Corneille : Quelle classe !
(Angel Dust Prod / Wagram)
Ca y est ! Elle est arrivée la révélation
Nu-Soul qu’on attendait tous. Son nom ? Corneille. Du haut de ses
25 ans, Corneille nous donne à tous une belle leçon
: il nous montre qu’il est possible de faire de la bonne musique,
avec de beaux textes, sans tomber dans le cliché commercial.
En plus sur son album, « Parce qu’on vient de loin
», Corneille écrit et compose, arrange et co-réalise
la totalité des titres. Enervant, non ? Flash-back sur ce
qu’il convient d’appeler le « phénomène Corneille
».
Corneille (NDR : Son vrai prénom est en fait Cornelius,
mais comme les enfants se moquaient de lui à l’école,
il a décidé de se rebaptiser Corneille) commence
la musique en 1993, au sein d’un groupe R'n'B au Rwanda. C’est avec
ce groupe qu’il s’initie à l’écriture de textes et
à la composition musicale. Comme tous les amateurs de soul
music, nous retrouvons, parmi ses influences, les plus grands :
Prince, Marvin Gaye ou Stevie Wonder. Le groupe enregistre
une démo puis remporte le concours "Découverte
1993" de la télévision Rwandaise. Mais la guerre
éclate et Corneille se réfugie en Allemagne.
En juillet 97, il quitte l’Allemagne pour poursuivre ses études
en communication à l’Université Concordia de Montréal.
Il monte le groupe O.N.E, et leur premier single, « Zoukin
» se classe très vite numéro 1 de l'Airplay
canadien. Et, preuve qu’il est sur la voix (voie ?) de la réussite
: le Directeur Général de Wagram était au Québec.
Lorsqu’il voit le clip à la télé, il contacte
Corneille pour sortir un album en France…
En janvier 2001, Corneille quitte le groupe pour poursuivre sa
carrière solo. Il recentre son écriture sur son vécu
et prépare son premier album. En 2002, il participe à
plusieurs projets : il compose et écrit le titre "Ce
Soir" pour la compilation "Cocktail R&B 2", ainsi
que le titre "Si on s'aimait" pour l'album "Hip Hop
Folies" avec les featurings de Passi, Daddy Mory, K-mel,
Sniper, Nadya, Sheraz, EJM, Nathalie Loriot…
Coté scène, en juillet 2002, il se fait remarquer
en formation acoustique sur la grande scène des FrancoFolies
de la Rochelle en première partie de Burning Spear.
Il enchaîne avec son premier showcase au Réservoir
à Paris, salle qu'il retrouve en octobre 2002, invité
par Dave Stewart où il chante en featuring avec la
légende vivante, Jimmy Cliff. En janvier 2003, il
est invité à faire la première de Cunnie
Williams à l'Olympia...
Fin 2002, Corneille sort son premier single, « Avec
Classe ». Très vite remarqué par les professionnels
et les médias (NDR : snif…), le phénomène
Corneille commence à prendre de l’ampleur, jusqu’à
ce qu’il se retrouve en couverture de la bible des professionnels
du disque : Music Info Hebdo. (NDR : Ceux qui pensaient à
Télé 7 Jours, dehors !). Et ce qui devait arriver
arriva : l’album est dans le bacs depuis le 10 février 2003,
précédé par le deuxième single : «
Ensemble », que j’écoute en boucle depuis que
Wagram m’a fait parvenir l’album !
Première remarque concernant l’album : les textes. C’est
bizarre comme les textes de Corneille sonnent authentiques. En fait,
le but avoué de Corneille est de décrire « l’enfer
sur la Terre qu’on appelle mon pays » (NDR : Le Rwanda).
Et force est de constater que lorsqu’il nous parle des « cauchemars
de son passé » ou de « femmes enceintes
et éventrées », ça nous fait froid
dans le dos ! Mais attention ! En ce qui concerne la rage dans les
textes, et les problèmes de la vie quotidienne, on est loin
des textes pseudo-mélos des rappeurs à deux balles
qui se torturent l’hémisphère gauche de leur demi-cerveau
en se demandant quelle paire de baskets acheter…Non messieurs-dames,
ici la douleur est réellement vraie, vécue, mais ce
n’est pas pour cela qu’on tombe dans le slow mielleux super triste.
En plus, Corneille est paradoxalement fier de son parcours, et clame
à qui veut l’entendre « (qu’il) a horreur
de (notre) pitié, (et) prends très mal (notre) générosité.»
C’est clair pour tout le monde ? Corneille a souffert, mais maintenant,
« tout va bien ». Et ça s’entend.
Car l’album est un pur moment de bonheur. Je dois avouer que
lorsque j’avais reçu le premier single, « Avec classe
», je l’avais écouté (trop) rapidement et classé
dans un coin. Quelle erreur ! Mea maxima culpa ! Bon, passons… Je
mets donc la galette dans ma platine, et après m’être
extasié sur la qualité des textes, qu’on peut d’ailleurs
télécharger sur son site web, parlons un peu de la
musique…
Première écoute : les mélodies se retiennent
super facilement, ce qui est indispensable s’il espère que
son album se vende. Et là, une question : pourquoi tous les
artistes de R’n’B utilisent tant de machines ? C’est quand même
un peu froid, non ? Je signale à la production que les batteurs
existent encore… Mais, quoiqu’il en soit, ça sonne beaucoup
moins froid que les productions R’n’B à la française
du style Jalane ou Lââm… En plus, on s’habitue progressivement
au son, et ça devient agréable. Surtout qu’à
côté des programmations, on trouve, quand même,
des musiciens… Enfin, un musicien principalement : Corneille himself
! La liste des crédits, en dernière page du livret,
est d’ailleurs assez impressionnante. Quand j’vous disais qu’il
aimait Prince !
En conclusion, Corneille est en train de vivre son « rêve
de star » pour de vrai, et prouve une fois de plus que «
la valeur n’attend point le nombre des années. » (NDR
: Jeu de mots vaseux me rappelant mon année de khâgne…)
Album : Parce qu’on vient de loin (Angel Dust Prod / Wagram)
Note globale : 8 / 10
Point positif : Les textes. Les mélodies.
Point négatif : Les machines. Un peu trop présentes.
Site officiel : www.corneille.mu
Téléchargez les paroles : www.corneille.mu/les_paroles.pdf