FULL PAGES :
L’IMAGINAIRE AU SERVICE D’UNE REALITE MUSICALE.
Nos coups de c(h)oeur
vous ont déjà présenté ce groupe à
l’orchestration rock, aux accents lyriques et doués de poésie.
Nous vous avions promis une interview exclusive, à l’occasion
du concert du 2 Juin 2000 au New Morning. C’est chose faite ! Et
c’est dans un espace feutré et ouvert à toute divagation
de l’esprit que nous avons savouré l’inspiration universelle
de ces artistes passionnants.
The Full Pages,
c’est d’abord une formation musicale : guitare, basse, batterie
et chant participent de la création ; les chœurs et percussions
apparaissent comme d’autres voix narratives, d’autres variations,
puisque la musique n’est pas qu’une seule et même forme d’expression.
Les membres du groupe le disent eux-mêmes : « On peut
tout inclure ». L’esprit « rock » est certes très
présent, mais rien n’empêche de faire entendre et écouter
d’autres éléments du « tout » musical
: certains de leurs morceaux sont d’orientation classique, d’autres
évolueront à travers l’écho mystérieux
d’un didjeridoo. Bref, l’ambiance est là, et tous y contribuent.
Manu, le fondateur du groupe, place son texte sur les cordes d’une
guitare rythmique ; Ray met les premières lignes de basse.
Il faut de l’anticipation et un petit côté visionnaire
pour que la chanson « tienne au corps ». Ainsi la touche
personnelle de chacun ( The Full Pages compte sept artistes) met
en forme un poème, un volet de ces « cahiers de vie
» qui nous sont retranscrits à l’écoute de leur
album « Nadir ».
L’imaginaire
est un passage du figé au vivant, permet d’assimiler le monde
et de le vivre intérieurement. Les textes de Full Pages dégagent
une séduction du lyrisme, par lequel l’ « Invitation
au voyage » est immédiat. Leurs textes ne sont pas
engagés, et s’ils le sont c’est par la « défense
de la liberté de vivre et d’aimer ». L’un d’eux pose
la question du devenir à travers un tableau : « Il
m’a donné du rêve, et je lui ai rendu » raconte
Manu. Le rêve, en musique, déclame les sentiments que
nous ne pouvons voir, ou ceux que nous avons perçu. Il faut
écrire et ré-écrire le monde : « le vendre
illuminé de noirceur, mais illuminé quand même
». Paroles et musiques des Full Pages s’enchevêtrent,
et la pochette de « Nadir » nous montre les personnages
mis en scène dans cette histoire exceptionnelle : une histoire
révérencieuse à l’égard de ceux qui
ont su mettre la réalité au service de son contraire.
« Voilà le souvenir enivrant qui voltige, dans l’air
troublé ; les yeux se ferment ; le Vertige saisit l’âme
vaincue et la pousse à deux mains vers un gouffre obscursi
de miasmes humains », comme dirait Baudelaire.
Leurs influences
sont anglo-saxonnes, et leurs textes, écrits en Anglais,
ressemblent à un livret d’Opéra. Tel un genre littéraire,
« Nadir » est un point imaginaire à l’envolée
sensible, un album nécessaire à l’épopée
du rock. En attendant sa sortie, allons écouter sur terre
ses dignes représentants.
<http://fullpages.ifrance.com/>
Karine F.
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