En attendant le Cannes Palm Beach Festival
2003…
Depuis plus de 30 ans, la Côte d’Azur
subissait le diktat du jazz… Les amateurs de musique live devaient
impérativement choisir entre le Jazz à Juan ou le
Nice Jazz Festival… Le jazz, c’est bien, mais une grande partie
des mélomanes ne s’y retrouvait pas. Tout les observateurs
extérieurs - comprenez parisiens - en sont arrivés
au même constat : il faut programmer du rock, de la variété,
de l’electro… Bref, tout ce que l’on regroupe sous l’appellation
fourre-tout de « musiques actuelles ». C’est pour cette
raison qu’à partir de cette année, il faudra rajouter
un petit nouveau sur la liste des festivals estivaux : Le Cannes
Palm-Beach Festival, du 19 au 22 Juillet.
Face au jazz qui s’accapare le public azuréen, une seule
solution : taper fort. C'est LE festival que le Sud Est attendait
depuis longtemps : du 19 au 22 juillet, le Cannes Palm Beach Festival
va enflammer les plages de Cannes, avec une affiche détonante.
A l'initiative de la Ville de Cannes, en collaboration avec le
Palais des Festivals de Cannes, Garance Productions et Image Publique,
ce nouveau rendez-vous, qui compte bien s’installer sur la Côte
et revenir l’année prochaine, fera la part belle aux stars
et aux espoirs des nouvelles tendances musicales françaises
et internationales. C'est au bord de la mer, à la Pointe
de la célèbre Croisette, face aux Iles de Lérins
que le public va se retrouver durant quatre soirées placées
sous le signe de la diversité.
La musique jamaïcaine ouvrira les festivités samedi
19 juillet avec la légende vivante du genre, Burning Spear.
Sa carrière est longue mais il est un artiste toujours
très actif sur les scènes mondiales. Ses récents
enregistrements live au Festival de Montreux, ou encore le bœuf
improvisé sur la scène de l'Irving Plazza de New York
en juillet dernier avec Erykah Badu, nous montrent le respect artistique
et la ferveur que cet homme inspire. Il sera entouré par
la génération montante du reggae jamaïquain avec
Morgan Heritage surnommé la "Famille royale du
Reggae" par leurs pairs et par tous les médias reggae.
Les Morgan Heritage apparaissent comme seul groupe capable d'assurer
la relève de Burning Spear ou Israël Vibration. Sorti
il y a plus de deux ans maintenant, "More Teachings",
leur dernier opus avait connu un succès retentissant avec
plus de 15 000 copies écoulées sur le territoire français.
Leur nouvel album intitulé "Three in One", marque
l'avènement de la maturité du groupe le plus doué
de sa génération. La chaude soirée se poursuivra
avec Le chanteur jamaïcain Anthony B (dont le dernier
album, "Live in Toulouse", est sorti en 2002) qui donnera
à attendre au public méditerranéen un mélange
reggae, ragga et dancehall. Son concert cannois promet d'être
très très chaud... La soirée s'achèvera
avec le groupe français qui monte : Kana. Kana est
né en 1999. Premier album enregistré dans un studio
au milieu d'un champ de canne à sucre. Les artistes s'en
inspirent pour leur son "roots" et leur nom, prédestiné
pour leur single "Plantation". De retour à
Paris, tout s'enchaîne : l'album suscite l'enthousiasme des
plus grandes enseignes et se vend de plus en plus. Kana est sous
les feux de la rampe avec plus de 50 concerts chaque année.
Tout le monde fredonne " j'ai des petits problèmes dans
ma plantation ". Kana nous fera écouter à Cannes,
les sons de leur tout nouvel album "Entre frères",
enregistré à Dakar.
Dimanche 20 juillet, honneur au métissage musical, tout
d'abord avec l'un des groupes les plus explosifs que l'Angleterre
ait produit ces dix dernières années : Asian Dub
Foundation, qui a sorti en février dernier son dernier
album "Enemy of the Enemy", manifeste sonique imparable
produit par Adrian Sherwood (avec Sinead O'Connor en guest, comme
Massive Attack). Pour ADF, l'art et la politique ne peuvent être
dissociés et toute musique est politique. Le message est
clair. Le collectif londonien, à coups d'albums et de concerts
détonants, repousse les limites de l'expression artistique.
Punk, dub, reggae, ragga, pop, électro-indie, atmosphérique
comme frontale, concernée comme entraînante, efficace
comme cérébrale, la musique de Asian Dub Foundation
relie les communautés et détruit les clichés.
Sur la même scène, ce soir-là, trois artistes
français : Le Peuple de l'Herbe, Patrice et
Zen Zila.
A 22 ans, ses deux premiers disques ont révélé
Patrice comme chanteur-compositeur au style vocal unique.
Un peu voilée, sa voix est capable de tenir les breaks du
ragga comme de créer l'émotion sur les accords d'une
simple guitare. L'air de rien, Patrice réinvente le reggae
contemporain et se fait remarquer par la critique qui place son
album River Nile Bank dans les meilleures sélections. Patrice
évoque Bob Marley, Fela, Miles Davis, Sizzla ou Herbie Hancock.
On pourrait ajouter Bob Dylan pour l'intelligence du propos. Il
aime la scène et chacun de ses concerts réserve des
surprises.
L'avènement du 21e siècle dans le secteur des musiques
dites nouvelles a coïncidé avec le printemps du Peuple
de l'Herbe; un groupe qui aujourd'hui semble provoquer au sein
de son auditoire grandissant, passion déraisonnable, sourires
complices et autres déhanchements troublants. Leur 2e album
est un savant mix de groovambar et de swing herbivore... Adepte
du grand détournement orchestré, Le Peuple de l'Herbe
se nourrit de Hip Hop, Funk, Jungle, Ragga, House, Dub, Break beat,
Drum'n'bass... et conçoit la musique comme une mosaïque
rythmique et sonore!
Zen Zila pourrait être un mélange des Négresses
Vertes, Zebda, la Mano Negra, ou Rachid Taha mais Zen Zila est inclassable.
Ils apportent la mixité dans la musique française
et emportent tout sur leur passage telle une zenzela : l'ogresse
sismique. Leur musique est un hymne au voyage, un hommage à
leurs racines et à leur histoire, oscillant entre pop-rock,
chanson française et sonorités arabo-andalouses. Leurs
cultures et leurs influences sont un polaroïd de cette nouvelle
génération issus d'un mélange et d'un véritable
métissage culturel. Zen Zila est aussi un groupe de scène
où la fête est omniprésente et l'énergie
reine.
Le lundi 21 juillet, sera le temps fort du Cannes Palm Beach
Festival avec la venue de Massive Attack, la référence
mondiale du trip-hop. Le dernier opus de ce groupe originaire de
Bristol, « 100th window », est déjà une
référence dans le milieu de la trip hop. Cet album
nous fait pénétrer de plain-pied dans un univers électronique
bizarre et chaleureux, composé de paysages psychédéliques,
de cordes arabisantes et, toujours, de reggae dub lourd de sens.
Précisons tout de même que du trio originel, il ne
reste que 3D. Mais Daddy G devrait assurer la tournée (on
l'a vu au Printemps de Bourges), même s’il n’a pas participé
à l’enregistrement de l’album. Par contre Sinead O’Connor
ne fera pas partie du voyage. Elle a en effet décidé,
il y a quelques semaines, d’arrêter ses activités musicales…
Inutile de vous dire que les premières parties, Amon
Tobin (l'un des DJ les plus novateurs de la scène électronique)
et The Bees (avec leur musique aux couleurs afro et latino-américaines),
vont devoir assurer.
Les meilleurs représentants de la scène française
se retrouveront mardi 22 juillet pour clore en beauté le
festival : Mickey 3D, les amoureux du verbe dont tout le
monde parle. Grâce à la chanson « j’ai demandé
à la Lune », écrite pour Indochine, le trio
Mickey 3D est enfin reconnu à sa juste valeur (NDR : Mickaël
Furnon vient d'ailleurs de recevoir un prix SACEM pour cette chanson).
S’en suit le récent « il faut que tu respires »,
qui passe en rotation continue sur les ondes… Populaire au vrai
sens du terme, Mickey 3D est devenu un des ces groupes que l'on
a envie de faire découvrir à d'autres, comme Noir
Désir, Yann Tiersen ou Louise Attaque. Chant à deux,
piano, accordéon, guitares et synthétiseurs se baladent
avec simplicité. Mickey 3D affirme rigoureusement son identité
sonore unique en filant un coup de blues à la pop, une dose
de folk à l'électronique.
Benabar, nouvelle coqueluche de la chanson française,
est un auteur-compositeur-interprète charismatique. Ses chansons
écrites comme de petits courts-métrages évoquent
les petits et les grands tracas de la vie avec humour et ironie.
Un univers caustique et faussement désabusé, centré
sur les interrogations d'un trentenaire. Sur scène, Benabar
est comme un poisson dans l'eau. Il réinvente à sa
manière la variété en puisant au meilleur du
rock français. On l'identifie souvent à un mic mac
de Renaud, Thomas Fersen ou Dutronc.
Artisan, avec son camarade Benjamin Biolay, du come-back d'Henri
Salvador pour lequel elle a écrit "Jardin d'Hiver",
Keren Ann auteur et mélodiste est une interprète
hors norme. Avec 3 albums à son actif, cette jeune israelo-néerlandaise
fait des merveilles. Il y a dans sa voix fragile et ses textes mélancoliques
du Françoise Hardy mâtinée de Suzanne Vega,
tout en produisant une originalité totale. A l'aide d'harmonies
et d'arrangements hérités des Beatles, de Joni Mitchell
ou de Neil Young, Keren Ann étale en douceur sa culture transversale
sans jamais forcer sa nature discrète.
Figure de la chanson rock, La Tordue, trio connu pour
ses tournées explosives, s'épanouit sur le monde avec
son dernier album "Champ libre", jonglant avec de nouvelles
saveurs. Un véritable travail de production avec 12 chansons
qui mêlent reggae ondoyant, ska vitaminé aux cuivres,
tentures orientalistes, polka relevée d'un accordéon
rêveur, musiques des îles aux horizons zélés
et aux parfums tranquilles. Plus de 10 ans que les galopins de La
Tordue gravent leurs rimes sur les bancs usés de la chanson
Les comptines du groupe sont toujours teintées de réalisme
et les ritournelles populaires sont au rendez-vous, même si
La Tordue tente le pari de l'engagement poétique et politique
et de la bidouille électro. Originalité et convivialité
sont les maîtres mots de ce groupe loin d'être "
tordu ".
Bref, que vous soyez fans ou avides de découvertes, grâce
à une programmation éclectique, cette première
édition du Cannes Palm Beach Festival s'annonce comme l'un
des événements azuréen de cet été
2003 à ne rater sous aucun prétexte…
Visitez donc notre section "concerts" pour consulter
la programmation complète…