Dream Theater en concert: La dream team du
heavy progressif
Dream Theater se produira à Paris (Mutualité)
mercredi 23 et jeudi 24 octobre, puis à Nancy (Zénith)
dimanche 27. On attend beaucoup de ces prestations. D’abord parce
que D.T. joue, en général, dans les 2h30, entracte
non compris…
Ensuite, pour donner une dimension plus humaine à un groupe
que ses zélateurs croient composés d’extra-terrestres,
quand ses détracteurs fustigent la branlette instrumentale.
Dream Theater est la formation « brillante » par excellence,
avec tout le côté ambigu du terme.
Le quintet a un temps mis plus de prise de tête que de
feeling dans ses compositions. Après « Images and words
» (1992). Grâce à ses deux dernières livraisons,
il a repris la ceinture de maître du heavy progressif. Sur
« Metropolis, part II : Scenes from a memory » (1999),
concept album dont la « part I » remonte comme par hasard
à « Images and words », Dream Theater est revenu
à une musique au service des émotions.
Le double album « Six degrees of inner turbulence »,
en ce début 2002, a mis (presque) tout le monde d’accord.
A Paris et Nancy, les fans espèrent que, comme à Lyon
en juin dernier, le groupe interprètera le morceau titre
de l’album, long de 42 minutes, qui remplit le second CD. Cette
pièce représente un concentré de D.T., tout
en ambiances. Les passages planants y alternent avec les montées
d’agressivité, posés sur des claviers qui trouvent
une vrai place sans se faire envahissants, le tout nimbé
d’une voix claire et chaude.
On peut ne pas aimer ces grandes envolées instrumentales,
ces morceaux à rallonge, l’emphase parfois à la limite
de la grandiloquence qui fait penser à une musique de film.
Mais impossible de nier que D.T. est devenu un groupe majeur.
Instrumentistes et chanteur font à peu près ce
qu’ils veulent. Ils n’hésitent jamais à se taper une
impro, à expérimenter. Mike Portnoy (batterie), John
Petrucci (guitare), Jordan Rudess (qui a remplacé Derek Sherinian
aux claviers en 2000), John Myung (basse) et James LaBrie (chant)
multiplient d’ailleurs les projets parallèles, avec la crème
du gratin du progressif.
Dans Transatlantic, Mike Portnoy a embarqué avec rien
moins que Neal Morse (Spock’s Beard), Roine Stolt (Flower Kings)
et Pete Trewavas (Marillion). Tandis que sur « Feeding the
wheel », son effort solo qui vient de sortir chez Magna Carta/Musea,
Jordan Rudess fait mumuse, outre Petrucci et Morse, avec Terry Bozzio
(Zappa) et Billy Sheehan (Mr Big).
Il est de bon ton d’affirmer que l’on adore Dream Theater pour
ne pas passer pour un idiot. Mais avouons que des musiciens aussi
accomplis et libres, qui ont su prendre de la graine de leurs égarements
passés, c’est rare. La musique de Dream Theater demande effort
à l’auditeur -et à son porte-monnaie : 28 euros la
place à la Mutualité !- Elle peut cependant rassembler
les amateurs de rock « évolué » et de
hard-rock classieux (que les fans de Mike Patton, Pink Floyd, Tool,
Deep Purple, Marillion et autres Queensrÿche se lèvent),
comme ceux de jazz à watts. Quant aux « progueux »,
on leur demandera juste de ramasser leur mâchoire qui traîne
par terre avant d’entrer dans l’égl… euh... dans la salle.
Sélection discographique :
- « Live scenes from New-York » : sorti après
« Metropolis, part II », pour se faire une idée
de D.T. en live.
- « Six degrees of inner turbulence » : un premier
cd plus heavy, un second plus tourné vers les ambiances.
- Le projet Liquid Tension Experiment 2, où Petrucci,
Portnoy et Rudess fricotent avec Tony Levin (ex-King Crimson, Peter
Gabriel). Beaucoup d’improvisation, entre jazz et heavy prog’.
Site :http://www.dreamtheater.net