre visage de l’Angleterre qui a émergé
cette année, avec Ms Dynamite donc, mais aussi l’album de
The Streets ; ils ont su donner un autre visage de Londres, avec
une vision dure, juste, mais néanmoins empreint d’un humour
bien anglais. Il faut aujourd’hui s’habituer à regarder les
rues d’une autre manière, d’un regard peut être moins
caricatural.
Préparez-vous donc à un avenir tout explosif !
Site officiel : www.msdynamite.co.uk