Daisy Box : Organic
(Lezard Music / Trema)
Nous assistons, depuis quelques mois, au retour en force
du rock français. Des groupes comme Indochine, Aston Villa,
Dionysos, Dolly ou Kyo sont désormais appréciés
à leur juste valeur. Il y a encore quelques années,
lorsqu’on prononçait le terme « rock français
», on s’entendait immanquablement répondre : «
ah oui, Téléphone ! Noir Désir ! ». Un
peu vieillot comme références, non ?
Entre temps, Aston Villa, avec leur live acoustique, et Indochine
avec le tube « J’ai demandé à la Lune »
ont prouvé que les rockeurs français savaient encore
faire bouger les foules ! Résultat ? Une tripotée
de groupes vient d’être (re)découvert. Alors que certains
ont quelques heures de vol au compteur (16 ans d’existence pour
Aston, plus de 20 ans pour Indo !), Daisy Box fait figure de petit
nouveau.
Je l’avoue sans complexes : Daisy Box est ce que j’ai entendu
de mieux depuis longtemps ! Retour sur leur ascension…
Le groupe Daisy Box s’est formé dans les années
90 autour des frères Sam et Olivier, français de passeport,
mexicains d’adolescence, anglais de cœur, américains de son
; comme le précise la bio. Quel melting-pot ! Et si c’était
ça la clé de la réussite ? Le mélange,
la fusion, l’union…
Arrivés en France au début des années 90,
c’est en spectateurs médusés qu’ils découvrent
les Pixies et Nirvana. Leur conception du rock en sera à
jamais modifiée. Reste le passage à l’acte : le groupe.
Le pas décisif sera franchi en 1994 et la rencontre, sur
les bancs de la fac, avec Anne-Lise. Cette dernière s’improvisera
bassiste pour faire plaisir, mais aussi pour faire pendant à
Sam à la batterie, et Olivier au chant et à la guitare.
Daisy était né. Pendant deux ans, le trio ébauche
les premières compos (en anglais), et une reprise : «
Canary Bay », d’Indochine, version noisy-rock.
Bon, c’est bien, mais Daisy reste un groupe de campus, rien de
plus. C’est avec l’arrivée de Léonard en 1996, à
la deuxième guitare, que les choses commencent à changer.
Le groupe commence à écrire des textes français,
et réussi à convaincre Olivier de chanter et jouer
de la guitare, en clair : d’être le leader. Le premier album,
Indessa, leur permettra de commencer à tourner. C’est lors
d’un de leur concert qu’ils croisent le chemin de Nicola Sirkis,
d’Indochine. Ce dernier craque littéralement, et leur propose
de faire la première partie de son groupe pour la tournée
« Danceteria ».
Dès lors, tout s’enchaîne. La presse et les fans,
venus pour Indochine, craquent eux aussi. Le label, Lezard Music,
commence à y croire et à mettre les moyens… Et hop.
Fin 2001, Daisy change son nom pour devenir Daisy Box. Le nom Daisy
est en effet protégé par le société
Disney (NDR : Daisy est la fiancée de Donald, dans les dessins
animés de Walt Disney). Ils sont sélectionnés
par le FAIR (NDR : Organisme qui aide au développement de
carrière), ainsi que par la FNAC pour la compil « Indétendances
». Et, fin du fin, leur label les envoie en Angleterre pour
travailler sous la houlette de Daniel Presley, qui a déjà
bossé avec les Breeders, Faith No More, Dionysos…
Fin 2002, le groupe Daisy Box revient avec un second album :
« Organic ». Et croyez-moi, je n’avais rien entendu
de si bon depuis des années ! (NDR : Je sais, je me répète…
Mais quand on aime, on ne compte pas !) Enfin au moins depuis «
Western sous la neige » de Dionysos. Au programme : 12 chansons
chantées en français, dans lesquelles on reconnaît
quand même quelques influences : Radiohead, les Breeders,
les Pixies et même… Indochine. Dans « Mon héroïne
», on croirait entendre Nicola chanter ! La voix est super
agréable à écouter, les mélodies sont
super mémorisables… Et au bout de quelques minutes, on se
surprend à chanter avec le groupe… J’apprécie beaucoup
les textes, tout en finesse et émotion. Les thèmes
sont assez classiques : la drogue, le mal être, l’absence
d’amour ; mais avec des mots actuels. On y retrouve même,
c’est à la mode, la référence au Playmobil
(NDR : écoutez donc le premier single de Cédric Atlan.
Décidément, je vais ressortir les jouets de mon enfance…),
ainsi que le sacro saint morceau caché (NDR : Avancez donc
jusqu’à 27’02’’ …).
En ce qui concerne le son, il est carton comme il faut. C’est
une production à l’anglaise, pas de doute ! Dès le
début de l’album, « Tous les jours », on repère
immédiatement ce qui va faire le « son » Daisy
Box : rythmiques crades, guitares disto et claires mélangées,
pour créer une pâte sonore reconnaissable. La voix
passée à travers d’innombrables effets, pour créer
une atmosphère envoûtante et mystérieuse… Bon
je m’égare dans mes considérations musicales. Reprenons…
Si vous avez aimé l’album « Paradize » d’Indochine,
vous aimerez forcément. Si vous aimez Kyo, Avril Lavigne,
les Pixies, Eiffel ou Aston Villa, vous aimerez forcément.
Si vous avez aimé Star Academy, file dans ta chambre, c’est
pour les grands !
Gageons que l’on retrouvera Daisy Box dans la programmation des
festivals d’été, et qu’on les entendra très
bientôt à la radio. Un tel groupe doit absolument être
connu par le plus grand nombre ! A acheter les yeux fermés.
Le groupe sera au Paléo Festival, à Nyon (Suisse).
Toutes les dates sont sur le site…
Le prochain single s’appelle « 45 minutes ».
Site officiel : www.daisybox.com