Cosmik Connection - "II"
Avis aux amateurs de jungle et de
dub ! Le deuxième album de Cosmik Connection est arrivé
dans les bacs et s'intitule, ô surprise, "II". On
ne s'étendra donc pas sur l'inspiration mystique et transcendantale
qui a poussé le groupe à donner un tel nom à
son nouvel opus.
En revanche, parler des musiciens
et de leur musique est une tâche que j'accomplis avec plaisir.
Avant d'être un trio électro, Cosmik Connection est
une formation issue de la scène jazz, du moins pour deux
de ses membres : Philippe Garcia (batterie, mélodica, samples
et programmation) et Gaël Horellou (saxophones alto et baryton,
samples et programmation). Vient se greffer Jérémie
Picard qui a définitivement ajouté une touche électro
à l'ensemble.
Fusion jungle/dub et jazz du meilleur goût,
la musique de Cosmik Connection parvient à la fois à
défouler (avec un "XPOZ-6" à écouter
absolument !), à envoûter et à surprendre, ce
qui n'est pas une mince affaire, surtout dans un même album.
Du fait de leur passé de jazzmen, le trio
a fait de nombreuses rencontres. On ne sera donc pas étonné
de retrouver sur le disque différents musiciens venant
apporter leur "patte" et étoffer les compositions.
On ne peut d'ailleurs qu'être agréablement surpris
en découvrant que Laurent De Wilde, musicien de jazz flirtant
sans complexe avec la musique électronique, vient à
l'occasion poser ses doigts de fée sur un Fender Rhodes ou
un piano ("Aïk").
Le groupe
confirme la tendance actuelle qui s'oriente vers une musique hybride
mélangeant musiques acoustique et électronique sans
prétendre appartenir à un milieu plus qu'à
un autre. Cette nouvelle orientation traduit deux types de démarche
radicalement différents.
Le premier
résulte d'une envie d'élargir son univers musical
en regardant ce qui se fait autour, ce qui demande une faculté
d'adaptation et une compréhension du langage propre à
la musique avec laquelle le musicien veut fusionner. Car il s'agit
bien d'une volonté de fusion, cette même volonté
qui a amené les musiciens de jazz des années 70 à
incorporer l'énergie présente dans le rock dans leur
musique (Miles Davis et par conséquent Herbie Hancock et
les Headhunters, Joe Zawinul et Weather Report,…). Cette démarche
est honorable car elle témoigne d'une véritable ouverture
d'esprit.
Le second type répond à
un opportunisme souvent employé à des fins mercantiles.
On peut citer des artistes comme Madonna qui, malgré tout
leur talent, s'approprient tout de même ce qui marche sur
le moment afin de faire croire à tout le monde qu'ils sont
"hyper tendance". On peut à ce sujet se rappeler
les déclarations d'Aphex Twin à propos de la chanteuse
: «Madonna est plutôt du genre : "ça, c'est
tendance, je peux rester jeune et moderne si je m'en sers."»
(Trax #45). Cette attitude apparaît comme étant un
peu plus discutable.
Ce moment d'égarement
n'a pour seul but que d'expliquer pourquoi des artistes comme Cosmik
Connection ne doivent pas être taxés d'opportunistes
mais, au contraire, être encouragés dans leur démarche.
N'ayant pas eu l'occasion de les voir en live,
je ne suis pas en mesure de dire si le résultat sur scène
est convaincant. On peut cependant se fier à leur réputation
de "groupe de scène" , ce qualificatif étant
rarement utilisé à la légère.
S'ils
jouent près de chez vous, n'hésitez surtout pas. Si
vous avez cinq minutes, arrêtez-vous chez votre disquaire
pour découvrir ce groupe qui vaut la peine d'être connu.
Site officiel : http://www.cosmikconnection.com